‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 91 sur 249 · NOTORIÉTÉ DE L’APPARITION DE LA MERE AGNES · texte numérisé non relu

NOTORIÉTÉ DE L’APPARITION DE LA MERE AGNES

NOTE 4, p. 99. — Quoique le témoignage de la personne favorisée de quelque apparition soit seul absolument nécessaire («dictum est visiones et apparitiones non posse probari , » dit Benoît XIV (5), nisi dicto vel scripto ejus cui facta dici- » tur visio seu apparitio » ) , on ne laisse pas cependant d'appeler en témoignage tous ceux qui ont eu connaissance du fait, afin d’en fortifier la certitude de toute manière. Parmi les témoins qui déposèrent en faveur de l’apparition de la Mère Agnès à M. Olier, se trouvent des ecclésiastiques, des Religieuses, la Prieure de Langeac, Françoise des Cinq- Plaies ; la Sous-prieure. Marie-Aimée de la Vierge, et autres ; les personnes les plus considérables du pays, le marquis de Langeac, Jean-Antoine de la Rochefoucauld; Melchior de Cat, seigneur de Chillaguet-l’Estival : Jean Morin, seigneur d’Aubiat ; des officiers publics, des artisans. « Ii o innés. » dit le sous-promoteur de la foi, de re testantur in ipso scmi- » nario Sancti Sulpitii vulgatissima, atque in tota Gallia plane » notoria , maxime cùm deposuerint de re quœ maximum reli- ■>■> quit vestigium post se, quod fuit conversio ejusdem abbatis , » et erectio supradicti serninarii ; et comprobat etiam Vita ejusy dem abbatis (Olier) , impressa Parisiis, ubi apparitio facta » fuit, et ubi fructus uberrimi ex dicto seminario in totam Gai - » licanam Ecclesiam in dies redondant (6).

NOTE 5, p. 99. — D’après les Mémoires de M. Olier, la Mère Agnès lui apparut, tenant d’une main un crucifix, 'vt

DU LIVRE TROISIÈME

un chapelet de l’autre. Toutes les gravures que nous avons vues de cette grande servante de Dieu, et même celle d’Edelinck, la représentent, mal à propos, le chapelet attaché au côté et la main droite posée sur sa poitrine; son ange gardien, toujours représenté à côté d’elle sous la figure d’un enfant, devrait soutenir d’une main l’extrémité du manteau de la Prieure, et tenir de l’autre un mouchoir. Quelques graveurs se sont contentés de jeter sur ses bras la queue du manteau sur lequel ils ont représenté les instruments de la passion, parce que , en effet , la Mère Agnès éprouvait, tous les vendredis, une participation des douleurs du Sauveur dans sa passion. On conserve, au séminaire de Saint-Sulpice, un ancien tableau peint sur toile, de treize pouces de hauteur sur dix-sept et demi de largeur, où il semble qu’on ait voulu représenter le fait de l’apparition avec toutes ses circonstances particulières. La Mère Agnès debout, revêtue de la robe et du scapulaire de laine blanche, du manteau et du voile noirs, a les mains croisées sur la poitrine, et tient de la droite son crucifix, et de la gauche son chapelet. Derrière elle, et un peu de côté, on voit son ange, le genou droit en terre, soutenant de la main gauche la queue du manteau et portant de la droite un mouchoir blanc. Il a les ailes baissées, les cheveux flottants, et est revêtu d’une espèce de tunicelle blanche sur une robe de même couleur. A l’autre extrémité du tableau, on reconnaît M. Olier, aux traits de sa figure bien caractérisés; il est assis dans un fauteuil et est revêtu de sa soutane, sur laquelle paraissent son collet blanc et .ses manchettes simples , ainsi qu’une espèce de manteau alors en usage. On ne prétend pas, cependant, que ce tableau offre les traits naturels de la Mère Agnès ; ses historiens nous apprennent que, malgré les soins empressés du marquis de Langeac pour la faire peindre après sa mort, et la diligence que fit Solvain. peintre du Puy, que ce seigneur avait mandé, il fut réellement impossible de la peindre, son visage s’étant enflé de telle sorte qu il n était plus reconnaissable, quoiqu'il fût parfaitement beau dans cet état , en sorte que le peintre se vit contraint de retourner au Puy sans avoir rien pu faire (1). Immédiatement après le départ de cet artiste, le visage d’Agnès reprit son état naturel. On ne doit pas regarder non plus comme exprimant les traits naturels de cette vénérable Prieure, la gravure placée à la tète de sa dernière vie. C'est le portrait d une sainte Religieuse de l’ordre de saint Dominique , qu'on a pris mal à propos , pour celui de la Mère Agnès , ainsi qu il a été dit dans l’avertissement.

