‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 103 sur 331 · VOCATION DE M. LOUIS TRONSON · texte numérisé non relu

VOCATION DE M. LOUIS TRONSON

son, n'a jarnais voulu dire un mot pour avoir des sujets: je le sais par ma propre expérience (1) ; » «t, ce qui n'est pas moins remarquable, M. Tronson, qui éprouvait déjà le désir de se donner à la compagnie de Saint-Sulpice, n'en disait rien de son té à M. Olier, attendant d'être appelé de Dieu comme Samuel. A la fin cependant, ne pouvant plus résister à l'attrait intérieur qui le pressait, il alla trouver le serviteur de Dieu et lui denanda en grâce d'être admis dans sa compagnie. M. Olier, alors malade et alité, le reçut avec actions de gràset en témoigna, le jour mème, sa reconnaissance à Dieu par une action qu'on ne saurait attribuer qu'à une inspiration d'en haut. Car il fit assembler toute la communauté dans la chapelle, au son de la cloche, et chanter le Te Deum pour remercier Dieu d'une grâce particulière qu'il avait accordée au sé minaire ce jour-là + (2). La suite justifia ces hautes espérances : chacun sait combien M. Tronson, dans la conduite du séminaire de Saint-Sulpice, sacquit la confiance et l'estime du clergé. Fénelon écrivant à Clément XI pour la canonisation de saint Vincent de Paul, disait à ce saint Pape : « Je me »glorifie d'avoir été nourri par M. Tronson des » paroles de la foi, d'avoir été formé par ses soins à » la vie cléricale, d'avoir cr à l'ombre de ses ailes ; et certes, il n’y eut personne, si je ne me trompe, » qui lui fùt supérieur pour l'amour de la discipli- > ne, l'habileté, la prudence, la piété, enfin pour la > sagacité à juger des hommes (3). »

Telle était la conduite de M. Olier dans le choix des sujets qui se destinaient à sa compagnie, voici

+ Le jour que le vénérable serviteur de Dieu, Grignon de Montfort, entra au petit séminaire de Saint-Sulpice, on rétita le soir à la prière le 7e Deum, et les jeunes gens, sans qu'on leur en eût dit le motif, comprirent aisément que c'éuit pour remercier Dieu de l'entrée d'un si saint confreté (4),

(1) Lett. de M.

Tronson à MM.

du séminaire de Clermont, 1. x1, p. 19,

(2) Récit de la mort de M.Tronson, par M.

Bourbon. —Vies Ms. de Grandet, t1,p. 621 et suiv.

(3) Epistolæ ad SS. D. N. Clementem Papam XI. Rome, in-f° 1709, p. 64, 65.

— OEuvres de Fénelon.Correspondance, t. 11p. 104.Lett. 126, 20 avril 1706.

M. Olier exerce ces disciples à l'anéantissement intérieur et aux fonctions ecclésiastiques.

(4) Vie du vénérable serviteur de Dieu, Grignon deMont:

tort, p. 41.

(1)Divers écrits spirit.de M.Olier t 1, p. 61, 62,

192 PARTIE 1. LIVRE 1V. — 1649 ct suiv.

comment il les formait à l'esprit de leur vocation « Il plait à Dreu, écrivait-il, de me faire voir la n- » cessité de dresser des règles pour le séminaire » intérieur +, qui est celui de la jeunesse qui «& > donne à nous afin de continuer notre dessein, Le » principal de ces règles va à l'avancement du prr. » grès spirituel et intérieur. Leurs chambret

» doivent ètre très-pauvres et dénuées de tout or- » nement ; tous devant se contenter du nécessaire, » comme de leur lit, leur chaise, leur table, ave » une petite image pour prier, étant plus à Dr » par la foi, que par tous les secours du mor- » de (1). On aura soin de les bien exercer à l'anéar- » tissement intérieur et extérieur, à l'abjection, à » l'humiliation, la patience, la mortification et au- » tres semblables vertus, afin qu'ils soient des » sources très-fécondes pour arroser les plantes du » séminaire. Désirant s'appliquer toute leur vie au » service des prètres, :l faut en effet qu'ils soient » des sources de grâces très-abondantes et très- » pleines pour nourrir les sujets qui vienn

