‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 92 sur 249 · ACTES DU CARDINAL DE LA ROCHEFOUCAULD CONTRE LA RÉFORME DE CHANCELLADE · texte numérisé non relu

ACTES DU CARDINAL DE LA ROCHEFOUCAULD CONTRE LA RÉFORME DE CHANCELLADE

NOTE 16, p. 111. — Le cardinal de la Rochefoucauld, délégué en 1622 par le pape Grégoire XV, pour réformer, en France, les Chanoines de Saint-Augustin, avait eu d’abord le dessein de les diviser en plusieurs congrégations; et il semblait que la Providence eût suscité trois hommes doués de toutes les qualités nécessaires pour exécuter ce plan de réforme, le Père Faure à Paris, le Père Gallet dans l’Anjou, et l’abbé de Chancellade en Guyenne(l). Ce dernier, dont la réforme était plus austère , et plus conforme à l’esprit primitif de l’Ordre, avait été subdélégué en 1630 , et avait même reçu du cardinal une commission expresse pour réformer les monastères des provinces éloignées ; mais le Père Faure, élu supérieur général de la congrégation de Paris, crut qu'il était plus utile au bien de l’Ordre, de ne faire qu’un seul corps, dont le chef-lieu serait la maison de Sainte- Geneviève, et parvint à attirer à lui, non sans peine, le Père Gallet (2). Il trouva plus d’opposition de la part de l’abbé de Chancellade dont la vie dure et austère n’aurait pu s’allier avec la réforme mitigée des Génovéfains. Ceux-ci ne pouvant l’amener à se fondre dans leur réforme , et craignant que celle de Chancellade, en grande réputation de ferveur, ne s’étendît bientôt dans toute la France, crurent devoir user de l'autorité du cardinal pour en arrêter les progrès, et le concordat de M. Olier avec l’abbé de Chancellade fut le prétexte dont ils se servirent. Sollicité par les Génovéfains , le cardinal entra volontiers dans le. zèle de ces bons Religieux contre la réforme de Chancellade (3). Son intention était dès lors, quoiqu’il ne l’eût point déclaré par acte public, de ne former, selon les désirs du Père Faure, qu’une seule congrégation de tous les monastères de France ; et il agit en conséquence , contre M. Alain de Solminihac , avec une activité et une promptitude que la droiture de ses intentions pouvait seule justifier. En vain M. de Barrault, archevêque d’Arles, vint le supplier de ne rien ordonner avant d’avoir entendu l’abbé de Chancellade: il ne put rien obtenir (4). Le l"- mars 1635, le cardinal déclara que tous les monastères des Chanoines de saint Augustin ne formeraient plus en France qu’une seule congrégation, celle de Paris; et défendit de recevoir, sous prétexte de réforme , aucuns Religieux qui ne seraient pas envoyés par cette congrégation ; défense qui d’abord lia les mains à M. Alain de Solminihac : mais deux ans après, poussant les choses à l’extrémité , le cardinal ordonna, par sentence, l’union des monastères de cet abbé à la congrégation de Paris. En vertu de cette union, il était permis à chacun des

(1) Histoire des Chanoines réguliers, etc., t.H, p.

(2) Histoire des Chanoines réguliers, etc. t. ni, p.

383, 384. — Vie de If. Alain de Solminihac.

(3) Hist. etc.

t. m, pag. 714.

(4) Lettres da M. de Iiarrault à Alain de Solminihac du 21 oct . IG34.— Lettres autographes de M. Olier, p.

C9 bis.

NOTES

(1) Vie admirable de Sœur Agnès de Jésus,

t. u, Ms.

(2) Vie admirable de Sœur Agnès, t. i, Préface.

(3) Vie Ms. t. i, p 113, llâ.

(4) Responsio ad animadversiones, n* 28, p. 7.

(5) Vie de la Mit e Agnès, in- 4“. Préface.

Religieux de Solminihac de quitter leurs monastères pour embrasser la réforme des Génovéfains, ce qui devait être et fut en effet, le sujet de grandes divisions et de beaucoup de désordres. Ces monastères, qui étaient au nombre de quatre, persévérèrent néanmoins dans leurs observances comme auparavant?

NOTE 17, p. 112. — La Mère Agnès ne priait pas seulement pour les missionnaires qui s’étaient joints à M. Olier; voulant augmenter autant qu’il dépendait d’elle le nombre des ouvriers évangéliques, elle donna à M. Olier un jeune homme qui servait les messes et était occupé à la sacristie du couvent de Langeac, afin qu’il fût employé à la mission après qu’il s’en serait autant rendu capable par ses progrès dans la science, qu’il l’était déjà par sa solide piété (1).