NOTE6.p. 100. — Le Père Massoulié, qui fut témoin d’une partie des discussions concernant la béatification de la Mère

(11 Vie admirable de Sœur Agnès de Jésus, 1. n. liv. vi.

c. îv. Vertus de la Mère Agnès , par M.

Martinon, in-8“ p. 18 ms. — La Vie de la Mère A gnès . par M.

de Lanlages.

NOTES

(1) Archives dti séminaire S. Sulpice. — Lett. du 28 ocl.

1103. — Carton, Mère Agnès.

Agnès, écrivait de Rome à M. Leschassier : « On ne saurait » croire jusqu’où va la critique des consulteurs ; toutes les » difficultés qu’on oppose à la canonisation des Saints, ser- » vent beaucoup pour fermer la bouche aux hérétiques, et » ils sont convaincus maintenant que si, après l’Ecriture » sainte, il y a quelque chose au monde qui mérite qu’on y » ajoute foi, c’est la sainteté de ceux que l’Eglise déclare » mériter ce titre, après les diligences qu’on a faites pour » prouver la vérité de leurs vertus et de leurs miracles (1).»

LA SANCTIFICATION DE M. OLIER ET l’ÉTABLISSSEMENT DES SÉMINAIRES SONT REGARDES COMME DES EFFETS DE L’APPARITION DE LA MERE AGNES

NOTE 7, p. 100. — Benoît XIV, après le cardinal Bona, prenant pour base les visions et les révélations de sainte (5) Benedict. Thérèse (2), adopte en conséquence l’avis des auditeurs de XIV . de serv., Rote, conçu en ce termes : « Quôd fuerint veræ... facile nobis etc., c. ui,n. » persuasum fuit, primo ex virtutibus heroicis istius beatæ » virginis : item ex effectibus resultantibus. ex iisdem visio- » nibus, nempe , humilitate profundâ, et incremento amoris » divini et reliquarum virtutum , nec non utilitate et ædifi- » catione proximorum. Si post visiones et apparitiones, dit (3 - Ibid c a j * Benoît A’/F(3), humilitas, obêdientia, cæteræque christianæ L1, r. 3. » virtutes non modo perseveraverint, sed ad sublimiorem

» gradum ascenderint in ea persona cui contigerunt visio- » nés et apparitiones , de earum qualitate supernaturali et » divina non erit ullo modo dubitandum. »

NOTES, p. 100. — Le clergé de France, dans sa lettre de 1730 au pape Clément XII, s’exprime de la sorte : «Piæ vir- » ginis cultum eô propensiùs prosequimur, quod ipsa in » Christo, si ita loqui fas est, genuerit ilium Christi sacer- » dotem insigne cleri nostri decus et ornamentum, Joan- » nem Jacobum Olier : quem dum ilia ad perfections vitæ » studium incitavit, quam bene de Ecclesia mérita sit dicere » quis sufficiat ?... Ex seminario enim Sancti Sulpitii (quod » suam huic piissimo sacerdoti debet originem) veluti ex » arce quadam, rcligionis virtutumque omnium scholà, pro- » deunt innumeri tum antistites, tum cujuslibet gradûs cle- » rici verbo potentes et exemplo... ad omne opus bonum (4) Surnmarimn 5> instructi. »

super inlrodur ^ cs prêtres du séminaire de Saint-Sulpice disaient, dans tione causes, etc. leur lettre au Pape, du 6 décembre 1702 : « Joannem Jaco- (o) Archiv. du 5> bum Olier precibus suis Christo genuit, atquc sic mater sém. de S. Sul- » nostra verè effecta est (4). » Dans une autre lettre du 1"' pice. Carton, juin 1700: « Hanc eamdem, Beatissime Pater, tanquam itiète Agnès. » matrem nostram agnoscimus et veneramur (5j. »

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Une autre lettre du mois de septembre 1701 porte : « Sum- » mum in illo Dei famulo perfectionis studium, singularem » pietatis et ecclesiasticæ disciplinæ restaurandæ zelum, » in instituendis clericis labores indefessos , virginis Agnetis » precibus ac suspiriis deberi arbitrantur. » Cette lettre est signée de MM. Leschassier, de la Chétardie, Julien de Tanoarn, de Baluze, Le Boiteux, Dyserand et autres.

