‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 68 sur 249 · PÈLERINAGE DE LIESSE · texte numérisé non relu

PÈLERINAGE DE LIESSE

NOTE 4, p. 65. — Le pèlerinage de Notre-Dame-de-Liesse, aujourd’hui diocèse de Soissons, a toujours été, depuis son origine, un des lieux de dévotion les plus célèbres de la

(1) La Vie en abrégé de la V.

M. Agnès de Jésus, in- 4°, 1701 , p. 38.

('2)Tom. l,p. 81.

(3) La Vie admirable delà Sœur Agnès, t. n, liv. vi, ch. 1 .

(4 ) L'Ann.Dom.

-- Remarq. hist.

(5) Tcn i. î, p. SI.

(G)Jbid.p. 30G.

(7) Mémoires aut. de M. Olier,

(8) Episl. ad Thessal. cap. iv.

NOTES

(I) Histoire de Notre-Dame de Liesse , par Villette , pag. 10G et suiv.

France; et c’est peut-être sa grande renommée qui a fait regarder comme inutile à nos anciens historiographes de transmettre à la postérité les circonstances de son établissement. Il est arrivé de la que nous n’en connaissons plus aujourd’hui le détail avec une entière certitude, quoique le fond en soit assuré. Tel est aussi le sort de plusieurs semblables dévotions, dont l’origine, quoique évidemment miraculeuse, s’est trouvée dans la suite enveloppée d’obscurité par manque de monuments écrits. Mais 1 histoire de Notre- Dame-de-Liessea en sa faveur d’autres monuments non moins décisifs : le concours non interrompu des pèlerins de tout état, depuis son origine qui ne remonte pas au-delà du XII0 siècle, et l’existence même du bourg de Liesse, à qui ce concours a donné lieu; deux effets qui seraient tout à fait inexplicables, s’ils n’avaient pour cause, comme la tradition le rapporte, quelque événement merveilleux.

Voici ce qu’elle nous en apprend (1) : Trois frères du pays Laonais, les chevaliers d’IIeppes, étant allés à la croisade et combattant pour la délivrance des Lieux; Saints, furent faits captifs par le Soudan d'Égypte, qui employa toutes sortes de moyens afin de les faire renoncer à la foi chrétienne. Il se servit même, pour y réussir, d'Ismérie, sa fille, qui alla plusieurs fois les visiter dans leur prison; mais tout le contraire arriva. Cette princesse, vivement touchée des récits que les chevaliers lui firent sur la Mère de Dieu, désira voir quelqu'une de ses images. On ajoute que les captifs en trouvèrent une dans la prison le lendemain à leur réveil; et lorsque Ismérie vint les voir, la vue de cette statue fit tant d’impression sur elle, qu’elle résolut d’embrasser le christianisme. Dans ce dessein, elle sortit secrètement de la ville durant la nuit, passa le Nil accompagnée des trois chevaliers, et marcha en grande diligence pour éviter les émissaires du Soudan, jusqu’à ce qu'enfin. accablée de fatigue, elle s’endormit ainsi que les chevaliers, ayant toujours avec eux l’image miraculeuse. A leur réveil, leur surprise ne fut pas petite; car ils se trouvèrent, non plus sur les bords du Nil, mais transportés miraculeusement en France, auprès de Laon et du château de Marchais, où les chevaliers avaient pris naissance; et les transports de leur joie en devinrent même si excessifs, que ce lieu prit de là le nom de Liesse , qui lui est resté depuis. En mémoire de ce prodige, les chevaliers firent construire dans le lieu même une chapelle où ils déposèrent l’image miraculeuse de Marie, qui fut dès lors, pour les provinces voisines et pour toute la France, l’objet d’une singulière vénération. Ismérie reçut le baptême des mains de Barthélemi de Vir. évêque de Laon, se consacra à Dieu le reste de sa vie, et, après son décès, fut inhumée, dit-on, dans l’église de Saint-

Vincent, hors des murs de la ville de Laon (1), où l’on croit que les trois chevaliers reçurent pareillement la sépulture. Si l’inscription qu’on voyait autrefois dans le chœur de cette église était relative à l’un de ces chevaliers, comme le pensent les auteurs du Gallia Christiana , leur délivrance serait arrivée sous saint Louis au plustôt (2). Cependant Baillet fait remonter l’établissement de Notre-Dame-de-Liesse au milieu du XIIe siècle (3), et c’est en effet à cette dernière époque qu’on la fixe communément (4). Quoi qu’il en soit, le lieu où fut bâtie l’église, et qui n’avait aucune habitation auparavant, se trouva bientôt si fréquenté par les pèlerins, qu’on se vit contraint de construire des maisons pour les y loger, et telle fut l’origine du bourg de Liesse (5). Non seulement les rois, les princes, les peuples s’empressèrent d’y venir en dévotion; des villes entières y offrirent des vœux dans les calamités générales, et il s’y opéra des miracles sans nombre, dont on a donné des recueils au public (6).