» prendre l'aliment et la vie dans la maison,

» qu'ils soient comme autant de fondements apos- » toliques de la maison spirituelle du Seigneur. On » doit les appliquer aux exercices les plus bas etles » plus vils de l'Eglise, leur donner de l'amour pour » la maison de Dreu et pour sa beauté intérieure et » extérieure, et mème les employer à des fonctions » qui les nourrissent dans cet esprit : comme à net- » toyer l'église, surtout le chœur, le lieu qui appar- » tient au clergé. Il faut les appliquer à frotter les » marche-pieds de l'autel, les chaires et les bancsoù » reposent les prêtres, en un mot, tout ce qui est » dans l'enceinte du chœur. Le prochain, voyant ce » soin et cet amour pour l'église, ne pourra s'em- » pècher d'estimer cette sainte maison et même de

+ Le séminaire intérieur était le noviciat de la compagnit de Saint-Sulpice, connu ensuite sous le nom de Solitude.

»S C » mèêm » trer » sorte, tres 8 » ment » lieux )une ss CCS EX » temps >santr lieu € l'ordre » lement » fonctio » procha » esprit s »uns se » Cures, » ministé Pour i dévoueme content d de et d' hit vœu, messe par Cest ce q à cet effet iestent qu lance de la an la persc ét son très son exem!} d'hostie et lusqu'à la f ulte du tr CiRisr étal M. Olier double pro Tom. nr.

ocation ir la ntsminaire e qui se ssein, Le : du pr.

mbreti tout orbcessaire, ble, ave s à Dur du morà l'ancarection, à ion et ausoient des plantes du eur vie ai a'ils soient es et trèsi vienn maison,

qui apparfrotter Les

compagnit Solitude.

»s croire heureux de contribuer ensuite lui- » même à son ornement. Les clercs destinés à en- » trer dans le corps du séminaire, s'exerçant de la » sorte, donneront exemple et édification aux autres séminaristes qui apprendront par là com- » ment ils seront obligés de se comporter dans les lieux où ils serviront Dieu, et prendront mème une sainte jalousie de s'appliquer eux-mêmes à » œs exercices. Il faudra de plus les employer de \ temps en temps au soin de la sacristie, leur fai- » sant ranger et ajuster ce qui peut être tiré de son » lieu et de sa place, afin que chacun apprenne l'ordre qu'il faut y mettre. Ils doivent être éga- » lement formés au culte divin, comme aussi aux » fonctions du saint ministère qui regardent le » prochain, parce qu'ils doivent aussi répandre cet » esprit sur les sujets qui se présenteront, dont les » uns seront chanoines et les autres appelés à des vcures, à des vicairies ou à d'autres semblables » ministères (1). »

Pour inspirer à ces disciples choisis cet esprit de dévouement au clergé et à l'Eglise, M. Olier, non content de leur inspirer les sentiments de servitude et d'hostie dont nous avons vu qu'il avait hit vœu, leur en faisait faire encore quelque pronesse particulière lorsqu'il les en jugeait capables. Cest ce qu'on voit par une formule qu'il composa à cet effet et qu'on trouve dans ses écrits. Ils y prokstent qu'ils s'offrent au Père éternel, sous l'assistance de la très-sainte Vierge et de saint Joseph, et en la personne de Jésus-Crrisr, sa parfaite hostie et son très-fidèle serviteur, pour vivre et mourir à son exemple dans des dispositions continuelles d'hostie et de servitude, en toutes les occasions \squ'à la fin de leurs jours ; et ils se consacrent au tulte du très-saint Sacrement par lequel JÉsus- Crisr établit ces sentiments dans les àmes (2).

M. Olier leur expliquait ainsi l'étendue de cette double profession. « L'esprit de servitude à Jksus-

(t)Divers écrits spirit.de M.Olier t.1,p.117, L8, 119, 120.

M. Olier désire que ses disciples fassent profession de servitude à Jésus- Curisr et à l'Eglise.

(2) Ibid.t.1, p.

CERN

(1)Diversécrits de M.Olier,t.1,p.

Cet esprit de servitude est nécessaire à tous les prètres et même à tous les par-

faits chrétiens.

