DEUXIÈME MAISON DE VAUGIRARD
1 3) Mémoir. de M. du Ferrier, p. 155.
(4) Arch. ibid.
NOTE 15, p. 356. — D’après le contrat de vente , les dépendances de la métairie dont le généreux propriétaire de la maison de Vaugirard voulut faire présent aux solitaires, consistaient en terres, prés et vignes. En 1653, M. Olier, qui (2) Archives achevait alors les constructions du séminaire deSaint-Sul- National. Ssct. pice, vendit les terres et les vignes pour la somme de cinq Domaniale, S. mille livres (2). Le véritable nom du propriétaire, appelé, c-l-n-8.
d’après M. du Ferrier (3) , M. de la Roche , était Godefroi de Rochefort de Souplainville , comme il paraît par le contrat de vente de la maison , passé le 4 juillet 1643, au château de Gondrin, devant Camerade, notaire à Armagnac, et insinué le mois suivant à Auch et à Paris (4) Si ce contrat fut passé au château de Gondrin , c’est que M. Louis-Henri de Gondrin, dont on a parlé, était fondé de procuration par M. Olier et les siens ; et que M. de Rochefort demeurait dans le voisinage. Car aux actes de Marreau , notaire à Paris,
M. Geoffroi ou Godefroi de Rochefort, seigneur de Souplainville, est qualifié grand-vicaire de l’archevêque d’Auch.
M. Olier et M. de Foix avaient acheté , le 18 mars 1643. une maison contiguë à celle de M. de Rochefort, et qu’on réunit à celle-ci pour n’en former qu’une seule , ainsi qu’une troisième, acquise par le séminaire, le 2 mars 1696 (5).
Cette maison, où la compagnie de Saint-Sulpice avait pris naissance, fut occupée longtemps par le petit séminaire de ce nom; et, depuis 1759, par' la communauté des pauvres écoliers (6), dits les Robertins (7). Elle fut enfin vendue comme bien national , et démolie en partie par les acquéreurs. Après la Révolution, M. Emery, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, s’imposa, malgré son grand âge, des privations journalières pour acquérir cette maison. On y voit encore la chambre que M. Olier y avait occupée, et qui , depuis sa mort , fut transformée en chapelle domestique (8). Les RR. PP. Jésuites de Vaugirard tiennent aujourd’hui dans cette maison, une division de leurs élèves en attendant l’achèvement du collège qu’ils font construire; et pour leur en rappeler les premiers souvenirs historiques, ils ont placé à l’entrée de la chapelle, audessous du buste.de M. Olier, l’inscription suivante, composée par le E. P. Alet :
(5i Ibid. Vaugirard. C.n. Il, S. 7041.
6) Ibid. n. 1, n. xi, G. 3.
(7 ) Réglements de la Communauté de Saint- Sulpice, in-4 p.
2, note.
(8 ) Réglements, ibid.
NOTES
(1) Archives de l'Empire : inventaire général de S. -S. S. 7041, C. Vaugirard , n. 11.
(21 Ibid. G., n. 3.
(3) Annales de l’Oratoire. 4ssemblée de l! 33.
Hic
Joannes Jacobus Olier presbyter divinæ gloriœ studiosissimus II. Kal. decemb. A. D. MDCL1 seminarium simul et sodalitium S. Sulpitii instituebat
et primos utriusque alumnos ad clericalis vitæ perfectionem informabat
illis singulariter commendata
præcipua in sanctiss. sacramentum et beatiss. Virginem pietate natus Parisiis XII. Kal. Oct. MDCV1I1 mortuus ibidem IV. Non. Apr. MDCLVII.
Au XVII' siècle , en face de la maison de M. Olier, sur la grand-rue de Vaugirard, était une maison de même genre de construction que la première , avec un terrain de huit arpents. M. Leschassier, directeur du séminaire de Saint- Sulpice, en étant devenu propriétaire , les vendit, ou fut censé les vendre, le 3 mai 1696, au séminaire (1), qui ensuite les céda à M. le curé de Saint-Sulpice , pour l’usage de la communauté des prêtres de sa paroisse (2). On construisit alors au milieu de ce terrain, une maison qui leur servit de pied-à-terre; et l’on pratiqua, sous la grand-rue, le passage voûté, qui subsiste encore aujourd’hui et qui permit de communiquer d’un terrain à l’autre. Après la révolution, M. Poiloup, directeur de la petite communauté de Saint- Sulpice, établie par M. Teyserre, transféra ses élèves dans cette maison ; et y fit des augmentations considérables, que les RR. PP. Jésuites ont accrues de beaucoup, depuis qu’ils y ont établi leur collège , au grand avantage de la religion.
SUR M. AM.ELOTE
NOTE 16, p. 362. — La congrégation de l’Oratoire, liée d’abord avec Jansénius et l’abbé de Saint-Cyran, par le crédit desquels elle s’établit en Flandre, vit plusieurs de ses membres prendre parti pour ces patriarches de la nouvelle hérésie , et faire cause commune avec eux. Déjà le Père de Condren , après l’arrestation du Père Seguenot, s’était cru obligé de donner une déclaration publique des vrais sentiments de l'Oratoire, qui devenaient suspects (3). Mais, après la mort de ce grand adversaire de la secte, la contagion gagna la plus grande partie du corps , jusque là que le Père Bourgoing, son successeur, dépouillé de presque toute son autorité , vit les premières charges données malgré lui à des hommes ouvertement déclarés pour le Jansénisme. Le Père Amelote^dépouillé lui-même de la supério--
rite de la maison de Saint-Honoré , ne cessa de souffrir et de travailler jusqu’à sa mort , pour maintenir la foi de l’Église dans l’Oratoire. Il provoqua, en 1662, un ordre rigoureux, mais nécessaire, qui envoya en exil trois des principaux membres, entre les mains desquels était alors tout le gouvernement de la Société (1). Sur la demande du clergé de France, il donna, pour l’opposer à celle de Mons , sa Traduction française du nouveau Testament , dont Louis XIV fit distribuer cent mille exemplaires aux nouveaux convertis. Il publia d’autres ouvrages contre l’hérésie de Jansénius, entre autres une Défense des constitutions apostoliques , et un Traité de la grâce, pour justifier la condamnation des cinq propositions (2) ; et s’il ne parvint pas à déraciner le mal, il eut au moins l’avantage d’en ralentir les progrès. Son attachement à la foi catholique, et la persécution qu’il souffrit pour elle, le rendirent encore plus cher à M. Olier, d’ailleurs si plein de vénération pour sa personne, qu’il le regardait comme miraculeusement éclairé et doué d’une plénitude de lumière admirable (3) ; ce sont ses expressions. M. Amelote demeura toujours uni par les liens d’une charité sincère au séminaire de Saint-Sulpice, qu’il appelle, dans sa Vie du Père de Condren, une sainte communauté (4), et sa mémoire y a toujours été en grande recommandation, s La mort de M. Amelote, écrivait M. Tronson à l’évêque » de Séez , a contristé tous ses amis; et c’est assurément » ude grande perte pour l’Eglise. Il a eu la consolation, » avant de mourir, de voir la déclaration de sa congrégation » contre les nouvelles doctrines (5). »