‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 143 sur 249 · LA MÈRE DE BRESSAND ET LA SOEUR BOUFARD · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE BRESSAND ET LA SOEUR BOUFARD

NOTE 5, p. 216. — On aura fait l’éloge de la Mère de Bressand, en disant que saint François de Sales, dans une de ses lettres, l’appelle une rare fille , et que sainte Chantal avait coutume de dire qu’elle était en état d’opérer toute sorte de biens : son âme étant un pont bien fort sur lequel avaient passé toute sorte de mortifications et d’épreuves (4). Un des amis de M. Olier, dont nous parlerons dans la suite,

(1) Description de Lorette. Ancône, 1742, p. CO.

(2) Choisy, ibid.

(3) Copie des jliêm.deM.Oiier, t. m, p. 241

(4) Vie de la M . de liressand, p 10, 13,14, 10.

NOTES

(1) Vie de la Mère de Bressand, ibid. p. 56.

(2) ive classe.

p. 277 , et suiv.

(3) Vie de la Mère de Bressand, p. 134.

(4) Lettres aul.

de M. Olier, p.

(b) Lettres autographes de M.

Olier, p. 224 .

(G) Vie de la Sœxir Marie Michel Boufard, in- Nantes, 1700.

a fait le portrait de la Mère de Bressand en ces termes : » Je reconnus d’abord en elle beaucoup de lumières , un » recueillement et une modestie angélique , sans aucune » attache à sa volonté, quoique son naturel fût fort actif, » vif et prompt. Sa vertu dominante était l’humilité. Elle ne » parlait guère d’clle-même et de son intérieur sans larmes; » et souvent elle était de même dans l’oraison. J’ai vu peu » de nos Sœurs employées dans la conduite , qui aient eu » tant de bénédictions qu’elle, et qui tournassent avec plus » de facilité les âmes vers Dieu (1). » Quoiqu’elle eût brûlé toutes les lettres de M. Olier qu’elle avait entre les mains, on en conserve encore vingt-trois (2 ) , et parmi les lettres imprimées du serviteur de Dieu , les lettres exi et clviii' ont été adressées à cette Religieuse (3).

NOTE 6, p. 218. — Il paraît qu’après le retour de M. Olier, de Bretagne à Paris , la Sœur Boufard, qui n’eut pas toujours des directeurs qui comprissent son état, craignit d’être dans une voie fausse, et en écrivit à M. Olier. '< Quant à la » crainte que vous me témoignez d’avoir été trompée, lui » répondait-il, vous devez croire que vous méritiez bien de » l’être, et néanmoins vous devez marcher en confiance avec » Dieu... Abandonnez-vous à lui, ma très-chère fille, sans » tant examiner sa conduite. Marchez avec lui en simplicité » et confiance ; une fille doit ainsi vivre avec son père. De- » meurez tout en lui, vous reposant sans soucis sur son » cœur paternel. Que nous sommes heureux, ma chère fille. » de nous nommer et d’être les enfants de ce Père. Qu'il soit » béni, loué, adoré et aimé de toute créature à jamais! » qu’heureuse est l'âme qui le peut continuellement aimer, » et malheureuse celle qui méprise cette facilité qui nous s est offerte, et s’y rend infidèle! Ma très-chère fille, aimez » donc, louez et adorez cet unique objet des esprits et des » cœurs (4). » La Sœur Boufard . frappée de l'édification que répandaient dans la ville de Nantes les Religieuses de la Visitation, demanda d’être reçue dans leur communauté en qualité de sœur domestique. M. Olier. pour favoriser son pieux dessein, écrivait à la Mère de Bressand, alors Supérieure de cette maison : « J’ajoute encore ce petit mot à la » hâte pour satisfaire à une pensée qui m’est venue , c’est » que je ferai volontiers 200 livres d’aumône à la petite » sœur Boufard pour son entrée chez vous, et même davan- » tage, s’il plaît à la Providence me l’inspirer (5).» Elle entra, en effet, à la Visitation, mais, ses forces ne répondant pas à son courage, elle fut obligée d’en sortir. Elle y rentra néanmoins dans la suite à l’âge de cinquante-un ans, et y mourut en odeur de sainteté , âgée de quatre-vingt-sept ans (6). L’auteur de sa Vie nous apprend que dans les lettres imprimées de M. Olier, il y en a quelques-unes de celles qu’il

avait adressées à la Sœur Boufard (1), mais qui ne portent pas de nom.

Page 1