(2)Ibid,, p.25,

194 PARTIE III. LIVRE 1V. — 1649 et suiv.

» CHRIST et à l'Eglise emporte l'obéissance au moin- » dre des membres de l'Eglise, auquel on est ainsi » obligé d'obéir; il emporte la pauvreté, en sorte » qu'on n'ait rien à soi : car tout ce que le serviteur » acquiert, il l'acquiert à son seigneur; l'humilité, » qui nous tienne toujours en esprit aux pieds de » tout le monde, comine le serviteur est obligé de » le faire à l'égard de son maître, chaque particu- » lier de l'Eglise étant censé notre maître; il em- » porte l'amour des souffrances, en sorte qu'on » souffre toute espèce de mépris, d'opprobre, d'ai- » fliction, de peine pour le service de l'Eglise. Il » n'y a ni chaud, ni froid, ni faim, ni soif, ni travail » ni mépris, ni contradiction que le serviteur nt » doive endurer pour procurér les intérêts de son » maître, serait-ce de la part du maitre lui-même, » recevant avec paix et soumission les mauvais » traitements qu'il voudrait luiinfliger, et tâchant » en toute humilité de regagner son cœur (1). »

» À proprement parler, l'esprit de servitude est >» une grande puretéd'intention avec un désir ardent » de la gloire de notre Maître. Alors nous ne sen- » tons point de jalousie quand il est plus aimé, ho- » noré et glorifié par les autres que par nous, nous » en éprouvons au contraire une parfaite complai- » sance ; et c'est le signe que nous ne nous recher- » chons point dans notre travail et que ce nest » point dans un esprit mercenaire que nous agis- » sons (2). Pour nous conduire donc en véritables

» et fidèles serviteurs, il faut, en commençant ur

» action, nous souvenir de ce que dit Notre-Sei- » gneur: Celui qui veut être mon disciple, quil > renonce à soi-même; comme, par exemple, en » prèchant, qu'il renonce d'abord à l'estime: en » confessant, qu'il renonce à toute complaisance: » en priant, qu'il renonce à sa satisfaction et à ses » goûts ; en communiant, qu'il renonce à toute re- » cherche des dons de Dieu; en conversant, qui » renonce au désir d'être aimés des hommes ou dé

: leur ci ‘ renon( » nONCE » nonce » vertu, > Mais q » tions d »qu'ila » In omn à Donc, » servite ) marque » Epitres > Nagir » CHRIST | » mortific >qu'il fai amour | ardent « » de plus davantas du mép afin qu’e > VIONS ri > De cet qui empc > Vivre qu’ : l'occasion Eglise, E »nêtre plu Ses lois, s Pour ne & louanges ?SOuvenar ‘fois sépar:

PTIES, pour >\ivaient Lo) }aUX sacrifi ? Son corps,

div. LF

ce au moinon est ainsi :, en sorte le serviteur

l'humilité, 1x pieds de st obligé de ue particu-

leur complaire: en buvant, en Mangeant, qu'il ‘ renonce à toute sensualité; en étudiant, qu'il re-

»nonce à la curiosité ; en S'habillant. qu'il re- » n0nCe au désir de Paraitre ; dans l'exercice de la » vertu, à l: ais

» tions de JÉsus-Crr > Qu'il avait d'honorer son Pé

ré et de lui plaire ( 1). (t)Diversécrite

re: ilem- » In omnibus honorificetur Deus Per Jesum Christum. HA ep ; orte qu'on ) Donc, Pour être vrai Chrétien, il faut être vrai 28, "UP obre, d'ai- » serviteur de JÉSUS-Cnrisr, Comme saint Paul Je : l'Eglise. Il ? marque lui-même au commencement de ses F, ni travail Ù Epitres : Paulus servus Jesi erviteur ne ?nagir rêts de son

lui-même, es mauvais

et tâchant ur (1).»

rvitude est lésir ardent

a croix us ne sen- de la pauvreté, de la Souffrance, s aimé, ho ù afin qu'au Service de notre Maître nous ne trou-— (2) Ibid p- 31 | nous, nous DONS Ti ni none arrAte chemin (9), # he e complai- » De cet esprit de servitude nait celui d'hostie, VII. ous recher- RE ‘emporte Ja disposition

1e ce n'est nous agis- \ véritables ençant uné Notre-Seiciple, quil emple, en estime; en iplaisance jon et à ses a toute resant, qui mes ou d?

"VVrE qu'à Dieu Seul, en attendant le temps et Se que ses ""0CCasion de se sacr

DST GE à É disciples viificr à lui pour le bien de son vent en esprit Mmes censés d'hostie,

€ temple de Dev. Elles ne nt plus pour elles-mêmes, étant destinées

?aUX sacrifices : ainsi il erdu le soin de

"Son corps, l'amour de sa santé

(1)Divers écrits

spirituels, etc.

(2) Ibid. p.19,

Examen de conscience

pour les aspirants à la société de Saint-

Sulpice.

