‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 193 sur 249 · PROTESTATIONS DES MEMBRES DE LA SOCIETE · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS DES MEMBRES DE LA SOCIETE

» tiquer maintenant ; et quelque continuelle que » soit cette dépendance universelle, elle est, toute- » fois, pleine de 'paix et de douceur. C’est bien là le » caractère de l’Esprit de Dieu , qui , tout grand » qu’il est, s’accommode à des choses si basses, » telles que la conduite d’une vile personne et d’un » misérable pécheur. Le vœu de servitude à l’Esprit » de Jésus, demande encore une confiance et un » abandon sans retour , entre les mains de ce béni » et fidèle Maître, qui est tout sage, tout puissant, » tout bon ; et qui, par ses perfections , supplée à » notre aveuglement, à notre impuissance et à notre » amour-propre, qui sont trop souvent, hélas ! les » directeurs que nous consultons. Depuis que j’ai » voué cette servitude, je suis trop heureux depou- » voir prononcer les noms de tnaître et de serviteur , » lui dire : O mon amour, je m abandonne à vous. Que » ce bon Maître soit béni à jamais! Bienheureux » sont les rebuts qui produisent de si douces ca- » resses ! Si le monde savait quelle est la douceur » de son service, si on le connaissait , chacun mar- » cherait à sa suite. O mon bon Maître ! faites-vous » donc connaitre et aimer , faites goûter combien » vous êtes doux et aimable (1).» M. Olier ne s’imposa un lien si extraordinaire, que par une conduite toute particulière de Dieu , qui , le destinant à être le chef d’une nouvelle société dans l’Eglise, voulait qu’il ne mît point de bornes à la générosité de son amour, afin de n’en mettre point lui-même à l’abondance de ses grâces.

Les trois solitaires de Yaugirard, ne doutant pas que Dieu lui-même ne les eût conduits dans le lieu de leur retraite , résolurent de se lier de concert à son service et de se former en Compagnie. Comme la fin qu’ils se proposaient était de procurer la gloire de la très-sainte Trinité , par le moyen des prêtres, ils voulurent prendre pour modèle de leur société celle des trois divines Personnes , et convinrent qu’elle n’aurait d’autre lien que le nœud

(I) Mém. aul.

de M. Olier, t. 1, p. 240, 241, 242.

Les trois solitaires de Vaugirard se lient entre eux par un simple lien de la charité.

(1) Esprit de M. Olier, f. r,

f2) Esprit de M. Olier, p. 295.

Olier, par M ■ de Bretonvilliers,t.

n, p. 53. — Béglemenls de la communauté de S.Sulpice,in-&°, p. 2, note.

Olier , par M. de Bretonvilliers,t.

h, p 54. - Divers écrits spirituels de M. Olier.

sacré et indissoluble de ces Personnes adorables, l’amour divin, qui forme entre elles une si parfaite unité (1). C’était l’ordre que le Père de Condren leur avait donné, leur recommandant, comme on a vu, de ne se lier ensemble par aucun voeu. Pour exécuter ce dessein, ils résolurent d’aller tous les trois en pèlerinage à Montmartre (2), et de s’y consacrer à la très-sainte Trinité, avec promesse de demeurer unis de la sorte et de travailler à l’instruction et à la sanctification du clergé. Voici les termes dans lesquels ils firent cette consécration, que le Père Bataille approuva. « Trois prêtres se » trouvant appelés dans l’unité d’esprit au service » de Dieu et de la sainte Eglise , pour lui former » des ministres qui servent dignement sa grandeur,

» qui honorent son Fils Jésus-Christ Notre-Sei- » gneur, et qui aiment ses membres , ont cru qu’en » l’honneur de la société divine des trois Personnes, » inséparables par l’unité de leur essence et de leur » saint amour , ils devaient s’unir , par une sainte » promesse de ne se quitter jamais, ni de se dépar- » tir du dessein qu’il a plu à Dieu de leur mani- » fester, et même leur confirmer par quantité de té- » moignages. Si quelqu’un d’eux se croyait appelé » par la bonté de Dieu à le servir séparément des » autres, il ne pourra le faire qu’avec leur agrément » et leur consentement mutuel. C’est ce qu’ils dé- » sirent promettre au premier jour, en la présence » des trois martyrs saint Denis , saint Rustique et » saint Eleuthère, pour se vouer et se consacrer, à » leur imitation , comme des hosties vivantes , a » l’honneur de la très-sainte Trinité, à la gloire de » Jésus-Christ, et à l’honneur de son Eglise (3). « On eût dit que, pour confirmer ce pieux dessein, la Providence eût voulu que la Compagnie , à sa naissance , ne se composât que de trois membres : et ce rapprochement fut pour M. Olier le sujet d’une douce consolation. « Nous ne fûmes d’abord » que trois personnes dans l’établissement du sémi-

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