‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 105 sur 331 · M. DE FOIX · texte numérisé non relu

M. DE FOIX

dants à la compagnie et à ceux qui leur étaient adjoints. À Issy en eflet, comme à Avron, on contiaua de recevoir, selon la première vue de M. Olier, quelques séminaristes à qui les exercices de cette maison pouvaient être profitables. On y admettait de préférence ceux qui, sortant du monde dans un ige un peu avancé, voulaient examiner leur vocation avant de revêtir l'habit ecclésiastique +.

M. dé Foix, J'un des trois qui avaient composé le noyau de la’ société à Vaugirard, fut d'abord le principal coopérateur de M. Olier dans la formation de ses disciples. Chargé de la conduite du séminaire, en qualité de premier directeur, tandis que M. Olier était occupé tout entier à la réforme de sa paroisse, M. de Foix réglait et ordonnait tout dans la maison, il entrainait la jeunesse par la force de ses exhortations et lascendant de ses exemples (1); et tous ses confrères, M. Olier surtout, le considéraient avec raison comme le principal appui de leur commu aauté (2). Néanmoins, saint Vincent de Paul crut que Dieu appelait un si digne sujet à l'épiscopat. etil le proposa à la reine qui le nomma au siège de Pamiers, après la mort de M. Sponde (3). Cette aouvelle affligea tous les ecclisiastiques de Saint- Sulpice, surtout M. de Foix lui-même qui fit tous ses efforts pour éloigner ce fardeau; alléguant lattrait que Dieu lui avait inspiré pour former les eunes ecclésiastiques dans les séminaires, ministére béni visiblement de Dieu jusqu'alors, et auquel il devait renoncer pour toujours s'il acceptait lépiscopat. Toutefois, ne voulant pas agir de luimème, il résolut de s'en rapporter à la décision de M. Olier. Elle fut telle qu'ou devait la prévoir,

On voit par le journal de M. Bourbon ct par un écrit

M. Dubois que le jour où ces Messieurs prenaient la

tane, M. Tronson, quand il était à Issy, ou M. Dubois,

on absence, leur adressait, à Lorette ordinairement, un ut discours analogue à la cérémonie (2).

M. de Foix est nommé évêque de Pamiers.D'après l'avis de M, Olier il refuse ce siége,

(1) Mém. aut.

de MH. Olier,t iv, p. 199, 107

(2) Vies des quatre Evêques, t. 1, p. 121, 122, 129.

(3)bid.,p.128,

M. Bourbon. p.

rtf

M. Olier et M. de Foix se soumettent à l'avis de Saint

Vincent de Paul et du Pére Tarrisse,

(1) Vies des quatre Evèques, t.11,p.124,125.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t, ui, p. 28, 29.

3} Mém. aut.

de H. Oiier. — Gallia christiana. —- On lit dans les Vies des quatre Evéques, 1644 au lieu de 1645,

après tout ce qui avait eu lieu dans la formationde leur socièté, surtout après les assurances que le Père de Condren leur avait données pour les éloigner de la charge épiscopale. M. Olier lui conseil]: de persévérer dans sa première vocation, et tous les ecclésiastiques du séminaire lui firent aussi k même réponse.

Cependant la Reine et saint Vincent de Paul continuaient leurs instances ; et cette persévérance même, qui dura trois mois, fit cräindre apparemment à M. Ulier de n'être pas conduit par des motifs assez purs, en voulant retenir un sujet qui paraissait lui être devenu nécessaire. Pour connai tre donc plus sûrement la volonté de Diru, il voulut s'en rapporter à l'avis commun du Père Tarrisse et de saint Vincent lui-même, et ces deux grands serviteurs de Dieu, s'étant réunis pour en délibérer, jugèrent que M. de Foix devait accepter et lui écrivirent un billet qui contenait ces paroles » Allez, Monsieur, allez où l'on vous envoie: nt » craignez rien, Dieu sera avec vous (1). » Nonobstant cette réponse, M. de Foix était toujours résolu de ne s'en rapporter qu'à l'avis de M. Olier(2) comme à son supérieur légitime, sans le consentement duquel il ne pouvait d’ailieurs accepter l'épis copat, en vertu de la promesse qu'ils avaient faite à Dieu dans l'église de Montmartre. Mais M. Olir. comptant pour rien le bien de sa communauté, son opinion personnelle et toutes les autres considerations qui se présentaient à son esprit, se soumit lui-même à cette décision et répondit à M. de Fox de se disposer à son sacre. Il eut lieu dans l'église de Saint-Sulpice, le 5 mars 1645 (3), en présence du séminaire et d'un grand nombre de paroissiens qui ne furent pas moins touchés du recueillement et de la modestie du nouvel évèque, que des larmes qu'il répandit +. Ce jour mème il donna à diner aux évêques consecrateurs et à plusieurs des

+ Le 5 mars était, cette année, 1645, le premier dimanche

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