INSUFFISANCE DES EXERCICES DES ORDINANDS
dont il était devenu évêque, et employa quelque (i ) rie de M
temps à cette œuvre des prêtres de la mission, que Pavillon, t.v,p.’
saint Vincent lui avait associés (1). L’évêque de p9’^’ iooP loi*
Genève dont nous venons de parler, non content (2) viedeJustê
d’établir et de rendre obligatoires les exercices des CMerw’ lbld" ... , . . , , . , r, . . (3) OEuvres de
dix jours, erigea, par ce meme decret du 8 septem- saint François
bre 1641, un séminaire qu’il se proposait également Sales, Paris,
de former sur le plan du concile de Trente (2): xiv^p.
dessein que déjà saint François de Sales, son arrière r W Essai sur
prédécesseur avait tenté (3) inutilement de mettre à leUg^mFrmce
exécution (4). M. Alain de Solminihac, justement liv. i, p. ns.
comparé pour son zèle à saint Charles , entreprit
de son côté, en 1638, un semblable séminaire à Ca- „ J5) Arch'.
U t . , , . i , ii l Empire, ibid.,
hors (5), f et avec un désir si ardent d en assurer foi. 255.
le succès , qu’il quitta sa maison épiscopale, et se mit en personne à la tête des séminaristes , faisant à leur égard les fonctions de maître et même celles (6) vie d’Alain de serviteur. On commença un séminaire du même ,le Solminihac, genre à Valence en 1639(6). Enfin , ce besoin ex- ^'27^ aI1'V1"’ trême de former des prêtres par quelque nouveau moyen plus efficace que les exercices des Ordinands, porta un curé du Dauphiné, M. Thévenin, prêtre animé d’un grand zèle pour cette œuvre à presser vivement saint Vincent de Paul , de renoncer à l’œuvre des missions , et d’appliquer uniquement ses prêtres à établir des séminaires : allant même jusqu’à le menacer de la colère de Dieu, s’il ne prenait ce parti. Saint Vincent , dont l’institut avait été déjà approuvé par le Saint-Siège , principalement pour les missions , ne pouvait se rendre à de telles instances. « Il me semble », écrivait-il au Supérieur de la mission d’Anneci, le 9 février 1642,
« qu’il faudrait quasi un ange du ciel , pour nous » persuader que c’est la volonté de Dieu , qu’on » abandonne l’œuvre (des Missions), pour en pren-
f Seminarium a nobis institutum secundum décréta concilii Tridentini, etformam in eo content am , dit Alain de Solminihac i’jçmpire> ibid., dans l’acte d’union du Prieuré de la Vaurette à son sémi- mission fondât., naire du 6 octobre 1638 (7). t. i? fol. 257.
(1) Recueil des lettres de feu M.
Vincent, tom. i, fol. 22.
L'établissement des séminaires regardé comme impossible.
(2) Vie de Juste Guérin, p. 188.
(3) Ârch. de l'Empire, ilid. ,
t. i, fol. 255.
(4) Lettres de feu M. Vincent, ibid.
(5) Arch. de l'Empire, ibid., t. ii, fol. 31.
(6) Essai sur l’influence, ibid.
s> dre une autre, qu’on a déjà entreprise en divers » endroits: et qui n’a pas réussi. Et pour ce que le » saint concile deTrente recommandeles séminaires,
» nous nous sommes donnés à Dieu, pour le servir » aussi en cela, partout où nous pourrons. Vous avez » commencé à Anneci; et Monseigneur d’Aleth, qui » a de nos prêtres, fait demême(l).» Comme on le voit ici , ces deux essais , l’un à Aleth , l’autre à Anneci . et un séminaire de même genre établi en 1636 au collège des Bons-enfants, étaient, avec les exercices des Orclinands, tout ce que les prêtres de la mission avaient pu faire jusqu’alors, pour la formation des ecclésiastiques.
Cependant on n’avait pas même la consolation de voir prospérer ces nouveaux essais. Celui d'Anneci ne réussit pas (2), malgré une troisième tentative faite sous lepiscopat d’Auguste de Sales, successeur de Juste Guérin. L’essai de Cahors n’eut pas plus de résultat ; en sorte qu’Alain de Solminihac, se voyant obligé de l'abandonner, revint en 1643 aux exercices des Ordinands, et appela pour cela les prêtres de la mission dans son diocèse (3). L’évêque de Saintes s’était proposé aussi d’établir un séminaire (4) ; mais découragé sans doute par le peu de succès de celui de Cahors , il crut devoir se contenter de prescrire, en 1644, les exercices de dix jours à ses Ordinands, et appela également les < prêtres de Saint-Lazare (5). Ainsi , après qu’on avait vu saint François de Sales, Juste Guérin, Alain de Solminihac, ne pouvoir réussir à fonder des séminaires, tels que le conciLe de Trente les avait conçus, les exercices des Ordinands étaient tout ce qu’on attendait alors des évêques les plus zélés et les plus pieux (6) ; et l’on ne doit pas s’étonner, si, lorsque M. Olier et ses coopérateurs commencèrent l’établissement d’un séminaire à Vaugirard, non plus pour des enfants comme on avait fait jusqu’alors, mais pour des aspirants à l’état ecclésiastique qui eussent déjà achevé leurs études de belles