‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 69 sur 249 · SAINT VINCENT DE PAUL DIRIGE M. OLIER · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE PAUL DIRIGE M. OLIER

NOTE 8, p. 69. — Dans un cantique composé vers le milieu du siècle dernier en l’honneur de saint Vincent de Paul, et à l’usage de la paroisse de Saint-Sulpice, on rappelle ainsi le bonheur qu’eut M. Olier d’avoir été formé par cet homme apostolique (3).

C’est à l’école d’un tel maître.

Qu’un sage et vigilant pasteur Puisa les vertus d’un saint prêtre,

Dont il eut soin d’orner son cœur :

C’est Olier, cet homme admirable,

Le modèle des plus parfaits,

Qui toujours humble et charitable Compta ses jours par ses bienfaits.

NOTE 9. p. 69. — « In civitatibus autem sacerdotes dictæ » Congregationis nulla publica eorum instituti munera » obeant, privatim tamen eos qui ad Ordines promovendi » fuerint... instituant. »Bulle d’institution.

ÉTABLISSEMENT DES EXERCICES DES ORDINANDS A TARIS, FRUIT DU ZELE PERSEVERANT DE M. BOURDOISE

NOTE 10, p. 72. En 1625, M. Godeffroy, dans son livre, le Collège des saints exercices, avait osé conseiller aux Evêques, qui voudraient assurer leur conscience , de réunir leurs ordinands huit jours avant l’ordination, pour pouvoir exclure les indignes, et préparer les autres à la réception des Ordres sacrés (1). La difficulté était de mettre à exécution ce règlement, quoique devenu si nécessaire : le trait suivant en fournit une preuve sans réplique. L’un des plus vertueux et des plus zélés prélats de ce temps, dont la vie édifiante a été donnée au public, M. Barthelemi de Donnadieu de Griet , qui cette même année 1625, fut sacré Evêque de Comminges, apportait des soins extrêmes, dit son historien , à bien choisir ses ordinands. Il exigeait qu’ils eussent l’après-midi de la veille de l’ordination, pour s’y préparer par une confession générale; vers trois heures, il leur faisait faire une exhortation commune; le soir, il envoyait des visiteurs, qui parcouraient les maisons où les ordinands étaient logés; et s’ils apprenaient que quelqu’un d’eux se fût mal comporté, ils devaient le rayer de l’ordination pour cette fois (2). Ainsi, malgré la recommandation de l’assemblée générale de 1625, cet ordre de choses persévéra encore de même à Comminges, durant tout l’épiscopat de M. de Donnadieu, qui ne mourut qu'en 1637 (3).

Outré de douleur de voir les ordinands recevoir ainsi les saints Ordres sans préparation, M. Bourdoise eut lieu de se réjouir de l’approbation donnée aux moyens de réformer le clergé, proposés par M. Godeffroy; et l’année même où cette assemblée termina ses séances, il chercha les moyens d’introduire les exercices des ordinands à Paris. D’abord pour y préparer les esprits, il engagea la plupart des prédicateurs et des curés, à parler en chaire de la vocation à l’état ecclésiastique, le dimanche avant les Quatre-temps du mois de décembre 1626. Mais ce moyen eut si peu de succès, que le samedi suivant, sur un si grand nombre de jeunes gens qui se présentèrent à la tonsure, il n’y en eut qu’un seul qui parut en soutane, avec les cheveux courts et un surplis sur le bras. (4) Voulant empêcher autant qu’il était en lui, une si criante violation des règles de la discipline, M. Bourdoise composa des avis en forme de règlement touchant la récep-

(1) Le collège des saints exercices. Paris, 1625 in-12, page 28.

(2) Vie de Messire de Donnadieu. Livre il, chap. xxxiii, p.

(3) Ibid. — Gallia chrisliana 165G. T. 2, p.

(4) Vie de I\l.

Bourdoise. Ms.

BibliothèqueMazarine. — Vie imprimée 1714, iu-4°, an 1G26.

NOTES

(1) Ibid. ann.

(2) Ibid. 1631 p. 204, 205.

(3) Ibid. p.

(4) Archives de l'Empire.

Fondations de la Mission. T. i, fol. 14.

Bourdoise. Ibid.

liv. ni, p. 333.

tion de la tonsure et des saints Ordres; et obtint que l'archevêque de Paris les approuvât. Bien plus, ce prélat ayant fait imprimer un nouveau Rituel pour son diocèse, l’année 1630: ce règlement y fut inséré en partie, avec injonctionà tous les curés, d’en faire lecture au prune de leur grand’messe, les dimanches avant les Quatre-temps de Carême, de la Pentecôte , de Septembre et de l’Avent. (1) L’année suivante. M. Bourdoise obtint enfin l’objet de ses ardents désirs, par le moyen de l'Evèquc de Beauvais. Augustin Potier, aumônier de la Reine.

