Lettres de S. Vincent, l. i, p
Bcurdoise, in- 4",
des sujets inhabiles à l’état ecclésiastique . ou que ceux à qui on en confia la direction manquassent des qualités nécessaires pour en assurer le succès (1), ces séminaires s’éteignirent d’eux-mêmes ; et si quelques-uns subsistaient encore, ils avaient dégénéré en collèges. Saint Vincent de Paul, vers l’an 1636, avait établi un séminaire de ce genre au collège des Bons-enfants; et il reconnut bientôt, qu'en formant des sujets trop jeunes encore pour pouvoir connaître leur vocation, on ne procurerait qu'un avantage insuffisant à l'Eglise (2). Il écrivait, le 6 février 1641, que les séminaires de cette espèce n’avaient pas réussi ; que ceux de Bordeaux, d’Agen (3) , de Reims j étaient déserts , et que l’archevêque de Rouen , dans l’espace de plus de vingt années, n’avait pas tiré six prêtres de ce grand nombre de jeunes gens qu’il avait fait élever avec tout le soin possible (3 bis). On peut encore alléguer l’exemple du séminaire fondé par MM. de Ventadour, au diocèse de Limoges , qui n'avait pas produit un seul prêtre depuis près de vingt ans qu’il était établi (4). Aussi l'assemblée générale du clergé de France de 1625, dans les Avis qu’elle adressa aux Archevêques et aux Evêques du Royaume , reconnaissait-elle assez clairement l'insuffisance de ces maisons, puisque, tout en les exhortant à en établir dans leurs diocèses, conformément au concile de
Çb) G allia chris-
tiana, 165G, 1. 1, f Le cardinal de Lorraine . à son retour du concile de p. 543. Trente , avait fondé à Reims un séminaire-collége (5) con¬
formément au décret des Pères de ce concile. Mais cet établissement n’eut pas le succès qu'on s’en était promis, et s’éteiguit insensiblement. En 1625, à l’occasion sans doute,
(6) Vie de ¥ c^cs mouvements que s’était donnés l’assemblée générale du Bourdoise in-4° clergé pour la réforme de l’ordre ecclésiastique, on s’efforça liv. m, p. 227. de rétablir ce séminaire (6) ; et cette seconde tentative ne fut
pas plus heureuse que la première : car lorsque M. Eléonore d’Estampes de Valançay fut transféré du siège de Chartres à celui de Reims vers 1645, ce séminaire n’existait
(7) Ibid., p. plus. A la persuasion de M. Bourdoise on essaya de le relever
559. une troisième lois (7), mais ce fut avec bien peu de succès.
EXERCICES DES ORDINANDS
Trente . et à nos conciles provinciaux, elle ajoutait cette observation bien digne de remarque. « Il serait >' à propos qu’outre les séminaires , destinés pour » l'instruction de la jeunesse, qui se voue à l’Eglise, » les Evêques établissent dans leurs diocèses, un
> autre séminaire, dans le quel fut entretenu quel- » que nombre de prêtres capables .... Et afin que » ceux qui veulent recevoir les saints ordres fussent » instruits à la piété , et sussent en perfection la » dignité des ordres sacrés, il serait à désirer, que >■> six mois devant que de recevoir les ordres de Sous-
> diacre. Diacre ou Prêtre , ils fussent entretenus » dans les dits séminaires , où faisant une espèce » d’épreuve, ils se rendraient plus capablesde servir » l’Eglise(l).» Mais la difficulté était d’en venir àl’exécution ; et déjà depuis plus de vingt ans, les efforts impuissants des Pères de l’Oratoire(2), contribuaient à faire regarder l’établissement de cette sorte de séminaires ; comme une œuvre impraticable. Car leur maison de saint Magloire à Paris, fondée depuis vingt-deux ans comme séminaire diocésain (3) n’avait pu encore commencer ses exercices (4).
