‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 121 sur 249 · SA MÈRE ACCOURT ET LE TROUVE GUERI · texte numérisé non relu

SA MÈRE ACCOURT ET LE TROUVE GUERI

» imparablement plus saintes, plus utiles à mes » besoins, et plus grandes devant sa majesté; sur- » tout mes amis qui me secoururent constamment, » et me furent plus frères que tous mes frères (1). » Comme aussi ces bonnes Religieuses de Langeac, » héritières des sentiments de Sœur Agnès, qui » n’épargnèrent rien pour mon soulagement ; les » prières, les larmes, les disciplines, et toutes les » inventions dont l’amour se sert pour obtenir de » Dieu quelques grâces ; ce furent les moyens » qu’elles employèrent pour obtenir ma guéri- » son (2).

» Pendant ce temps, ma sœur, alors à Paris, et qui » n’approuvait pas plus mes travaux que les autres » de mes parents, et qui, bien au contraire, les avait » en aversion, vint à mourir au milieu de ses con- » naissances, sans être secourue par aucun de ses » proches, sans assistance aucune, et délaissée de » tous les siens. Cette mort aurait pu montrer clai- » rement à toute ma famille que servir le monde » n’est pas un avantage, parce qu’il nous délaisse » même à l’extrémité, et qu'au contraire on a tous les » biens en servant Dieu, puisqu’il oblige le monde, » même malgré lui. à assister ceux qu’il protège. » En effet, j’étais parti pour ces déserts contre le » gré de mes parents: et Dieu, pour montrer com- » bien il prenait plaisir à notre dessein, m’envoya » ma mère elle-même, avec mon plus jeune frère,

» pour me visiter. Sur la nouvelle de ma maladie,

» ma mère avait entrepris ce voyage de cent lieues,

» non-seulement pour m’assister, mais pour me » ramener à Paris en carrosse : ma faiblesse extrême » avait besoin de ce soulagement, je n’eusse pu » supporter la fatigue du cheval. Enfin Dieu vou- » lut que ma mère, arrivant pour savoir l’état de » ma santé, me trouvât déjà guéri. Pour lui mon- » trer qui était celui qui me gardait et me proté- » geait dans son service, je menai au-devant d’elle » trois ou quatre cents pauvres, qui me suivirent

( t)Mém,autog .

de U. Olier , t. n, p. 427, 428.

(2) Ibid. i. n, p. 136.

xvi r.

Sa mère accourt pour Tassister et le trouve guéri.

( I ) Mémoires au t. de M. OVer, t. v, p. 133.

(21 Ibid. 1. ii, pag 4 1 (J , 417, 4’18.

Nouvelle maladie de M.Olier.Ilestguéri àNotre-DamedeBonSecours à Tournon.

Olier •par le F ère Ginj, partie 1 ,e, ch. vüi. —Rem.

hist. t. m , p.

(4 Panégijr.

de S. François de Sales. Exor de.

(5) Mém. aut.

de M. Olier , t.

* NOTE 7. p.

» au dehors de la ville ; elle vit alors quel amour » les pauvres me portaient, et que leurs prières et » leurs vœux avaient obtenu ma guérison. Ces pau- » vres gens disaient tous de moi, dans leur etonne- » ment : Il était allé en paradis, mais il est re- » tourné (1). Je leur suis redevable de la grâce de » ma guérison, que je ne méritais pas, et que toute » ma famille ensemble n’aurait pu me procurer par » son argent, son industrie et son crédit. Je bénis » Dieu, qui prend toujours soin de conserver les » siens, quoique très-chétifs et très-misérables; non, » on ne perd rien en le servant(2). »

M. Olier se crut aussi redevable de sa guérison à saint François de Sales (3), et prêchant dans la suite le panégyrique de ce saint Evêque, il dit à ses auditeurs, par allusion à cette circonstance : « Si je le nomme parfois mon père, c’est que j’ai eu » le bien d’avoir été retiré de la mort par sa béné- » diction (4). » Ne pouvant accomplir alors le vœu qu’il avait fait d’aller visiter son tombeau, il écrivit, incontinent après sa maladie , à une communauté de Religieuses de la Visitation , la faveur que leur bienheureux Père venait de lui obtenir (5). Mais à peine commençait-il à jouir de la santé, qu’il lui survint au genou un mal assez considérable pour donner de nouvelles inquiétudes. On attribua cet accident à la coutume qu’il avait de faire à genoux ses prières et ses oraisons, toujours fort longues. Les chirurgiens du pays voulaient lui faire des incisions qui l’eussent infailliblement estropié. «Comme je ne prévoyais pas ce péril, j’étais tout » résolu, dit-il, de passer par leurs mains. Ma bonne » mère, arrivée de Paris en Auvergne pour me voir, » ne voulut pas souffrir qu’on m’exposât au danger » d’être estropié toute ma vie, et s’y opposa abso- » lument. Alors je fis un vœu à une Notre-Dame- » de-Bon-Secours de Tournon *, où je me fis trans- » porter tout boiteux , à la vue des hérétiques de » ces pays , qui furent fort étonnés à mon re-

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