‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 122 sur 249 · NOUVELLE MALADIE ET NOUVELLE GUÉRISON · texte numérisé non relu

NOUVELLE MALADIE ET NOUVELLE GUÉRISON

» tour (1). » M. Olier revint en effet avec l’usage libre de ses membres; son genou, dès les premiers jours, ayant repris son état naturel, sans autre remède que l’invocation de la sainte Vierge. Pendant son séjour à Tournon, il fit les exercices spirituels chez les Pères de la Compagnie de Jésus (2); il y passa quinze jours dans une solitude entière , ne conversant presque qu’avec Dieu seul , et puisant sans cesse dans l’oraison de nouvelles forces pour porter les croix qui devaient achever l’œuvre de sa sanctification.

Ce fut sans doute durant ces exercices qu’il reçut les consolations dont il parle en ces termes dans ses Mémoires, sous l’année 1637 : « J’eus le bien de » faire une retraite sous un grand serviteur de Dieu. » Pendant tout le temps qu’elle dura, je fus quasi » toujours attiré à Dieu, et recueilli insensiblement » sans pensées distinctes ; et ce saint homme me » dit que j’avais été traité en enfant de bonne mai- » son. Je fus par lui confirmé dans la pratique de » m’abandonner aux mouvements particuliers qui » commençaient déjà à me régler en tout , surtout » dans les affaires importantes pour la gloire de x' Dieu ; étant réduit par nécessité d’avoir recours » à mon Maître , car je n’avais alors aucun conseil, » et je vivais dans son service abandonné à ma seule » conduite^). J’appris, dans cette retraite, qu’il » fallait parler avec dépendance de l’esprit de Notre- » Seigneur : ce que je n’avais pas conçu auparavant, » ne faisant jusque là attention qu’à agir simple- » ment, et à faire mes actions dans cette soumis- » sion dont je parle , et ne sachant même pas qu’il » fallait que nos paroles eussent pour principe l’es- » prit de notre bon Jésus. Entre autres grâces que » je reçus dans cette retraite , je me souviens que, » faisant oraison, ce me semble, sur le saint Sacre- » ment , il me fut montré qu’il fallait former des » prêtres auxquels on devait inspirer la dévotion » et le zèle de la gloire du très-saint Sacrement,

(t) Mém.aut.

de J?. Olier, t, i ,

(2) Vie de D.

Olier, par ü. de BretonvilUers , t. i, p. 154. — ü. Valentin, Attestations aut.

pag. 1GC, 175.

(3) Copie des Mémoires autographes de M.

Olier, t. 1, pag.

3 et 4 . — .1 brégé du 10“ cahier des Mémoires autographes de M. Olier.

(1) Mérri. autographes de M.

Olier , t. h, p, 218, 219. — Copie des Mém.

etc. I.i, p. '< ; I. il, p. 13. — Abrégé du 10' cahier des .Hémoires de M.

(Hier.

M. Olier revient à Paris ; paroles remarquables de S. Vincent de Paul.

(2) Mém. aul.

de M. Olier , I i, p. 158, 180.

» pour le porter partout. Tl me fut mis devant les » yeux un homme qui serait toujours en prières,

» pendant que les prêtres que l’on aurait instruits » iraient prêchant et publiant cette dévotion. Je » voyais cet homme à genoux devant Dieu, et, en » même temps, d’un autre côté, des prêtres tout de » feu, qui. grimpant sur les montagnes comme des » lions, portaient avec zèle la piété au très-auguste » Sacrement , dans les lieux les plus déserts et les » plus pauvres ( 1 ). »

Après sa retraite , et lorsque sa santé fut suffisamment rétablie, M. Olier reprit le chemin de la capitale; et, dans le cours de ce voyage, il éprouva encore, d’une manière sensible, combien la Providence veillait sur tous ses pas. « Étant, dit-il. dans » la compagnie de ma mère, son carrosse versa dans » un fond où les chevaux et le cocher devaient périr » ou être estropiés ; aussitôt et sans préméditation. » je m’écriai : Ah, Jésus, mon amour ! Ah, Jésus, » mon amour ! et, par la bonté et la miséricorde » de mon Maître, nous ne souffrîmes aucun mal : » les chevaux ne furent pas même blessés. Il faut » que la grandeur de notre Dieu soit incompréhen- » sible , puisqu’il prend de si grands soins d’une » âme vile et méprisable, pour cela seulement » qu’elle doit l’aimer , et lui rendre quelque hom- » mage. O que grandes et adorables sont les bontés >■> de cette divine Providence ! Je dirai bien à ce sujet » ce que saint Augustin disait de soi-même : Dieu » a tant de soin de moi, qu’il oublie tout le monde : » ou plutôt, ses soins à mon égard sont si attentifs » et si constants, qu’il semble n’avoir que moi seul » à gouverner (2). »

M. Olier arriva heureusement à Paris, où l’avait déjà devancé le bruit des conversions sans nombre qu’il venait d’opérer en Auvergne. Son nom seul, depuis son retour, iùiprimait la vénération, et personne ne 1’approchait sans lui témoigner l’estime religieuse qu’on porte aux hommes apostoliques.

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