« Ipsa, disent-ils encore, quæ spectabilis memoriæ virum » Joannem Jacobum Olier, seminarii nostri institutorem » Ecclesiæ demcruit. Ipsa, quæ susceptos ab eo pro Christo » labores suis promovit orationibus. Ipsa demum est, quæ » societatem nostram , in utroque orbe christianam fidem, » ordinisque sacerdotalis splendorem, quantulâcumque » operâ instaurantem , precibus suis apud Deum olim ad- » juvit, nunc etiam potentissimâ intercessione fovet et con- » firmat (1). »

Le R. P. Antoine Cloche, Général de l’ordre des Frères Prêcheurs, s’exprime de la sorte : « Hanc dum viveret, spe- » ctabilis meritis ac virtute clarissimus vir Olierius, ut ma- » trem suspexit, et magistram audivit, cujus monitis veluti » e cœlo delapsis oraculis, sanctissimo instituto sacerdotalis » ordinis splendori etgloriæ in Galliis initium dédit, ex quo » tôt alia per universum regnum seminaria diffusa sunt, a » quibus Gallicani episcopi ingentes fructus percipiunt, » quos sanè venerabili matri Agneti deberi grato animo » profitentur (2).

« Beatissime Pater, dit le cardinal de Noaillcs dans sa let- » tre du g mars ryo3, semper erit in benedictione memoria » Agnetis a Jesu : maximè verô quôd suscitaverit eximium » sacerdotem Olierium , ut collegia clericorum institueret, » in quibus sacerdotalem animum refrigesccntem ac ferè » collapsum renovarent (3). »

« Præstantissimam virginem Agnetem à Jesu, dit Pie VU » dans son décret , perfecto christianarum omnium virtutum » exercitio brevi triginta duorum annorum vitæ suæ spatio » tempora multa implesse fama ferebat, præcipuè verô cha- » ritatis quæ major illarum est, igné adeô exarsisse, ut quam- » vis intra claustra sacrarum virginum ex sancti Dominici » inclyta familia in civitate Langeaci abdita, per illius tamen » flammas foràs erumpentes, mirabiles ad Dominum con- » versiones proximi sui a lege aberrantis, extra illam, re- » motis etiam in regionibus, atque in ipsa Parisiensi urbe, » magno pietatis, religionis, cleri præcipuè Gallicani emo- » lumento et clecore, operatam fuisse, omnium ora per Gal- » lias evulgabant.

« Quamtùm fama ista veritati niteretur patuit tune, cùm » ex juris formula inquisitiones de singulis ejus actionibus » institutæ fuerunt. Harum enim tabulis in sacrorum Ri-

(1) Lettres diverses de M. Leichassier, tom. ni, fin du vol.

(2) Summarium super introductione causœ,pag.

(3) lb. p. 231 .

NOTES

(l-) Vie de la

M. Agnès, in- 12, Paris, 1803, p. 449.

(2) Yieadmi rable de la M.

Agnès de Jésus tom. n, Ms.

» tuum Congrégation perlustratis, et acri mvestigatione » cribratis tribus in concertationibus... hmc Sanct tas Su » ritè declaravit et definivit : Constare de virtutibus vene » rabilis servæ Del Agnetis à Jesu m gradu heroico dk.»

oT1r l’union DE m. OLIER AVEC LA MÈRE AGNÈS

NOTE 9, p. 103. — Responsio ad animadversiones ? eve rendissimi ' Promotoris super introductione causæ V. M. Agnetis, n. 6g, p. r5- «Non potuit igitur non esse msi san- » ctissimus, ille affectus quo serva Dei dictum abbatem dili- » gebat. Sæpius enim observatum est quasdam sanctissimas » feminas adèo nonnullos viros pietate et sanctitate exitnios ;> dilexisse, quos illis Deus modo singulari commendaverat.

■> ut eorum præcipuam curam scmper habueiint, eosque ■> continué rexerint. - Et cùm accensæ essent etiam illæ v. ardentissimo zelo conversionis peccatorum . hmc pai îtm » fuit quod Deus ipsis eosdem viros associaverit m muneio ■•> apostolico, quod ipsæ ratione sexûs publicè exercere pio

> hibentur, eosque precibus suis adjuvantes, ut iu tim-tu • •> in animarum conversione reportandos invicem di\i eien .