M. OLIER CONTRIBUE PLUS QUE PERSONNE A FAIRE CONNAITRE LES VERTUS DE LA MERE AGNES

NOTE 18, p. 114. — « M. Olier, dit l’un des historiens de » la Mère Agnès, a remarqué en elle des vertus et des grâces » fort particulières, dans le peu de temps qu’il a communi- » qué avec elle, et qu’il a reçu le dépôt de tous ses secrets.

» J’omettrai, ajoute-t-il, le témoignage des personnes qui » l’ont conduite : mais il faut au moins que je dise que » l’abbé de Pébrac , maintenant curé de Saint-Sulpice , lui » attribue, après la miséricorde de Dieu, tout ce qu’il a de » bons sentiments et d’affection au bien ; et qu’il n’en sau- » rait parler que dans une telle passion de reconnaissance,

» s’il est permis de s’exprimer ainsi , que chacun juge bien » que les secours et les avantages spirituels qu’il en a reçus » sont presque infinis , puisqu’il ne fait point de fin à sa » mémoire et aux ressentiments qu’il conserve (2). »

M. de Bretonvilliers , après avoir dit que : « M. Olier re~

» connut et apprit que c’était elle qui lui était apparue à » Saint-Lazare (3), » ajoute « que le serviteur de Dieu re- » marqua en elle un tel prodige de sainteté et de grâces,

» qu’il n’en a jamais parlé jusqu’à sa mort sans admiration,

» disant souvent qu’il n’avait rien vu de pareil. »

NOTE 19, p. 114. — M. Olier prit la plus grande part à la composition de la Vie de la Mère Agnès. « Insignis Reli- » giosus ordinis S. Benedicti, » lit-on dans les procédures » pour la canonisation de cette sainte fille, « vitam servæ » Dei scripsit excepitque e monumentis quæ illustrissimus » D. Carolus de Noailles, episcopus S. Flori , ad D. Olier,

» abbatem Piperacensem, transpaiserat (4). » Ce fut M. Olier qui fit composer, par ce Religieux demeurant à l’abbayé d,e Saint-Germain-des-Prés (S), la Vie dont on parle ici, et qui

DU LIVRE TROISIEME

est demeurée manuscrite. On en conserve un exemplaire au séminaire de Saint-Sulpice en deux volumes in-8°, sous le titre de Y admirable Vie de Sœur Agnès de Jésus. L’auteur dit, dans la préface composée en 1647 : « Monseigneur l’évê- » que de Saint-Flour. à présent de Rodez (M. de Noailles),

» envoya, il y a quelques années, à M. Olier, curé de Saint- » Sulpice à Paris , les Mémoires de la Vie de cette sainte » fille , avec prière de les voir, les ajuster et les publier.

» M. le curé me les mit en main avec plusieurs lettres et » autres papiers concernant la même Vie, afin d’en faire » un corps d’histoire. » Au livre VI, l’auteur, parlant du Serviteur de Dieu sans le nommer, renvoie au livre suivant le récit d’une grâce extraordinaire que la Mère Agnès, après sa mort, obtint à M. Olier. Mais ce septième livre n’existe pas dans l’exemplaire que nous citons; il fut sans doute supprimé par M. Olier lui-même , à qui il paraît que cet exemplaire a appartenu. En effet, à la fin du chap. 4e, liv. VI, l’on a supprimé un récit du même genre, relatif à M. Olier (1). On y voit aussi qu’on envoya de Langeac à tes. Romce, 1806, M. Olier les Mémoires du Père Panassière. n° 329, p. 10T.

NOTE 20, p. 114. — La dévotion que les ecclésiastiques de Saint-Sulpice eurent pour la Mère Agnès contribua si efficacement à établir la haute réputation de sa sainteté, que les évêques de France en demandant sa canonisation, alléguèrent pour motif principal les fruits si heureux qu’avait produits sa tendre affection pour M. Olier. De là encore le sous-promoteur de la foi disait devant Pie VII, lorsqu’on discutait l’affaire de sa béatification : « Qu’il suffirait à la » Mère Agnès d’avoir procuré la conversion du célèbre abbé » Olier, de laquelle, non moins que du séminaire de Saint- » Sulpice, le clergé et le royaume de France ont retiré une » si grande utilité, et Dieu l'augmentation de sa gloire (2). » (2 )Respons. ad Nostrce Agneti satis foret conversio celeberrimi abbatis Olierii: novissimas aniex qua, ac à se fundato seminario Sancti Sulpitii, clero ac madversiones,p. regno Gallice tanta accessit utilitas, decus et augmentum Dei ipsius gloriœ.

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