CHANGEMENT DE M. DU FERRIER
» parti; et, entre ceux-ci, les plus dangereux sont » ceux qui déclarent ne prendre aucun parti, mais » qui estiment les personnes qui sont de celui-là, » ou qui conseillent ou qui ne désapprouvent pas » assez la lecture de leurs livres. Je crains que la » personne dont Ÿous m'écrivez (M. du Ferrier) ne » soit de ces derniers. Et quand il n'y aurait que » l'opposition qu'il peut avoir aux religieux, l'é- » trange sentiment qu'il a des anciens casuistes, » l'approbation authentique qu'il donne à quelque » nouveau que je ne crois pas sûr, je me donnerais » bien de garde de m'engager bien avant pour sou-
(1) Lettres de
» tenir ses intérêts, et pour entreprendre sa dé- M. Tronson. Helanges,t.1, p.61.
» fense (1). »
Quoi qu'il en soit des vrais motifs qui obligèrent M. du Ferrier à quitter le séminaire de Saint-Sulpice, on peut dire que, depuis sa sortie de cette maison, il vérifia, comme à la lettre, le jugement que M. Bourdoise avait porté de lui, lorsqu'un jour, les ecclésiastiques de Saint-Sulpice lui demandant ce qu'il pensait de chacun d'eux, il dit à M. du Ferrier : Que, semblable au zéro, il faisait valoir les autres, que seul il ne valait rien (2). Il parait mème qu'il ne conserva plus aucun rapport avec le séminaire de Saint-Sulpice. Nous lisons néanmoins qu'en 1678, il s'adressa à un ecclésiastique de cette maison, pour le consulter sur un point relatif à l'Evèque de Pamiers, mais il n'en reçut aucune réponse; et M. Tronson nous donne assez à entendre la cause de cette réserve: Zis ont leurs casuistes, écrit-il; les nôtres leur seraient trop suspects (3). Il s'agissait vraisemblablement de l'affaire de la Régale, à laquelle M. du Ferrier prit tant de part que la cour le relégua d’abord à Tonnerre, en 1660, et quatre ans après le fit transférer à la Basile, où il mourut au bout de deux ans*.
La retraite de ces deux ecclésiastiques montre manifestement que, dans les desseins de Dieu, la société de Saint-Sulpice ne devait reposer que sur
(2; Hémoires
de !1.du Ferrier.
(31 Lett. diveres de M. Tron-
son, L.1,27mars
* NOTE 6, p.
214 PARTIE 111. LIVRE 1V. — 1645 ET SUIv.
M. Olier, comme sur son unique pierre fondamentale. Nous avons vu en effet que, lorsqu'il vint avec eux en jeter les fondements à Vaugirard, Marie Rousseau lui recommanda de ne pas se désister de cette entreprise, quand tous ses coopcrateurs, quel: que nécessaires qu'ils lui parussent, viendraient à l'abandonner ; et l’on peut se rappeler que le Père de Condren, suscité de Dieu pour donner naissance à cette œuvre, déclara à M. Olier personnellement qu'il serait l'héritier de son esprit pour l'établir et la perfectionner après sa mort.
Tous ces faits montrent la vérité de cette assurance que Dieu donna à M. Olier, dès la formation de sa société à Vaugirard, et qu'il rapporte ainsi avec son humilité ordinaire : « Cette Bonté divine, » qui choisit elle-mème les sujets de cette compa- » gnie, afin de les associer à moi, m'a remis devant
.. » les yeux, tout misérable et indigne que je suis, (1) Mémoires
aut. de M. Olier, » Cette parole efficace qu'elle me dit dernièrement: » Je ne donnerai point à d'autres l'esprit de Père(l).»
XXIL. Peu après la sortie de M. du Ferrier, plusieurs M. Olicr pré- se retirérent de la compagnie de Saint-Sulpice, serve Sa COM Lour cause d'attachement aux nouvelles erreurs,
pagnie duJan-
sdnisme. ou furent priès par M. Olier d'en sortir. Ce fut le
parti que prit, de son côte, saint Vincent de Paul,
qui renvoya quinze à vingt membres de sa con-
(2) Journaux grégation, pour cause de jansénisme (2). Du nom- 16e “Es bre de ceux qui sortirent de Saint-Sulpice fut M. de Cambiac, frere de M. du Ferrier, qui depuis long-
temps déjà avait formé le dessein de quitter Saint-
Sulpice, pour entrer à la communauté de Saint-
(3) Mémoires Merri (3). Les sentiments qu'éprouva M. Olier à de M. Feydeau, }, : : LU CNE in-4v. Ms. de la | OCCasion de sa sortie, montrent le fond de sa ch1- Bibl. Mazarine, rité pour ses disciples et la douceur du zéle qui BF) l'animait. « J'étais tous ces jours-ci au milieu des » Cpines, écrivait-il, de me voir éloigné du pauvre
> M. de Cambiac, qui se retire de la maison; et j'ai DRE » porte cette croix accompagnée de beaucoup de 209. ” » peines.» Les novateurs, désirant vivement de
M. OLIER
semer lé pendant sentatio! cus qu'ils ilsespérè de Pami simmisc ciété. M que la pr » vait le » prendré » son. Je » EXtraor > M. Vin » tOUS no > Coup re » se sont » nent toi » de quoi > desseins > avons g Enfin ne nistes pri sionnaire ; efforcés d' de plus Cto porté quel:
l'apparitior sa vocation une lettre 1 gens; et, ? vent ente i vous ne ki » pendant » vrages de ) ce qui me vent eue, » plus gran des visio!