196 PARTIE 111. LIVRE 1V. — 1649 et suiv.

» la vie. Si l'on mange, ce doit être commeles » hosties du temple, toujours sous le couteau et; » la vue des autels, en attendant la mort, et con- » servant la vie pour le moment du sacrifice. Elles mangeaient toujours plus pour mourir que pour vivre : ainsi en doit-il être de celui qui vit en cet esprit d'hostie. Il doit être comme serait un ange en un corps, avoir toujours les yeux sur Dur, tendant incessamment à lui pour l'aimer, l'adorer, le servir, comme une pure flamme qui s'éleve et qui tend au ciel (1), ou plutôt comme Jésus » CHRIST au très-saint Sacrement, qui veut nous » rendre participants à son esprit d’hostie en nous » cammuniant à sa chair sacrée (2). »

Voilà en abrégé ce que M. Olier appelle le principal des règles pour le séminaire intérieur, ete fondement du progrès spirituel. « Puis il ajoute: » Un moyen pratique sera d'assembler, une foi » chaque semaine, les jeunes Messieurs, pour qu'ils » rendent compte des fautes qu'ils auront faites » contre les capitales vertus du christianisme et de » la profession cléricale. Et mème le soir, ils s'exa- » mineront sur ces chefs que je vais exposer, et dont » ils doivent avoir le souvenir perpétuel devant les » yeux, pour n'en point oublier la pratique et l'exer- » cice. Pour cela ils auront chacun un mémoire de » ces vertus, écrit à la main, dans leurs cham- » brettes ;, par exemple :

» S'ils ont failli contre l'amour de la croix;

» S'ils ont failli contre l'amour de la pauvreté, de » la souffrance, du mépris ;

» Contre la haine d'eux-mêmes, en se recher- » chant en ce qu'ils ont fait, au lieu de renoncer » à toute propre satisfaction et à tout inter » propre;

» S'ils ont manqué contre l'amour des ennemis » contre la religion intérieure, en ne rapportant pa » leurs œuvres à Dieu, ou à JÉsus-CurisT Notre- » Seigneur ;

» sa patie:

» S'ils : l'église » devoirs

» œuvres!

> S'ils ( > choses » fait JÉst » S'ils « > MŒUFS ; » S'ils o

» support » S'ils or » clercs, q:

» S'ils or » JÉsus-CE » S'ils or Mais, su ses disciple ment de |” dont JESUS.

reloppe da Pietas semi pose trois 1 la très-sain la Croix et ment de |] du Sauveur brassera cet portera ave nes et des sur elle ave Prètres fuie:

du siècle, to

r. IL FORME LES SUJETS DE SON INSTITUT. 197

omme les » S'ils ont failli contre la religion extérieure en iteau et à l'église, ou en particulier, aux Offices et autres , €tcon- » devoirs de la religion ; ice. Elles » S'ils ont marché tout Je jour en la présence que pour » de JÉsus-CHrist Notre-Seigneur, portant parvit en cet » tout son intérieur devant les yeux pour l'adorer t un ange » et le former en eux; sur Div, » S'ils ont été fidèles, au commencement de leurs er, l'ado- , œuvres, à se recueillir, selon qu'il est marque ; qui s’élé- »S'ils ont vécu selon la foi, regardant toutes me JÉsus » choses dans les sentiments et l'estime qu'en a veut nous » fait JÉSUS-CHRIST ; e ennous M S'ils ont fait paraître JÉsus-CHrisr en leurs > MŒUTS ; le le prin- MR » S'ils ont fait paraître sa douceur, son humilité, ieur, et le » sa patience, sa charité, son obéissance, et son il ajoute: » support du prochain ; | o Divers tri , une foi » S'ils ont, entre autres vertus, pratiqué celle des M 62, 63, 66. pour qu'ils » clercs, qui est la modestie ù e sean sir ront faites » S'ils ont vécu dans l'esprit de servitude envers ne er eecléisme et de » JÉsus-CHRIST et ses membres ; siastiques. Nan- , ils s'exa- » S'ils ont aussi vécu dans l'esprit d'hostie (1). » tes,chez Merson. ser, et dont Mais, sur toutes choses, M. Olier recommande à X. devant les M ses disciples d'aller puiser dans le très-saint Sacre- MALE F4 Le et l'exer- ment de l'autel cet esprit de servitude et d'hostie are de S émoire de dont JÉsus-CHrisT est la source. C'est ce qu'il dé- Sulpice enrs cham- DS veloppe dans un petit écrit connu sous le titre de vers le très- Pietas seminarii Sancti Sulpitii, où il leur pro- Saint Sacre- Oix ; pose trois moyens pour se remplir de cet esprit: Mntla Croix

