M. OLIER EST INCERTAIN SUR SA VOCATION
avant sa promotion à la prêtrise, d’aller deux fois* NOTE 4, p. 83 a pied à Notre-Dame de Liesse (1) *. Il s’y rendît (1 )Remarques
pendant les chaleurs de l’été, accompagné de ses
historiques, t.
p. 292. — Vie
domestiques, chantant avec eux les litanies de la Ms. de m. oiier, sainte Vierge, ou composant, dans le chemin, des Yomilliets Bre~ cantiques à sa louange (2). C’était aussi par ces p. 58. ’
pieuses pratiques qu’il se préparait à célébrer ses a) Mémoires fêtes; et ces jours si précieux à sa piété étaient f? M' Les' pour lui des jours de grâces et de bénédiction. testât dut., etc.
Au mois d’août 1632, il fit un de ces pèlerinages v- 207à Liesse, tant pour se préparer à la fête de l’As- •
somption, que pour recommander à sa protectrice M-01ierPrele succès d'un sermon qu’il devait prêcher ce jour- cheà St~paul, là dans l’église de Saint-Paul à Paris. Il rapporte sa par01bSelui-même que, vers ce temps, lorsqu’il montait en chaire pour annoncer la parole de Dieu, il éprouvait quelquefois une agitation involontaire quil’humiliait beaucoup, et qu’il regardait comme l’effet d’un désir secret de l’estime des hommes. « Souvent » je m’étais offert à Dieu, dit-il, pour demeurer » court et souffrir la confusion qu’il lui plairait ;
» mais je n'en étais pas capable, et Dieu ménageait » mon amour-propre pour ne pas me décourager.
» Je me souviens que le jour de l’Assomption de la » très-sainte Vierge, en 1632, et qui précéda nos » travaux des missions, devant prêcher à notre pa- » roisse de Saint-Paul à Paris, après m’être pré- » paré avec grand soin, même en faisant un voyage » à pied à Notre-Dame de Liesse, je reçus un se- » cours de ma bonne protectrice au milieu de ma » vanité. Comme je voulus monter en chaire, je » fus tellement troublé, que je n’avais que confusion y> dans mon esprit, et néanmoins je ne laissai pas » de commencer et d’aller jusqu’au milieu du dis- » cours sans broncher; sur le milieu, je demeurai » tout court en moi-même, sans que le monde qui > faisait foule ce jour-là s’en aperçût. Alors, tout » déconcerté, quoique je me confiasse en ma bonne maîtresse, je m'abandonnai à parler et à dire tout
Tom. i. S
fl) Mémoires aut. de M. Olier,
(1) Étal-civil de Paris. Registres des sépultures de la paroisse St. -Paul, depuis 1631 , jusqu’à 1640.
Dieu appelait M. Olier à la charge curiale et à travailler à la sanctification du clergé.
(3) Genes. cap.
XXXM1 , XLI.
Daniel, cap. n.
îv. — A et. Aposl.
cap. x, ete.
♦NOTE 6, p. 85
» ce qui me pouvait venir à la bouche plutôt que » de m’arrêter ; et il arriva que je dis, sans y penser » et sans m’en souvenir, tout ce que j’avais préparé. » C’est un secours de cette bonne Souveraine, qui » ne veut pas me décourager dans cet emploi (1).» L’embarras de M. Olier ne fut en effet sensible qu’à lui seul, et l’auditoire parut très-satisfait. On en voit le témoignage dans l’un des registres publics de la paroisse Saint-Paul*, où il est dit qu’il fit très-bien et très-doctement. (2).
M. Olier cependant, toujours incertain, balançait entre l’état religieux et le clergé, lorsque, au mois de novembre suivant, Dieu le fixa tout-à-coup, à l’occasion d'un songe, que nous croyons devoir rapporter à cause de la liaison qu’il parut avoir avec toute la suite de sa vie. Dieu qui peut parler de mille manières aux hommes, leur a quelquefois manifesté ses desseins sous le langage mystérieux des énigmes et clés songes, comme on en voit tant d’exemples dans les Livres saints (3). Pour apprécier les motifs, et pénétrer tout le sens de celui dont nous allons faire le récit, il faut se rappeler que les instituteurs des séminaires, en France , suscités aussi pour être les réformateurs du clergé, ne sortirent ni de l’état religieux ni de l’épiscopat. Dieu. qui voulait offrir dans leurs personnes un modèle des vertus propres des ecclésiastiques du second ordre, les tira de cet ordre même et les appliqua aux fonctions du ministère pastoral ; et. parce que tel était le dessein de Dieu, ces pieux instituteurs ne donnèrent d’autres règles, que les canons de l’Eglise, aux compagnies qu’ils établirent pour continuer après eux la même œuvre, et exigèrent qu’elles ne fussent point séparées du corps du clergé*. Destiné à coopérer à ce grand dessein. M. Olier n’était pas appelé non plus à la vie religieuse, quoique, depuis l’âge de quinze ans, il éprouvât de vifs désirs d’entrer dans l’ordre des Chartreux, ni a 1 épiscopat . malgré les sollicitations pressantes