‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 67 sur 249 · LA MÈRE AGNÈS PRIE POUR LA PARFAITE SANCTIFICA¬ TION DE M. OLIER · texte numérisé non relu

LA MÈRE AGNÈS PRIE POUR LA PARFAITE SANCTIFICA¬ TION DE M. OLIER

NOTE 2, p. 61. — Plusieurs auteurs, entre autres le Père de Salles, religieux Dominicain (6), ont avancé que M. Olier n’était point encore converti à Dieu, lorsque la mère Agnès commença de prier pour lui, ou même quand elle lui apparut à Saint-Lazare. Mais il faut distinguer deux conversions dans l’histoire de M. Olier : la première du péché à la grâce; et la seconde, de la grâce à la perfection. Cette dernière, que le P. de saint Vincent appelle la parfaite conversion de M. Olier (7), fut proprement, d’après les expressions du clergé de France, la profession d’une vie plus parfaite : perfectioris vitæ studium ; arctioris vitæ genus (8) ; et, selon les directeurs du séminaire de Saint-Sulpice, dans une de leurs suppliques au Pape : summum perfectionis studium. Au reste, cette erreur est assez ancienne, et il paraît que M. Olier y a donné lieu lui-même par un effet de sa rare humilité. L’auteur de la Vie admirable de Sœur Agnès de Jésus, qui écrivait environ en 1647, et qui avait été induit dans cette erreur par M. Olier, semble s’en être douté par la manière dont il s’exprime : « La Vierge, dit-il, apparais- » sant un jour à la mère Agnès, lui dit : Prie mon Fils pour » un tel...., et qui alors était plongé dans les ténèbres d’une » vie licencieuse et criminelle, à ce qu’il disait, me racontant » tout ceci par exprès commandement de son directeur. » Au reste, M. Olier tenait le même langage à la mère Agnès, apres qu’il l’eut reconnue; et la mère Agnès parlait d’ellemème en des termes plus extraordinaires encore, malgré

l’innocence de sa vie. Elle écrivait à M. Olier : «Vous me » parlez toujours de vos misères, et dites que vous allez de » pis en pis; si vous saviez comme fait cette pauvre abomi- » nable, en dépit de Dieu et de la sainte Vierge et de son » pauvre Ange gardien, qu’elle contriste continuellement, et » empêche de la jouissance d’une gloire accidentelle; elle » ne fait que se vautrer dans l’abîme de ses péchés. Vous » vous trompez à mon égard, je vous le dis en vérité, je » suis une misérable hypocrite. Toutes les furies infernales » n’ont pas tant de malice que moi. »

NOTE 3, p. 62. — Le père de saint Vincent dit que l’apparition de la sainte Vierge à la mère Agnès, touchant M. Olier, eut lieu en 1630 ou à peu près (1).M. de Lantages la fixe vers l'an 1631; cette dernière date est plus exacte, puisque M. Olier, dans ses Mémoires , marque le fait sous l’année 1631 (2). Il dit d’ailleurs, qu’fi vit la mère Agnès trois ayis après qu’elle eût commencé de prier pour lui, et ce fut en 1634 qu’il la vit pour la première fois. Enfin, cette dernière année la mère Agnès lui déclara qu’elle avait fait pénitence pour lui l’espace de trois ans, ce qui reporte l’apparition à 1631 (3).

M. de Lantages, en rapportant les circonstances de ce fait extraordinaire, s'exprime ainsi : « La très-sainte Vierge lui dit : « Prie mon Fils pour un tel, lui nommant M. Olier, alors abbé de Pébrac. » Ou encore, selon le père de saint «Vincent: «Prie pour Jean-Jacques Olier, abbé de Pébrac (4). «Un extrait des Mémoires de M. Olier { 5), ainsi conçu : Prie mon Fils pour N., parlant de ce misérable pécheur, a donné lieu à ces manières de parler; mais au tome II de ses Mémoires (6), M. Olier explique cette réticence, et rapporte ainsi dans leur entier les mêmes paroles : Prie mon Fils pour l’abbé de Pébrac ; c’est le nom de mon abbaye. M. de Bretonvilliers les a citées de cette dernière manière qui est la véritable.

M. Olier fut pénétré toute sa vie d’une reconnaissance d’autant plus vive pour la mère Agnès, qu’il se croyait redevable à ses prières de sa fidélité à sa vocation, et même de sa persévérance dans la vertu. «Les prières et les secours » de cette sainte âme, dit-il (7), furent si nécessaires à ma » conversion, dans l’ordre de la divine providence, que » peut-être sans elle j’aurais été abandonné à mes inven- > tions, et délaissé aux passions des désirs de la chair (8). »

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