M. OLIER ÉPROUVE UN PEU DE RELACHE
» me faisiez voir en esprit la grande gloire qu’on » vous rendait partout en ce jour-là, et les grandes » louanges que vous offrait votre Fils, cette sainte » Hostie, par tout le monde. Car il vous loue dans » le saint Sacrement comme dans le ciel , y étant » tout-à-fait le même ; et cela remplissait mon » esprit d’une grande joie. Mais ce qui y mettait le » comble , c’était que mon propre cœur semblait » avoir part à tout cela ; qu’il louait Dieu partout, » et était répandu partout. Plût à Dieu que cela fût » comme je le sentais; ce sentiment me faisait ré- » pandre des larmes, et cette heure passa avec une » grande vitesse. (1).
» A la fin de mes peines (car durant mes peines » même, j’étais universellement orphelin), j’expéri- » mentai l’amour et la charité de Père , que Dieu » avait mise pour moi dans l’âme de mon confes- » seur, M. Picoté. J’étais porté à me confier en lui, » ce que je fis alors sans réserve, et en reçus des » secours très-puissants dans ma conduite , soit » pour le corps, ou pour les biens, soit aussi pour » l’esprit. J’en bénis Dieu de tout mon cœur. Je » dois beaucoup à Notre-Seigneur en la personne » de cet homme, qui a beaucoup de son esprit, et à » qui il se plaît de se communiquer. Il me semble » que Dieu me parle par sa bouche, comme il par- » lait à son peuple par celle de Moïse. Il m’a sou- » vent dit des choses si conformes aux dispositions » intérieures que le bon Dieu mettait en moi, sans » qu’il le soit, qu’il fallait avoir son esprit, qui seul » sait les secrets des cœurs, pour me pouvoir par- » 1er de la sorte. Il avait tellement l’esprit de dis- » crétion pour moi , qu’il ne faisait point de diffi- » culté de me détourner du travail , et de me » conduire à la campagne , pour me délasser. Et il » arrivait que d’autres qui n’étaient point sous sa » conduite, voulant s’opiniâtrer à l’ouvrage, en tom- » baient malades à la mort. Que la bonté de Dieu
Tom. i. 20
(1) Copie des Mémoires autographes de M.
Olier, t. i, p.
(1) Copie des Mém. autog. de M. Olier, t. ni, p. 250.
» soit bénie à tout jamais des soins particuliers » qu’elle prend de moi. Elle ne conduirait pas avec » plus de providence et de plus grands soins 1 âme » la plus chère du monde (1). »
NOTES DU LIVRE SEPTIÈME