‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 208 sur 249 · M. BOURDOISE ET MADAME DE VILLENEUVE · texte numérisé non relu

M. BOURDOISE ET MADAME DE VILLENEUVE

NOTE 13, p. 350. — Pendant que M. Olier, M. de Foix et M. du Ferrier étaient à Vaugirard, madame de Villeneuve, occupée dans ce village à la formation de sa communauté, fut malade à l’extrémité et fit son testament , assistée de M. de Foix. « Comme il tardait de revenir , dit M. du » Ferrier, nous l’attendîmes pour dîner; et, lorsqu’il fût » venu, il s’excusa de son retardement, témoignant combien » il était édifié des bons sentiments de cette dame. Pendant » le repas, M. Bourdoise, qui dînait avec nous, s’informa du » lieu qu’elle avait choisi pour sa sépulture , et , ayant su » que c’était dans la paroisse , il s’en émut d’une étrange » façon. Vous dites, s’écria-t-il, que c’est une femme pieuse,

» et elle a l’orgueil de dédaigner le cimetière où les pauvres » sont enterrés. Oh! quelle chrétienne superbe en mourant, qui » dédaigne d’être avec les petits et les simples! Dieu nous » garde d'être abandonnés de lui jusqu’à ce point. Ah ! mon- » sieur, ne dites plus que vous en ave^ une bonne opinion, et » gémisse % pour son aveuglement. M. de Foix n’avait pas fait » de réflexion sur ce point, que M. Bourdoise regardait » comme si considérable, et croyant raccommoder les » choses, il ajouta : dans la paroisse, id est , c’est à dire, » dans le cimetière. Alors M. Bourdoise, prenant l’assiette » sur laquelle M. de Foix mangeait, l’ôta de devant lui et la » mit à l’extrémité de la table , en lui disant : Monsieur, » mange\ ce qui est sur votre assiette, devant vous, id est, c’est » à dire, au bout de la table. Nous ne pûmes nous empêcher » de rire ; et, comme dans son ardeur , M. Bourdoise ne » mangeait plus, je lui dis que c’était assez et qu’il fallait » dîner. Alors, pour me corriger à mon tour, il s’adressa à » un serviteur qui était derrière moi, et lui dit : Ne mangere\y> vous pas ce qui est sur mon assiette, s’il reste? Oui, dit-il. » Hé bien , continua M. Bourdoise, si je n’achève pas mon » dîner, rien ne sera perdu ; mais si je demeure en silence, ce » garçon ne vous dira pas ce que je vous dis moi-même sur un » objet aussi important (1) » L’auteur de la Vie imprimée de M. Bourdoise, qui , d’après les Mémoires de M. du Ferrier, rapporte quelque chose de ce trait (2), suppose qu’il eut lieu à la paroisse de Saint-Sulpice, à Paris; mais il paraît que ce fut à Vaugirard, où demeurait alors madame de Villeneuve, et où ces messieurs exerçaient les fonctions curiales. Quoi qu’il en soit, madame de Villeneuve releva de cette maladie, et profita de la correction de M. Bourdoise; car, dans un autre testament qu’elle fit, on lit ces paroles : « Je » désire être enterrée au cimetière de la paroisse où je dé- » céderai , dans un cercueil de bois, comme les pauvres, y> sans aucune cérémonie (3). » Cependant, en 1650, année

fl ) Mém. de M. du Ferrier, p. 156. — - Vie de M. Bourdoise Ms. in-4°, p. 7 58, — Vie du même, Ms. in-folio, pag.

(2) in-4,liv. v, p. 483.

(3) Testament de Mme. de Villeneuve. ■ Abré, g é de sa Vie Ms.

in-4° p. 52.

NOTES

(1) Vie Ms. de de sa mort, M. de la Marguerie , son gendre, obtint de M. la même, p. 66. Molé, son exécuteur testamentaire, que, malgré la clause de — Archives du son testament, elle fût inhumée dans l’église des Religieuses rue T.-Antoine. de la Visitation, rue Saint-Antoine, à Paris (1).

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