‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 212 sur 249 · PREMIERS SÉMINARISTES DE VAUGIRARD · texte numérisé non relu

PREMIERS SÉMINARISTES DE VAUGIRARD

le 31 de janvier de cette année 1642 (1). L’exemple de M. de Gondrin, y attira bientôt un sujet du plus haut mérite, M. Antoine Raguier de Poussé, bachelier en théologie (2), dont nous aurons occasion de parler plusieurs fois. Il connaissait particulièrement M. de Gondrin, qui, de Yaugirard, allait le visiter à la Place-Royale, où il demeurait. Tout ce qu’il entendit raconter à M. de Gondrin, des lumières et de la sainteté de M. Olier, lui inspira le désir de le connaître; il alla en effet à Yaugirard , et dès qu’il eut parlé à l’homme de Dieu , il lui demanda instamment d’être reçu au nombre de ses disciples. M. d’Hurtevent , mort supérieur du séminaire de Saint-Irénée de Lyon, M. de Gambiac , frère de M. du Ferrier, et plusieurs autres, vinrent peu après, grossir la communauté naissante (3). L’ancien historien de M. Bourdoise fait ici une remarque , qui vient naturellement à notre sujet : il rapporte, que ces jeunes ecclésiastiques , domiciliés la plupart au Faubourg Saint-Germain, étant ainsi allés visiter le nouvel établissement de Vaugirard, prirent tant de goût aux conférences et aux entretiens que ces Messieurs leur firent, qu’ils témoignèrent avec empressement le désir de demeurer avec eux, pour se former sous leur conduite à la science et aux vertus de leur état (4) : « Il s’en joignit bientôt à » nous , dit M. du Ferrier, jusqu’à quinze ou » seize (5). » Il arriva de là, que ces jeunes ecclésiastiques , venus d’eux mêmes à Vaugirard , ayant tous terminé leurs études de littérature*, et étant parvenus à un âge qui permettait de juger prudemment de leur vocation : M. Olier et ses coopérateurs virent s’observer ainsi , sans aucun effort de leur part, la règle tracée par le Père de Condren avant sa mort, de ne recevoir que des aspirants de cette seule catégorie, dans le séminaire qu’ils établiraient (6) : tant il est vrai que la Providence devait seule agir et paraître dans cette institution, qu’elle voulait être entièrement son ouvrage,

(1) Catalogue d’entrée de MM.

du séminaire.

(2) Notes de M. de Lantages sur M. dePoussé

Ms.

(3) Mimoir.de M. Baudrand.p.

Bourdoise, Ms.

(5) Mémoires deM duFerrier, p. 155.

* NOTE 2 , p.

de M.du Ferrier, p. 1 3G,

Professeurs du séminaire de Vaugirard.

(1) Mémoires de M .du Fermer, p. 1£>4.

(2) Mémoires autographes de M. Olier, 1. 1. p.

(3) Ibid. , p.

La main de Dieu ne se montra pas avec moins d’évidence dans le choix des personnes , chargées d’instruire et de former ces jeunes ecclésiastiques. A l’exception de M. duFerrier, qui desservait alors la paroisse de Vaugirard, en l’absence du curé , et de M. Picoté, occupé de la communauté naissante de Madame de Villeneuve (1), les autres coopérateurs de M. Olier, d’abord au nombre de trois , M. de Foix, M. de Bassancourt, et M. de Sainte-Marie, leur donnaient tous leurs soins. Pour qu’il ne manquât rien de ce qui était nécessaire à leur instruction dans la théologie, Dieu avait conduit à Vaugirard, dès le commencement, un très habile professeur, ce même docteur que M. Olier gagna d’une manière si étonnante , par le peu de paroles qu’il lui adressa dans le chemin. « Il enseigne la philo- » Sophie et la théologie depuis bien des années, dit » M. Olier lui-même ; nous désirions beaucoup de » le recevoir , suivant l’ordre que Dieu nous avait » donné ; et c’est ainsi qu’il l’a attiré dans notre y> compagnie (2). » Pareillement pour les former à tout ce qui tient aux rites et au culte divin, Dieu avait conduit à Vaugirard M. de Bassancourt, trèsversé, comme on l’a dit, dans l’intelligence et la pratique des cérémonies , du chant ecclésiastique, de l’administration des sacrements, et de tous les détails du saint ministère : ce qui fait dire à M. Olier: « nous avions oesoin de lui, ou au moins nous le î> souhaitions fort : car, ajoute-t-il , nous n’avons » besoin que de Dieu , qui fera plutôt de nouvelles » créatures, que délaisser manquer son œuvre (3). » M. Olier faisait lui-même aux séminaristes une conférence sur l’écriture Sainte, tous les jours l’après midi. Enfin, l’Eglise paroissiale de Vaugirard, que ces Messieurs desservaient, fut le moyen ménagé par la Providence , pour leur donner la facilité de former, par la pratique, ces jeunes ecclésiastiques, aux fonctions de leurs Ordres et aux cérémonies du culte divin ; comme aussi au ministère de la prédi-

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