‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 134 sur 249 · M. DE QUÉRIOLET. — LE P. BERNARD · texte numérisé non relu

M. DE QUÉRIOLET. — LE P. BERNARD

tion. Ce fut M. de Quériolet, converti depuis quelques années dans l’église de Loudun, pendant qu’on exorcisait les Ursulines de cette ville, devenues depuis si célèbres*. Sur la réputation de sainteté dont jouissait alors le Père Bernard, dit le pauvre prêtre , M. de Quériolet vint à pied de Rennes à Paris (1) pour le voir * ; et pendant les trois jours que celui-ci y demeura, le Père Bernard le présenta à saint Vincent de Paul, au Père de Condren et aux ecclésiastiques de la petite société dont M. Olier était membre. L’un d’eux, M. du Ferrier, a rapporté dans ses Mémoires les circonstances de cette entrevue. « Après le dîner, dit-il, je le priai » de nous raconter ce qui lui était arrivé à Lou- » dun, et quelles étaient les grâces que Notre- » Seigneur lui avait faites, afin que nous prissions » lui en rendre gloire. Nos amis présents s’étant » joints à ma prière, il parla pendant trois heures » avec des sentiments d’humilité et de confusion » qui ne se peuvent exprimer (2). » M. du Ferrier donne ici un abrégé de cette conversation. On y trouve plusieurs circonstances très-remarquables de la conversion de M. de Quériolet, que .les deux historiens de sa vie n’ont point connues *.

Le Père Bernard, qui fut l’occasion du voyage de M. de Quériolet à Paris, était un de ces hommes que Dieu suscite quelquefois pour confondre et condamner la fausse sagesse du monde, par une profession ouverte de la sainte folie de la croix. C’est le témoignage que lui rend M. Godeau, évêque de Vence (3). «Je l’ai toujours cru un grand » serviteur de Dieu, ajoute-t-il, et sa conduite m’a » paru très-sainte, parce qu’elle choquait en toutes » choses, ou du moins en la plupart, la conduite » de la prudence humaine (4). » Le zèle pour la gloire de Dieu, la dévotion envers la très-sainte Vierge, la liaison au Père de Condren, avaient été le principe d’une sainte et étroite union entre le Père Bernard et M. Olier. Mais surtout ce qui

* NOTE 10, p.

(1) On ignore l’année précise du voyage de M.

de Quériolet à Paris ; Collet le met, par conjecture, à l'année 1038. — Vie de saint Vincent de Paul, t.i, p.282.

* NOTE 11, p.

(2) Mémoires deM.du Ferrier,

(3) lettres de M . Godeau . Lett .

0 pag. 17, 4.

(4) Ibid. Lett.

à M .Renard, p.

(1) Mémoires aut.de ff.Olier, t. u, p. 154.

M. Bourdoise se lie d’une étroite amitié avec M. Olier.

Bourdoise , Ms .

ia-folio, p. 545.

— Item. Ms.

in- 4°, p. 512.

* NOTE 13, p .

semblait leur avoir inspiré les mêmes sentiments, c’était leur tendre et ardent amour pour les pauvres ; et le plus bel éloge de la charité dont le Fondateur du séminaire de Saint-Sulpice était pénétré pour les malheureux a été, sans contredit , la comparaison qui fut faite de lui avec ce saint homme, par les pauvres eux-mêmes. Entre autres circonstances , un an après la mort du pauvre prêtre, le jour de l’octave de la Fête- Dieu, M. Olier assistant une multitude de ces malheureux, au parvis Notre-Dame, et leur donnant à tous des marques de sa tendresse et de son respect pour les membres souffrants du Sauveur, on les voyait lever les mains et les yeux au ciel, et on les entendait dire avec attendrissement : Voilà le Père Bernard ; il est ressuscité (1). Nous verrons même, dans la suite, l’un de ces pauvres, le Frère Jean Blondeau, domestique du Père Bernard, s’attacher, après la mort de ce dernier, à M. Olier, en qui il croyait avoir retrouvé son saint et charitable maître.

Durant le séjour que M. Olier lit cette année à Paris, après son retour de Bretagne, il se lia d’une étroite amitié avec un autre grand serviteur de Dieu, Adrien Bourdoise, instituteur de la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris (2). Cet homme, qu’on a comparé à Elie pour l’ardeur de son zèle, et à Jean-Baptiste pour sa sainte liberté à reprendre les petits et les grands * , se consumait de douleur en voyant les scandales de son temps, et surtout le dépérissement de la discipline ecclésiastique. La Providence semblait l’avoir suscité, clans ces temps malheureux, afin que par l’âpreté, la rudesse et les clameurs souvent importunes de son zèle, il réveillât, comme malgré elles, tant de sentinelles endormies de la maison du Seigneur ; et c'est avec beaucoup de raison que M. Maillard, l’un des disciples de M. Olier, mort Supérieur du séminaire de Saint-Irénée à Lyon, et qui avait

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