‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 194 sur 249 · PROTESTATIONS DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

(1) Esprit de M. Olier, t. i, p. 202. — Copie des Mém.aut. de

Mém. deM. Olier.

M.Bourdoise vient les visiter et les encourage.

» naire, dit-il ; elles avaient été demandées à Dieu » par- un de ses plus fidèles serviteurs , à l’honneur » des trois Personnes divines : si bien que , quand » nous fûmes ainsi unis , je leur offrais cette petite » Compagnie en l’honneur de leur société adorable,

» et nos petites conversations en hommage des doux M.^oiier, t. m, » et ineffables entretiens qu’elles ont ensemble dans \ cahier d'es » l’éternité (1). »

Ce fidèle serviteur, dont parle ici M. Olier, et qui avait demandé à Dieu trois prêtres pour faire honorer la très-sainte Trinité, était apparemment M.

Bourdoise, toujours dévoré de zèle pour la réformation de l’ordre sacerdotal. « Un de mes plus » grands désirs, écrivait-il, serait de voir plusieurs » saints prêtres s’unir ensemble pour procurer la » gloire de Dieu, la réforme du clergé, et le salut » du prochain : je ferais volontiers cent lieues pour » voir un homme qui aurait le même dessein , et » pour en conférer avec lui (2). » A peine ce fidèle serviteur de Dieu eut-il appris la retraite de ces Messieurs, àVaugirard, qu’il leur écrivit la lettre suivante (3). « Oh ! si Dieu donnait trois hommes » fidèles , qui ne se proposassent que son service et » à sa façon, comme il est bien raisonnable , que ce » serait une grande bénédiction ! quel fruit ne » feraient-ils pas ? Oh ! que ce serait une chose » très-excellente, s’il se trouvait trois prêtres assez » remplis de l’amour de l'Eglise , pour vouloir la » croire dans les réglements que le Saint-Esprit » lui a dictés, et se déclarer pour elle contre le monde » et contre ses coutumes ; trois prêtres qui, lors- » qu’on leur fera voir ce qu’elle a ordonné, ne disent » pas : Ce n’est pas la coutume : nous faisons autre- » ment ; que dirait-on ? Cela n’est pas aussi com- » mode que nos usages; le monde se rebutera; on » se moquera de nous ; cela ne durera pas ; laissons » les choses comme nous les trouvons , et comme » nous les avons trouvées ; nous ne sommes pas » plus sages que ceux qui nous ont précédés. »

(2) Sentences deM. Bourdoise.

Des affaires de Dieu, note 15, in-4°, p. xxi .

(3) Mém. de M.

du Février, p.

156, 157. — Vie de M.Bourdoise, in-4°, p. 560. — VieMs.dumême, in-4°, p. 513.

Bourdoise, Ms.

in-4°, p. 514.

‘NOTE 1 1, p.

‘NOTE 12, p.

‘NOTE 13, p.

Bourdoise, Ms.

in-folio, liv. ix, chap. iv.

Bourdoise, Ms.

in-4°, ibid. Vie du même , in-12, (imprimée) pag.

(5) Gall.Christiana, t. vu, p.

1014. — Vie de M. Bourdoise , Ms. in-4°, 515, Ms. in-fol. Item.

Les solitaires lui répondirent par cette lettre que M. du Ferrier nous a conservée : « Vous trouverez » trois prêtres comme vous les cherchez , si vous » venez ici ; poürvu que vous leur fassiez connaître » les choses que la sainte Église a réglées. L’usage, » ni tout le reste n’empêchera point qu’elle ne soit » fidèlement obéie avec le secours de la grâce de » Notre-Seigneur , que nous vous conjurons de lui » demander pour nous. — Il vint nous trouver au » mois de février 1642 (1), ajoute M. du Ferrier , et » nous restâmes les plus grands amis du monde, » parce qu’il nous vit disposés à suivre toutes les » règles de la discipline ecclésiastique. Nous con- » vînmes avec lui de n’estimer rien de petit dans » l’usage du chant, des rubriques, des cérémonies*, » dans les habits, les cheveux, les rapports avec les » femmes et leur conversation. Il pensait que nous » devions nous occuper fort peu de leur direction, » mais songer plutôt à former des ecclésiastiques*. » Son zèle nous instruisit et nous échauffa à l’égard » de choses auxquelles nous n’avions pas fait ré- » flexion. Sa fermeté surtout nous donna des senti- » ments qui nous fortifièrent pour observer les règles » ecclésiastiques. Nous admirions la conduite de » Dieu sur lui , dans cette rudesse qui lui était na- » turelle ; mais nous tâchions d’en user avec un peu » plus de civilité *. »

M . Bourdoise demeura trois semaines avec eux (2) , et depuis il alla les visiter fréquemment à V augirard . écrivant et répondant tantôt à M. Olier, tantôt à M. de Foix et aux autres qui se joignirent à eux; et dans toutes les occasions il leur donna les marques les plus sincères d’amitié et d’estime. Ces messieurs n’eurent pas moins d’affection pour lui (3) , surtout M. Olier, qui le vénérait comme un saint prêtre, tout consumé du zèle de la gloire de Dieu (4). Il l’appelait même , dans ses lettres son très-honoré Père (5) , tant à cause de la charité avec laquelle il l’avait formé aux fonctions ecclésiastiques, que pour

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