\ ‘ he Es et l'Evangile.

auvreté, de h très-sainte Eucharistie, dont on a parlé ailleurs,

à Croix et l'Evangile. Après le très-auguste sacrese recher- BR ment de l'Eucharistie, la société vénérera la croix renoncer M du Sauveur qui nous montre ses œuvres. Elle emut intérè D brassera cette croix nue, pauvre, méprisée. Elle la

portera avec joie, ne se lassant jamais des caloms ennemis. D nes et des persécutions, et demandera de mourir sortant pas M sur elle avec Jésus-Cnrisr. Que les clercs et les sr Notre- D pitres fuient donc avec horreur toutes les pompes

du siècle, tout ce qui flatte les sens, ce qui plaît aux

(1) Manuel du Séminariste, t.

11, p. 306. — Pietas seminarii S.-Sulpitii.

Esprit de la compagnie de S.-Sulpice.

198 PARTIE III. LIVRE 1V. — 1649 et suiv.

yeux, au goût, aux oreilles, au toucher: que cha. cun, pour entretenir en soi cet état de mort vive en esprit de pénitence, qu'il châtie son corps, ke réduise continuellement en servitude, et, au com. mencement de chaque action, renonce à son propre esprit et s'abandonne à celui de Notre-Sci. gneur. Enfin, pour imiter JÉsus-CHRIsT avec plus de facilité et considérer sans cesse ses divins exem. ples, ils porteront toujours avec eux, outre l'image de Jésus crucifié, le très-saint Evangile ; et comm: l'Eucharistie contient JÉsus-CHrisr avec tous ses

sentiments et toutes ses vertus adorables, ils de. R

manderont et chercheront avec confiance danse sacrement la grâce de suivre les exemples et d'otserver les préceptes qu'ils auront vénérés danse saint livre (1).

Pour ne rien omettre de ce qui peut faire connai tre l'esprit de la société, nous rapporterons encor: ici un passage des Mémoires de M. Baudrani qu'on peut considérer comme un résumé fidèle de tout ce que M. Olier a laissé sur cette matiér » Les prêtres du séminaire de Saint-Sulpice, dit-il, » doivent être tout dévoués au culte de la très. » sainteettrès-auguste Trinité. Leur silence et leur » retraite, dans le séminaire, doivent leur servir » pour honorer le silence et le repos des trois Per- » sonnes divines dans le ciel; et comme tous les » trésors de la nature et de la grâce et tous les » mystères de l’'HommEe-Dieu sont des fruits et des » dépendances de ce grand mystère, toutes leurs » actions et leur conduite doivent tendre à l'honc- » rer. JÉSUS-CHRIST, souverain prêtre, tient auss »un rang éminent dans leur cœur, et commei » n'est venu que pour être le prêtre et la victime » qui s'immole à la gloire de la très-sainte Trinit » les prêtres du séminaire doivent être des prêtres »et des hosties consumées dans le feu de soû » amour et immolées à son service. [ls ne sont, par » leur caractère, que l'extension de son sacerdoi

> éterne » de son » ment € » de ses » Leu »contint »leur p » divine »rien q » Père Ë » Fils, le » s'exercé » laquelle > JÉSUS, » sacrifie » dans le » doit êtr » les intü » sont les

| » sainte

» Mono >avec pa >Croix; & > principe tion des »cique p » DIEU, € » amoure!

»le monc > cherche tion des rien des attendre > plus sou » des vœu » quelque » prêtre di

Afin de ment pe

que cha.

1ort. vive corps, le , AU Com- | SON pro- \Notre-Sei- ‘avec plus ins exemtre l'image et comm:

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ce danse es et d'otrés dans

ire connai "ons encor:

Baudrand, \é fidèle de te matière.

pice, dit-il, de la très ence et leur leur servir s trois Pere tous les et tous Les ruits et des outes leurs e à l'honctient aussi t comme i t la victime te Trinite, des prètres feu de s01 e sont, par sacerdoct

> éternel ; ils doivent aussi être remplis de sa vie et » de son esprit, être revêtus de ses états d'abaisse- » ment et de gloire et pénétrés de ses sentiments, » de ses mystères et de ses vertus.

