RAP.DE M. ROUSSEAU AVEC LES DISC. DU P. DE GOND
Quant aux ecclésiastiques destinés pour accom- XXIII. plir ces œuvres , Dieu ne les lui fit connaître que Premiers rappeu à peu, et comme par degrés : M. Picoté fut le port®, de Ma“
r . ,i . , . . rie Rousseau
premier avec qui elle eut quelque relation spin- avec les dis tuelle. Travaillé de peines intérieures, qui le pour- cipies du P. suivaient jour et nuit, depuis son voyage à Loudun, de Condren. il s’en ouvrit à l’un de ses amis , M". Laisné de la Marguerie, conseiller d’Etat, qui, étant devenu veuf, avait reçu les saints Ordres. Mais M. Laisné, ne se jugea pas capable de le soulager, et l’adressa à Marie Rousseau , qui en effet obtint par ses prières qu’il fût délivré de ses peines. Dans l’intervalle de leurs missions, les compagnons de M. Picoté étant venus Mémoires à Paris, selon leur coutume, illesluiamena(l)sans particulier s, anautre dessein que de leur procurer occasion de «&si640, i«4i. s’édifier auprès d’une personne de grande vertu ; et de son côté elle ne leur dit rien alors , ni dans leurs visites subséquentes , qui pût leur donner à soupçonner les desseins de Dieu sur eux. Cà n’était pas le moment de le faire, puisque M . Olier, l’instrument principal de ces œuvres , se trouvait alors au plus fort de ses épreuves, tout à fait incapable de s’occuper d’affaires extérieures, et regardé même, ainsi qu’il a été dit, comme inutile à la Compagnie et le rebut de tous. Il paraît que ses épreuves étaient, dans ces occasions, l’un des sujets de leurs entretiens avec elle. « Lorsque durant mes peines,
» rapporte-t-il lui même, j’étais abandonné, dé- » laissé , et bafoué de tout le monde : lorsque cha- » cun me regardait comme un homme qui avait » perdu l’esprit , et un réprouvé : elle seule sou- » tenait que je n’étais pas ce qu’on prétendait ; elle lJg rMe'^°vr^s » et M. Picoté croyaient que j’appartenais à olier, t. t, p. » Dieu (2). » 135-
Dans l’ignorance où ils étaient donc alors des XXIV. desseins de Dieu sur eux , ces ecclésiastiques Olier
n'avaient d’autre projet arrêté, que d’accomplir, eproud>ee quand ils en trouveraient l’occasion, l’ordre que le pj^ dans ses Père de Condren leur avait donné, d’établir un peines.
(t) Mémoires deM.du Ferrier,
(2) Vie manuscrite de M. Bourdoise, in-4° p.
(3) Mémoires aut. de M. Olier,
(4) Copie des Mémoires aut .
de M. Olier, t.
(5) Notice historique sur la sonner ’.edcChartres, par l’abbé
Pie, 1840,p. 14.
séminaire. Ne voyant point encore d’ouverture à l’exécution de ce dessein, ils retournèrent dans le diocèse de Chartres (1), et s’arrêtèrent d’abord au Loreau, puis à Epernon, pour y vaquer à l’oraison et à l’instruction du peuple (2). Ce fut alors que M. Olier eut un peu de relâche dans ses peines , dont il ne fut néanmoins délivré que vers la fin de la même année, et encore ce changement ne s’opérat-il que peu à peu. « Après dix-huit mois ou » davantage, clit-il, Dieu commença à me laisser la » liberté de m’élever de temps en temps à lui : ce » qui, jusqu’alors, m’avait été interdit. Je ne rece- » vais aucun rafraîchissement dans mes peines, » sinon lorsque je pouvais réciter mon chapelet, ou » faire quelque pèlerinage en l’honneur de la très- » sainte Vierge (3). » L’église cathédrale de Chartres fut le lieu où, selon ses expressions, il commença à respirer intérieurement, et à reprendre au dehors la gaieté qu'il faisait paraître avant ses peines. Toute la Compagnie fut étonnée de ce changement , sans en connaître la véritable cause, qu’il eût été en effet difficile de soupçonner. On a vu que les peines de M. Olier avaient eu pour principe la crainte où il était sans cesse d’agir par orgueil, et elles commencèrent à être dissipées à l’occasion d’une lumière, très-vive qu’il eut sur l’énormité même de ce vice. « Elle m’apprit, dit-il,
» que la superbe dérobait à Dieu son honneur et sa » gloire ; que c’était un larcin sacrilège , puisqu’elle » allait arracher- sur les autels de Dieu ce qu’il aime » et chérit davantage. Cette première lumière com- » mença à me délivrer de mes peines (4). Je me » souviens ici, prosterné à vos pieds, ô mon Dieu,
» d’une autre grande grâce que vous me fîtes » éprouver l’année passée, au ;our de la petite Fête- » Dieu. M’éveillant le matin, une heure ou deux » plus tôt qu’il ne fallait se lever, c’était dans Char- » très, et entendant ce doux bruit et ce célèbre ré—
» sonnement des cloches (5) de Notre-Dame, vous