» Enimverô cùm duo ad veram conversionem^ necessai îa - sint, quod nempe animus intùs divinâ gratiâ mo\eatux.

et quod intellectus de rebus agendis instruatur. pnmum . suis precibus illæ obtinent , dum alterum suis conciom

> bus aut susceptis laboribus viri apostolici præstant. Quin » etiam orationibus suis à Deo illæ consequuntui . ut hujrn

> modi viris qui eorum curæ commissi sunt, Deus et umen » infundat, et occasiones subministret, in quibus majores » fructus reportent, et plures ad pœnitentiam commoveant.

Ibid. n. 70. « Et ob hune finem sanctæ Theresiæ divma » Providentia Joannem à Cruce adjunxit. ut meritis ejus- . dem vir ille apostolicus, et observantiæ regularis studio- :> sissimus evaderet, mutuamque sibi ipsis opem præstarent » in illo arduo opéré quod susceperat, perfectam in ordine » Carmelitano observantiam instaurandi.

N. 72. « Unde hujusmodi affectus servæ Dei erga dictum .> abbatem summopere commendabilis est, dum ex illo tam » ingens bonum in omnes Galliæ regni diœceses derivatum

» est. »

NOTE 10, p. 104. — «Je prie mon fidèle Époux, écrivait » un jour la Mère Agnès à M. Olier, de vous donner une • milliasse de grandes croix, lesquelles je vous souhaite pour très-humble salut (2). »

La Mère Agnès fut cependant obligée de mettre des bornes à l’ardeur de M. Olier pour la pénitence. Une fois, entre autres, qu’elle lui avait donne une discipline très-meurtrière, il en usa sur lui-mème avec une si excessive rigueur,

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qu’on craignit que la gangrène ne se mît aux plaies qu’elle lui avait faites ; en sorte que la Mère Agnès l’en reprit comme d’une indiscrétion que Dieu n’agréait pas (1). »

Il paraît qu’elle usait elle-même de cette discipline sans ménagement. Au moins elle écrivait à M. Olier : Je vous envoie la discipline, que j’ai autant lavée que j'ai pu; néanmoins les taches de sang y paraissent, comme les taches de mes énormes péchés en ma pauvre âme (2).

NOTE 11, p. 105. — La Mère Agnès avait coutume de s’appeler l’abominable ou gâte-tout. Ecrivant une fois à M. Olier, elle lui disait : Toutes nos bonnes filles ont communié pour vous et pour vos messieurs, et en particulier pour les deux que vous m’avieq recommandés ; mais Dieu veuille que je n’aie gâté tout ce que les autres auront pu faire. Une autre fois elle lui écrivait, en parlant des prières qu’elle faisait pour lui : Mais je vois bien que tout cela ne vous peut servir de rien, comme étant une pauvre misérable abîmée dans le péché (3).

NOTE 12, p. 106. — Le sous-promoteur de la foi, dans la cause de la Mère Agnès, fait remarquer que cette sainte fille devait, par ses prières, attirer la bénédiction de Dieu sur les œuvres de M. Olier, et que telle était la fin de leur union et de tous leurs rapports : «Et hujusmodi fuisse col- » loquia (id est, ut M. Agnes majores fructus obtineret abbati » Olier) atque ad id solum collimasse hujusmodi amorem » servæ Dei , habetur in summum , Num. i4 , sub § i3, ubi » postquam illi significavit ipsum à Domino fuisse destina- » tum, ut primus seminaria ecclesiasticorum in Galliis eri- * geret, eumque adhortata fuerit ut Religiosos abbatiæ Pi- ■ x beraciensis ad pristinam observantiam revocaret, deinde » subsequentia verba subjunxit : Sforsatevi procurarla più » presto che voi potete; e mentre voi operarete per questo, io » fard ora^ione (4). »

SUR LA RÉFORME DE LABBAYE DE PEBRAC, TENTEE PAR M. OLIER DE CONCERT AVEC L’ABBÉ DE CHAN-

CELLADE

NOTE 13, p. 106.— Lorsque saint Vincent de Paul écrivit au nom de M. Olier à l’abbé de Chancellade, pour l’engager à réformer l’abbaye de Pébrac , M. de Sourdis , archevêque de Bordeaux, fit à ce dernier la même demande en faveur de son abbaye de Notre- Dame-de- Sablonceaux en Saintonge. Alain, se voyant alors dans l’impossibilité de donner à l’un et à l’autre la satisfaction qu’ils désiraient , prit le parti de consulter saint Vincent lui-même, en le priant d’en conférer avec M. de Barrault, archevêque d’Arles (5), sa lumière et son conseil dans les occasions difficiles (6).