» Leur union avec la Mère de Jésus doit être »continuelle. Ils sont obligés de reconnaitre que »leur puissance n'est qu'un écoulement de sa » divine maternité. Comme sa fécondité, qui n'a »rien que de saint, est fondée sur la vertu du » Père éternel ét qu'elle ne se termine qu'à son » Fils, le Saint des Saints; aussi leur sacerdoce ne » s'exerce que par la vertu du Père Cternel dans la- » laquelle ils entrent, et il ne se termine que sur » Jésus, qu'ils produisent sur nos autels et qu'ils » sacrifient à sa gloire. La vie de Jésus en Marie, » dans les ardeurs et le zèle qu'elle a pour Dieu, » doit être la vie qui les anime. Leurs intérêts sont » les intérèts de JÉsus, leurs désirs et leur esprit » sont les désirs et l'Esprit de Jésus vivant dans sa » sainte Mère.

» Monorer Dieu; aimer Jésus et Marie; porter avec patience et amour la part qu'il donne à ses croix; se mettre aux pieds de tout le monde, et > principalement des ecclésiastiques à la sanctification desquels on travaille; ne s'attacher à ceux- » ci que pour établir dans leurs cœurs le règne de » Du, et conserver à leur égard l'esprit d'une » amoureuse et continuelle servitude: vivre dans »le monde, séparé du monde, sans prétendre y » chercher autre chose que la croix, la sanctifica- »tion des prêtres et le salut des âmes; n'attendre s rien des créatures quelles qu'elles soient, mais

attendre tout de Dieu seul; vivre sans vœux, 65, 66.

» plus souple et plus dépendant que ceux qui font

(1)Mém. de.

Baudrand, p.

M. Olier exi-

» des vœux ne le sont de leurs supérieurs: voilà ge que ses ec- » quelque chose de ce qui est requis pour être un clésiastiques

» prètre du séminaire de Saint-Sulpice (1). » Afin de maintenir à jamais l'esprit de désintéres-

se contentent de la nourriture et du vè-

sement parmi ses prêtres, M. Olier voulut que ke ent.

LES

se me

200 PARTIE III. LIVRE 1V. — 1649 et suiv.

Ki chacun se contentât de la nourriture et du vêtc- | | ment ; et cette pratique a toujours été regardée comme essentielle à l'esprit de leur institut +. Son

désir n'était pas néanmoins de les voir se dépouiller

+ M. Tronson ayant appris que quelques particuliers pro. posaient de porter atteinte à cet usage, il leur écriviten'ces termes : « Le moyen de donner à chacun un petit fonds » dont il disposerait, suivant ce qu'il pourrait dépenser, se. » rait assurément plus agréable aux particuliers. Maisil est » tellement contraire aux vues de notre très-honoré Père «t » fondateur M. Olier, et tellement opposé à l'esprit de h » compagnie, qu'il ne faut le regarder que comme une pure » tentation. Plusieurs l'ont eue, et du vivant de M. Olier, e: » depuis sa mort. Quoique ce point fût pour l'un des prêtres » de la compagnie qui travaillaient davantage, l'occasionde »se retirer, M. Olier ne crut pas, après beaucoup de prières, » qu'on dût rien relâcher de cet esprit de détachement qui: » attiré tant de grâces sur son œuvre, et qu'on a toujours » regardé comme unc des principales sources de toutes les » bénédictions que Dieu répand dans le séminaire et la com » munauté de Saint-Sulpice.

» M. Olier étant mort, je me souviens qu'on fit encore cette » même proposition; mais quelque bonne qu'elle parût pour » contenter certains particuliers, on demeura très-convaincu » qu'il était de la dernière conséquence de conserver tou- » jours le même esprit; que la ferveur et la grâce diminue » raient notablement dans la compagnie, si l'on se laissait » aller à donner cette petite satisfaction à l'amour-propre; » et qu'enfin l’on ne pourrait s'écarter des sentiments et de » la pratique de M. Olier, sans sortir de son esprit et de sa » grâce, et par conséquent sans détruire son ouvrage tt » ruiner lacommunauté, Vous devez juger après cela quelles » peuvent être mes pensées et quelles doivent être aussi celles » de toutes les personnes qui regardent M. Olier comme un » saint fondateur. Elles doivent sacrifier avec joie toutes » leurs vues, quelque importantes et raisonnables qu'elles » leur paraissent, afin de suivre les lumières que Dieu luia » données pour la perfection aussi bien que pour l'établis- » sement de son œuvre. Il est vrai que, dans le monde, on » regarderait comme des bagatelles des choses de cette na- » ture, qui en effet ne seraient pas de conséquence pourdes