Ces Pères se bornaient à enseigner , dans quelques-uns de leurs collèges , la théologie à ceux de leurs écoliers qui se destinaient à l’état ecclésiastique, ce qui faisait appeler ces maisons séminairescollèges *, et comme l’assemblée générale de 1625, avait recommandé d’adopter partout les pratiques, proposées par M. Godeffroy dans son livre intitulé : Le collège des saints exercices , dont on a déjà parlé : ces Pères préparaient immédiatement à l’ordination, ces élèves de leurs collèges , par une retraite de dix jours (5), comme nous avons vu que par l’ordonnance de M. de Gondy, saint Vincent de Paul le pratiquait à Saint-Lazare à l’égard de tous les diocésains de Paris, et que M Augustin Potier, évêque de Beauvais , l’avait aussi établi dans son propre diocèse. Jaloux d etendre le bienfait de ces exercices au diocèse de Poitiers , le cardinal de Ri-
(1) Collection des procès verbaux. Assemblée de 1625. Ed. de 1768, t. il. Pièc.
justif.,n° xiv, p.
70, art. 154,155, p. 99.
(2) Vie du P.
J. Eudes, Ms.i n- 4°, p. 76. — Vie imprimée du même, in-12, 1827, liv. ni, p.
(3) A rchives de l'Empire , sert, hist.. Ms., 399.
(4) Annales de l'Oratoire , an.
Exercices des Ordinands, établis dans plusieurs diocèses.
* NOTE 3, p.
(5) Recueil des vies des Oratoriens par le P.
Cloysault , t. u, p. 13.
(U Arch. de chelieu , avait appelé en 1638, les prêtres deSaintl’ Empire , sect. Lazare , dans la ville de son nom ; et assigné des
hist. Fondation de la mission, t.
î, fol. 119.
(2) Ibid., fol.
(3) Ibid., fol.
(4) Ibid.
fol.
fonds , pour que les Ordinands fussent logés et nourris pendant douze jours, avant l’ordination(l). La même année , M. de Breslé évêque de Troyes, en avait fait autant pour les Ordinands de son diocèse, en bornant la durée de ces exercices à dix jours (2). M. d’Elbine, évêque d’Agen, pour procurer aux siens le même avantage, avait appelé aussi les prêtres de Saint-Lazare en 1640(3); et l’année suivante , le roi leur avait donné le château de Cressy , et les y avait établis, pour faire jouir du même bienfait les Ordinands du diocèse de Meaux (4). Enfin, le Commandeur de Silleri, ayant fondé les prêtres de Saint-Lazare à Anneci en Savoie , pour qu’ils y prêchassent des missions huit mois chaque année, les avait obligés d’employer le surplus de leur revenu, s’il y en avait, à procurer ces exercices aux Ordinands, en tel nombre que la somme pourrait le permettre (5) ; et cette clause, quoique éventuelle, fut cause que , sans autre fondation , l’évêque de Genève , Juste Guérin, l’un des (6 )Vie de Juste prélats les plus zélés de ce temps, obligea tous ses Guérin, par le Ordinands, le 8 septembre 1641, de faire à l’avenir ces exercices à Anneci , chez les prêtres de Saint- Lazare (6).
Mais quelque avantage que plusieurs pussent retirer de ces exercices, on sentit bientôt la nécessité
(5) Ibid., fol.
P. Arpaud, an.
1837, in-18, p.
89 et suiv.
Insuffisance
nands ,
pour sèment des séminaires.
des exercices
des Ordi- de quelque chose de plus, pour inspirer aux Ordinands l’esprit ecclésiastique, et les disposer à de- /■eaux efforts venir un jour de bons prêtres; et plusieurs évêques joui 1 établis- cjeg pjus zèlés, tout en ordonnant ces exercices, revinrent à l’idée des séminaires, tels que le concile (7; Conc.Trid. fie Trente les avait conçus, c’est-à-dire où l’on ré— sess. xxm,™ cap! un*t dès 'eur bas âge les aspirants au sacerdoce (7). xvui. M. Pavillon, qui avait présidé souvent les exercices
M ' Pavillon l! des Ordinands à Saint- Lazare, et que saint Vincent i, p. 7, 12, i3. de Paul appelait son bras droit (8), commença,
— i tedes quatre vers panil(\e 1640, un séminaire de ce genre à Aleth, eveques, t. i,p.5. 3 ® ’