M. DE CHAVIGNY. EFFETS DES INTERCESSIONS DU PERE DE CONDREN
(2) Copie des Mémoires de M.
Olier.
(3) Ibid. — Voyez aussi : Abrégé du 9e cahier des Mém. aut.
NOTE 14, p. 354. — « Le pouvoir du Père de Condren » auprès de Dieu , depuis sa mort , a paru , dit M. Olier, » dans la personne de M. de Chavigny, l’un des plus grands » de la Cour. Je le dis à son honneur et à la gloire de Dieu : » Ce seigneur avait de grands sujets d’aimer la vanité; car » il était le favori du Roi, de Monsieur, frère du Roi, et de » M. le cardinal de Richelieu. Or, le jour même ou le lende- » main de la mort du Père de Condren, il sévit si puissam- » ment touché et convaincu de toutes les vérités qu'il lui » avait autrefois expliquées, et qui, en ce temps-là, lui » étaient ennuyeuses , et ne faisaient sur. lui aucun effët, » que, tout plongé dans la douleur et tout baigné de larmes, » il protesta hautement de renoncer de cœur au monde, et » de faire profession publique de vouloir être à Dieu unique- » ment ; ce qu’il a depuis si heureusement accompli , qu’il » est à présent un modèle de piété à la Cour. Les lumières » que le Père de Condren a si souvent exposées à la plu- » part de ses disciples , ont fait en tous les mêmes effets » depuis sa mort. Au moins pour moi , je sais bien que j’ai » connu un grand nombre de choses qu’il m’avait proposées,
» que je n’avais pu comprendre en ce temps, et dont j’ai été » éclairé depuis (2). Alors ces lumières n’avaient point fait » d’impression sur mon esprit, bouché aux choses saintes ;
» depuis sa mort, elles y sont entrées vivement, elles l’ont » éclairé, et me font maintenant concevoir sans peine ce » que je ne croyais être que fables et inventions de l’esprit » humain (3).
» Ce grand changement me paraît être un prodige. Gloire » à mon Dieu, qui éclaire les aveugles quand il lui plaît, et » qui prend plaisir à retirer les plus misérables de la con- » fusion et de la pauvreté, pour les remplir des riches tré- » sors de sa miséricorde ! Qu’il soit donc à jamais glorifié » de sa magnificence ! J’éprouve une joie bien grande,
» lorsque, me souvenant de l’état d’aveuglement où tout le » monde m’a vu, je le compare avec celui où la main toute- » puissante de Dieu m’élève maintenant. Il est aisé de lui » rendre gloire , comme au seul auteur des lumières qu’il » me communique. Car chacun sait qu’elles viennent de
» lui seul, et que de moi-même je suis le plus pauvre, (1) Mém. aut. » le plus aveugle et le plus misérable de tous les de M. Olier, t. u, » hommes (1).» P- 380. —
Copie de ces Mémoires.