Nat » particuliers; mais elles sont des points capitaux dans une end à 2! » communauté, où l'on doit mettre pour règle inviolable cet TT. v, Autun, » avis du Sage: Ne transgrediaris terminos quos posuerunl p. 9o, 99, 219. » paires tui (1). »

john

(1) Lett. de M.

de leurs vreté : il villiers, leur cons ge des bic « Par là, 4 » Provide » ployés » de la pa » pêche d » téet de q » les pau » cieux le de pauv l'exemple » écrivait » revenus si détaché gler lui se s'est vu où naie, ne la nir. Il dis je ne suis p Cependa tienne et « Dieu s’efto c'était le rt propres. R leur en in:

personne « vents disci naissait le :

eut le dési Richelieu, :

bonne éduc un service lk mettait gnité émine vent. Comi

lu vête- "égardée t +. Son ‘pouiller

uliers pro ivitences ctit fonds )enser, sc- Maisil est ré Père ct sprit de là C une pure M. Olier, e!

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ncore cette parût pour -convaincu server toudiminuese laissait ure-propre; ents et de it et de sa ouvrage ct ela quelles aussi celles comme un joie toutes s qu'elles Du luia r l'établisnonde, on e cette nae pourdes

k dans une iolable cet posuerunt

de leurs biens patrimoniaux ou faire vœu de pauvreté : il ne permit jamais ce vœu à M. de Bretonvilliers, malgré ses longues et vives instances. Il leur conseillait de se dépouiller seulement de l'usage des biens en en conservant toujours la propriété. «Par là, disait-il, nous demeurons dans l'état où la » Providence divine nous a mis : nos biens sont em- * ployés pour sa gloire et nous possédons l'avantage » de la pauvreté, qui est de n'avoir rien qui nous em- » pêche de vaquer à Dieu seul. C'est de cette pauvre- » téet de ces pauvres qu'il est dit : Bienheureux sont » les pauvres en esprit, parce que le royaume des » cieux leur appartient (1). » C'était aussi le genre de pauvreté dont M. Olier donnait lui-même l'exemple à ses disciples. « Il a été bien des années, » écrivait M. Tronson, sans vouloir disposer de ses » revenus, ni même sans les toucher (2). » Il était si détaché des biens temporels, qu'il ne pouvait régler lui seul ses comptes, et que plusieurs fois il s'est vu oblige de demander la valeur de la monnaie, ne la connaissant pas, ou en perdant le souvenir. Il disait alors avec simplicité: Vous voyez que je ne suis point fait pour ces sortes de biens (3). Cependant de toutes les pratiques de la vie chrétienne et ecclésiastique celle que le serviteur de Dieu s’efforçait le plus d'inculquer à ses disciples, “était le renoncement au jugement et à la volonté propres. Rien ne montre mieux combien il avait su ur en inspirer l'amour, que ce qui arriva en la personne de M. d'Hurtevent, l’un de ses plus fer-

L vents disciples. La duchesse d'Aiguillon, qui con-

naissait le mérite et la vertu de cet ecclésiastique, eut le désir de lui confier l'éducation de l'abbé de Richelieu, son neveu; et M. Olier, jugeant qu'une bonne éducation donncée à ce jeune seigneur, était un service public rendu à l'Eglise, où sa naissance k mettait à mème de remplir un jour quelque dimité éminente, proposa cet emploi à M. d'Hurtewat. Comme entre une simple proposition, de la

(1) Introduction aux Vertus chrétiennes, par M. Olier, ch. 1x.

De la pauvreté, 3° sect.

(2) Lett. de M.

Tronson, t. v, Autun, 21 juillet 1681, p. 120.

(3) Esprit deM.

Olier, t. 111, p.

XIIT.

Exemple remarquable de détachement dans la personne de M.

d'Hurtevent.

Fr

en

(1) Principal:s Vies desPères du Désert, par le P.

Ange Marin, 11, liv. ut, chap. 7, p. 448. — Vie du Père Jean

Chrysostome, par Boudon, p.

(2) L'Esprit de M. d'llurtevent, par M.Maillard, As. in-8°, p. 39 et suiv.