Ce prélat avait pour lui tant d'estime, que. n’ayant pu obtenir, pour réformer le clergé de son diocèse, deux prêtres de sa communauté, il l’avait chargé de veiller sur la conduite des clercs ses diocésains, qui étudiaient à Paris, au nombre de plus de cent; et leur avait même déclaré, dans une réunion , qu'il n’admettrait parmi eux à l’ordination . que ceux dont M. Bourdoise lui aurait rendu de bons témoignages (2). En 1631, celui-ci profitant donc de la présence de cet Evêque, qui se trouvait à Paris, obtint, par sa médiation, que l’Archevêque publiât un mandement exprès, le 21 février de cette année, ordonnant que tous ceux qui voudraient être promus , eussent à se présenter quinze jours avant l'ordination, pourètre instruits gratuitement de leurs obligations, et des fonctions de leurs Ordres. Dans son mandement , l’Archevêque ne désigna pas le local où auraient lieu ces exercices, parce qu'il pensait que ce serait à Saint-Nicolas du Chardonnet. Mais M. Bourdoise. jugeant que cette maison n'était pas assez spacieuse, jeta les yeux sur une autre, le collège des Bons-Enfants, situé sur la paroisse de Saint-Nicolas. Il en connaissait la disposition depuis qu’en 1624, ce collège étant sans exercices, et occupé seulement par quelques boursiers, on en avait loue une partie, où M. le Féronf, de l'autorisation de l’Archevêque. faisait des conférences à plus de deux cents Ecclésiastiques (3). Il pensa donc que cette maison serait un lieu trèscommode; et comme depuis l'année 1627. elle avait été donnée aux prêtres de la Mission .4). qui y résidaient, il alla parler à saint Vincent de Paul , leur Supérieur, pour lui demander son agrément.

Saint Vincent avait fait faire le premier ces entretiens à Beauvais l'année précédente, à la prière de l'Evêque : il

t M. le Féron, docteur de Sorbonne et chanoine de Chartres, dans la suite abbé de Saint-Laumer de Blois, offrit, en 1638, sa maison de Chartres pour y faire les exercices des ordinands (5). Nous parlerons de lui dans la suite et de ses relations avec M. Olier.

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Chasuble' que/ .Mr Olier Jib broder pour s 'en/ servir dans leu célébration- de ' s sa i

messe.

crut que M. Bourdoise venait lui demander le même service pour Paris, et s’en excusa, lui donnant pour raison de son refus, que plusieurs de ses confrères étant alors en mission . il n’avait personne pour donner ces exercices. M. Bourdoise leva tous les obstacles, en disant qu’on ne lui demandait que le local . et qu’on pourvoirait au reste, comme en effet il y pourvut. Car il engagea M. Hallier. l’ainé , qui fut depuis Evêque de Cavaillon, à faire lui seul tous les entretiens. C'était un ancien élève de la maison de Saint-Nicolas, où « il avait porté le surplis, disait M. Bour- » doise, plusieurs années avant que d’être sous-diacre. » Il parla deux fois par jour à ceux qui se préparaient à recevoir les Ordres, et à un grand nombre de personnes de mérite. qui venaient pour l'entendre, parmi lesquelles huit ou dix Evêques se trouvaient tous les jours. Enfin, l’Archevêque de Paris fut si satisfait du succès de ces premiers exercices, qu'il voulut qu'on les renouvelât à l'avenir avant chaque ordination (1) , et en fit même, comme on l’a vu, une condition de l'union du prieuré de Saint-Lazare à la Mission, dès les premiers jours de l'année suivante (2).

Telle fut l’origine des exercices des ordinands à Paris. Ils se répandirent de là dans les diocèses, comme nous le raconterons ailleurs: mais cette introduction s’y fit assez lentement. Aussi le Père Bourgoing, lorsqu’il publia, en 1639, son ouvrage sur les Exercices de dix jours, le premier, dit-on, qui parut en France (3), conjurait-il instamment les Evêques de les établir: se servant même de ces expressions qui montrent assez les maux déplorables de la coutume qui régnait encore : Quod ut possim impetrare, totius vitæ meæ sacrificiel , vota, precesque non dubitanter offero \ ipsosque reverendissimos et piissimos prcesules, flexis genibus, et quâ possum humilitate iterum obsecrare non verebor, ut ordinandos.... decem vel octo ad minus diebus, Deo piis exercitiis vacare (compellant), atque.. nullum prorsus ab legs sancita quovis preetextu eximant (4).

NOTE 11, p. 74. — Le Père Edme Cloyseault. prêtre de l'Oratoire, dans le Recueil manuscrit des vies de quelques prêtres de la congrégation de l’Oratoire (3), dit que M. Olier ne se serait jamais approché du sacerdoce, si le Père de Condren ne le lui avait commandé : mais il est certain que M. Olier ne se confessait point encore au Père de Condren : son confesseur était alors saint Vincent de Paul ; et M. de Bretonvilliers dit expressément, dans le chap. de l’ordination de M. Olier à la prêtrise : Son confesseur l’assura que la bonté divine l’appelait au sacerdoce.

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