‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 174 sur 249 · LE PÈRE IGNACE ESSAIE DE DÉLIVRER M. OLIER DE SES PEINES · texte numérisé non relu

LE PÈRE IGNACE ESSAIE DE DÉLIVRER M. OLIER DE SES PEINES

(4) Copie des Mémoires aut .

de M. Olier, t. i, p. 84?

(5) Mém. aut.

de M. Olier, t. ii, p, 376, 377,

NOTE 3, p. 276. — M. Olier, en rapportant qu’un grand serviteur de Dieu essaya vainement de le soulager durant ses épreuves, désigne probablement le Père Ignace, Carme déchaussé. Voici ce qu’il en a écrit dans ses Mémoires: « Le » R. Père Ignace, homme fort doux, simple, caché (4), grand » serviteur de Dieu , pria beaucoup pour moi pendant mes » peines. Ce saint personnage, en me recommandant à Dieu, » vit un jour la sainte Vierge, de laquelle sortait un rayon » qui aboutissait sur moi et me conduisait ainsi partout ; » ce qui signifiait la conduite visible de cette sainte Mère à » mon égard (5). De plus, comme je croyais alors être ré- » prouvé ou hai de Dieu, je priai le Père Ignace de vouloir » bien s’intéresser à mon salut. Il arriva qu’un jour , ce » grand serviteur de Dieu ayant fait uneneuvaine de Messes

» pour ma conversion, ce dont je l’avais instamment prié » pendant mes peines, il apprit enfin de la bouche de Dieu, » que mon àme était encore aimée de lui; assurance que » m’ont pareillement donnée quelques âmes très-inté- » Heures (1). Il m’écrivit cela après la neuvaine qu’il fit » pour moi , dans le temps de mes angoisses. Elles pro- » venaient surtout, ô mon Dieu, de ce que j’estimais que » vous ne m’aimiez pas ; et, lisant sa lettre devant vos au- » tels, à genoux, à cause du grand respect que je portais » à votre saint serviteur, j’y trouvai ces paroles que vous » lui aviez dites. Quelle joie, Seigneur! quelle consolation, » quoique passagère, cela n’opéra-t-il pas en mon cœur tout » angoissé! car je reçus alors dans mon âme cette même » assurance. Oh! que Dieu est bon , qui ne peut s’empêcher » de nous faire du bien , quand même il résout de nous » punir et de nous traiter comme notre péché le mérite (2).»

La joie dont parle ici M. Olier fut aussi courte qu’elle avait été vive, et ce rayon de lumière ne sembla avoir éclairé un instant son esprit, que pour le replonger dans une plus profonde obscurité. Il faut en dire autant des rapports qu’il eut alors avec une personne d’une éminente vertu , et dont il parle ainsi : « Je me souviens que , au » commencement de mes peines , la miséricorde de Dieu » permit que j’eûsse liaison avec une âme des plus saintes » qui soient au monde, et qui est à cent cinquante ou deux » cents lieues d’ici. Depuis, elle m’a toujours écrit avec tant » de charité, de compassion et de confiance, que je recevais » par ses lettres tout ce que j’eûsse pu recevoir par cent » mille personnes : tant elle m’écrivait à propos, et tant » Dieu lui faisait connaître clairement l’état de ma pauvre » âme (3). »

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