209 PARTIE 111. LIVRE 1V, — 1649 et suiv.

part de M. Olier, et un commandement exprès, il n'y eut jamais pour ses enfants d'autre différence que celle des termes, M. d'Hurtevent l'accepta aus. sitôt, mais avec des répugnances qu'on aurait peine à imaginer. Toutefois, il les surmonta si courageusement et sut tellement étouffer les dégoûts qu'il éprouvait en vivant ainsi au milieu des gens du monde, que plusieurs personnes bien intentionnées jugèrent que cette nouvellekposition le détcherait infailliblement de Saint-Sulpice, et crurent devoir en avertir M. Olier. Celui-ci, à qui Drev re tirait de temps en temps ses lumières, commeilen use à l'égard des Saints favorisés du don de lire les secrets des cœurs (1), ne pénétra pas, dans cett: circonstance, les véritables dispositions de M d'Hurtevent, et lui donna bientôt à connaitre, par son visage triste et un air d'inquiétude, qu'il y avait dans sa conduite quelque chose qui lui déplaisait M. d'Hurtevent en fut excessivement affligé. Il savait, par expérience, que M. Olier découvrait trèssouvent dans ses disciples des défauts qu'ils ignoraient eux-mêmes ou des choses qu'ils croyaient être fort cachées: il crut donc être tombé dans quelque faute. Mais apprenant les avis qu'on avait donnés à M. Olier, il montra alors combien il avait su profiter à l'école d'un si saint maitre; car, au lieu d'aller lui découvrir ses vrais sentiments ou de chercher quelque consolation dans les créatures, il préféra passer, dans l'esprit du meilleur des pères et dans l'opinion de ses amis, pour un enfant infdèle, afin d'embrasser généreusement cette croix, la plus grande qu'il eût jamais portée. Il voulut laisser détremper quelque temps son cœur dans le fiel et l'amertume, pour honorer les dispositions adorables de Notre-Seigneur dans sa passion ; etil eût même enduré cette peine toute sa vie, si le respect et l'amour filial qu'il avait pour M. Olier, afiligé à son occasion, ne l'eussent enfin déterminé à lui découvrir ses vrais sentiments. (2).

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La vie de M. de Lantages offre un exemple non moins remarquable de mort au jugement propre. Étant déjà prètre, il éprouva les peines d'esprit les plus étranges, jusque là qu'il lui semblait renou— veler le crime de Judas toutes les fois qu'il montait au saint autel. Dans une extrémité aussi affligeante, ilconjura M. Olier de trouver bon qu'il ne dit pas la sainte messe tous les jours, ou qu'il se confessät avant de la dire, Maïs ayant reçu l’ordre de célébrer chaque jour, ét de ne se confesser qu'une fois au bout de deux semaines, il se soumit aveuglément, malgré ses frayeurs et ses troubles sans cesse renaissants toutes les fois qu'il célébrait. Dreu bénit l'humble soumission de M. de Lantages ; car cette longue et rude épreuve, qui le purifia comme l'or dans le creuset, ne contribua pas seulement à lui faire faire à lui-mème de très-grands progrès dans la pureté de l'amour : elle lui mérita de plus le don de calmer les âmes agities de scrupules et principalement les prêtres (1).

Quelque zélé que fût le serviteur de Dieu pour faire mourir le vieil homme dans tous ses disciples, il était cependant très-attentif à veiller à la conservation de leur santé. On en voit de touchants témoignages dans plusieurs de ses lettres. « Je vous » demande la grâce. écrivait-il à l'un des siens, de » vouloir prendre tous les soulagements que l'air, » la saison et les remèdes vous pourront foùrnir sur iles lieux où vous afin de fortitier votre sante. Vous l'avez vouée et consacrée à Dreu; »vous savez qu'elle appartient à JÉsus-CHRIST, : par le droit qu'il s'est acquis sur toutes les »créatures pour les faire servir à la gloire de »son Père; et, en particulier, par le choix » qu'il a fait de vous pour le service de son Eglise. » Jésus-CHrisr lui a cédé ses droits, et elle pre- ‘tend avec justice vous demander l'usage de votre corps pour le service de ses enfants : Voyez, Monsieur, à combien de maitres vous

êtes.

Obéissance de M. de Lantages. M.Olier recommande aux siens le soin de leur santé.

(1) Mém. sur ; : k M. de Lantages, 1 parlamèreGauchet. Ms. in-4", p. 10, — Vie de M de Lantages.

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