Tom. I. 9

(1) Vie Ms. de M. Olier, par M. deBretonvilliers, t. i,p. 114.

— Vie de la Mère Agnès, in- 4°, p. 507 etsuiv. — La manière de se donner à Dieu, etc., p. 394. — Année Dominicaine, etc. — Remarques historiques ,t. ni, p. 459.

(2) Vie admirable de Sœur Agnès, t. n.

(3) Vie admirable de Sœur Agnès, i.n, Ms.

(4) Responsio ad animadversiones R. promot. n° 69.

(5) Mémoires Ms. pour servir à l’histoire du tén. Alain, liasse lr',n°25. — Lettres autographes de M. Olier.

(61 Vie d’Alain de Solminihac, liv. ui.chap. vni.

NOTES

(l) Lettres aut.

deM. Olier,ibid.

Alain de Solminihac, liv. i, ch.

xxn.

Alain de Solminihac, liv. i, ch.

(4) Mémoires de M. du Ferrier, Ms. de Sainte.

Geneviève, p. 15, de la Bib. nat .

(5) Vie du Père de Condren, liv.

vu.

Après avoir pris en effet l’avis de ce prélat, saint Vincent écrivit à l’abbé de Chancellade, le 23 août 1633 : « Voici » l’avis de monseigneur l’archevêque d’Arles : il juge que » vous devez satisfaire monseigneur de Bordeaux pour le » premier, et M. l’abbé Olier le second. Mais si monsei- » gneur l’archevêque n’a fait accommoder Sablonceaux. ni » n’est sur le point de le faire, il juge que vous ferez bien » de traiter pour Pébrac. Si donc l’intention de monsei- » gneur de Bordeaux ne peut être exécutée présentement, » il faudra traiter avec le tout bon M. l’abbé Olier. Il y a » dix-huit Religieux en cette abbaye (1). » L’archevêque de Bordeaux leva sur-le-champ tous les obstacles, et l’abbé de Chancellade envoya à Sablonceaux douze Religieux de sa réforme (2).

NOTE 14, p. 106. — M. de Caulet, abbé de Foix , dont il sera souvent parlé dans cette Vie, fit la même demande à M. Alain de Solminihac, pour réformer aussi ses Religieux(3). Il consulta dans la suite la Sorbonne sur la difficulté qu’il croyait devoir faire, d’admettre aux saints Ordres des Religieux déréglés; et il fut unanimement répondu que, n’observant pas les vœux qu’ils avaient prononcés , ils n’étaient pas en état d’être promus aux saints Ordres, ni d’être admis aux sacrements, quoiqu’ils eussent protesté au Supérieur régulier, entre les mains de qui ils avaient fait leurs vœux, ne vouloir en user que de cette manière. Le motif de cette décision fut qu'un particulier n’a pas le pouvoir de se former une nouvelle règle, ni le Supérieur de le dispenser des vœux essentiels, ni même l’évêque (4).

NOTE 15, p. 110. — Le Père Cloysault, dans la Vie du Père de Condren , fait peut-être allusion au désir que M. Olier avait d’embrasser la vie monastique à Pébrac, durant cette mission , ou plutôt la suivante. « M. Olier, dit-il, faisant paraître un grand désir d’entrer « en communauté , et se » trouvant dans l’état qu’il avait souhaité , écrivit au Père ^ de Condren pour prendre une dernière résolution sur sa » demeure dans la solitude. Le Père de Condren l’en dé- » tourna fortement, sur ce qu'il reconnut que Dieu, lui » faisant estimer la retraite, ne lui imposait pas l’obligation » de la garder, et lui donnait au contraire de la capacité et » de l’inclination pour agir. Son désintéressement pour sa » congrégation parut dans cette occasion, puisqu’il n’y a » point de doute que s’il lui eût conseillé d’entrer dans la » congrégation de l’Oratoire, comme il fit au Père de Saint- » Pé, il lui eût obéi (5). »

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