NOTE 5. p. 66. — Par une singularité assez bizarre, le prêtre sacristain de la paroisse de saint Paul, où M. Olier prêcha en 1632. relatait alors sur les marges de ses registres toutes les circonstances locales qui semblaient dignes de remarque. Au registre des sépultures, on lit cette note du 15 août : Le dimanche, 75, fête de V Assomption, M. Olier prêcha V après-dîner , où il eut un bel auditoire et fit très-bien et très-doctement (7).

LES INSTITUTEURS DES SEMINAIRES EN FRANCE DE¬ VAIENT ÊTRE DU CORPS DU CLERGÉ SECULIER

NOTE 6, p. 66. — Les instituteurs des séminaires, en France, ne devaient point être séparés du clergé séculier. Saint Vincent de Paul, de l’avis des évêques, voulut que ses prêtres appartinssent à ce corps. « La providence de * Dieu , écrivait-il à M. Portail , à Rome, le 4 octobre 1647, » a inspiré à la Compagnie de nous mettre dans un état où » nous avons le bonheur de demeurer dans le clergé et y, dans l’obéissance à Nosseigneurs les évêques, comme les » moindres prêtres de leurs diocèses, quant à nos emplois (8).» M. Bourdoise, partageant les mêmes vues, ne donna aux ecclésiastiques de la communauté de Saint-Nicolas que les règles communes des clercs (9). Le père de Condren, digne héritier de l'esprit du cardinal de Bérulle, déclara, dans la première assemblée générale de sa congrégation, que l’Oratoire était un corps purement ecclésiastique.

» Comme la congrégation, dit-il. a été principalement choi- » sie de Dieu, et établie en la terre par défunt notre très-

(1) Dictionnaire de Moréry , article Liesse.

(2) Gall. Christiana, I. IX, col.

(3) Vies. t. a, P '231 . 1 5 d’août.

(4) Dictionnaire de Mbréry. — Hi st. de Noire-Dame-de- Liesse.

(5) Baillet.

Ibid.

(G) Bill. hist.

de la France , 1. 1, p. 204, 2G5.

(7) Etat civil de Paris. — Registre des sépultures de la paroisse Saint- Paul, 1632.

(8 1 Recueil des lettres de feu M. Vincent de Paul, t. 1, p. G.

fis. des Prêtres de la Mission.

Bourdoise, in- 4.

Sentences chrétiennes et eccl. - Séminaires, p.

55 et 56.

NOTES

(1 ) Actes de la 1” Assemblée générale de l'O ratoire , 1631, session vi, p. 19 et 20, iu-i.

(2) Vie du Père Eudes, Ms. p.

ni. — Vie du même, par le P.

de Montigny , p. 98.

(3) Opuscules sacrés et lyriques , ou Cantiques sur diff'é rents sujets , à l’usage des Cat.

de la paroisse St-Sulpice, 8‘éd.

in-12,1774,cant.

cxi, p. 397.

» honoré père, pour honorer le sacerdoce du Fils de Dieu, » l'assemblée détermine que son état est purement ecclé- » siastique, et qu’elle doit demeurer dans l’institution de la » prêtrise, comme notre Seigneur l’a donnée à son Église, » sans addition ni diminution; de sorte qu’en quelque temps ou en quelque assemblée que ce soit, les sujets ne pour- » ront être obligés à aucuns vœux ni solennels, ni simples;

et ceux qui voudraient les obliger auxdits vœux simples, ou » se porteraient a embrasser lesdits vœux solennels, encore » qu’ils fussent en plus grand nombre, seront toutefois cen- » sés se séparer du corps de la congrégation, et obligés de » laisser les maisons et tous les biens temporels d’icelle à » ceux qui voudront demeurer dans l’institut purement » ecclesiastique et sacerdotal, encore qu’ils fussent la moin- » dre partie (1)- » Le père Eudes, sorti de l’Oratoire, donna le même esprit à la compagnie des Eudistes, dont le but était pareillement de travailler à la formation des jeunes clercs (2).

NOTE 7, p. 68. — Bened. XIV, de servor. Dei beatif. et beatorum canonisât, lib. 111, cap. 5/, n. 6. Concludit cardinalis Bona... cùm Deus aliquando det somnium, et non ejus intelligentiam... aliquando obscurè et per ænigmata. Sequitur Torre in 2* 2® D. Thomœ. queest. 95, art. 6, disp. 6.

Ibid. lib. III. cap. ulthno, de revelationibus, n. 1 . Hæsitavit Petrus intra se, quidnam esset Visio quam vidisset : cùmque eam non intellexisset , venit in Joppen, et cùm introisset in domum Cornelii centurionis, et ibi multos invenisset ex gentibus qui ipsum exspectabant, ut verbum Dei audirent, tune cognovit quid sibi vellet Visio lintei.

Ibid. lib. III. cap. 51, n. 6. Addit cardinalis Bona, cùm somnia immittit, mentem illustrare, et voluntatem sic afficere, ut illis firmiter hæreat, et certô sciât à Deo esse, nec ullo unquam tempore eorum obliviscatur.

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