OLIER PRÉSERYE SA COMPAGNIE DU JANSÉNISME
munautés sur la paroisse de Saint-Sulpice. Après huit jours de silence et de prières, M. Olier, espérant que Dieu lui ferait connaître sa volonté par l'organe de ce Prélat, alla le visiter. À peine l'AbbC l'eut-il vu entrer que, le premier, il se mit à parler de l'affaire des Oratoriens et déclara la résolution qu'il avait prise de s'y opposer de tout son pouvoir. «Je quitterai le faubourg, plutôt que d'y » voir entrer les Pères de l'Oratoire, disait-il; je ‘ suis assuré que la plupart d'entre eux sont Jansé- » nistes, et je ne veux point souffrir que de telles » gens viennent sy établir. »
Connaissant alors la volonté de Dieu, M. Olier crut qu'il pouvait agir en assurance, que même
son devoir l'y obligeait : et quoiqu'il éprouvât beau-.
coup de peine d'être dans la nécessité de s'opposer à l'Oratoire (1), il fut néanmoins affermi dans son dessein par une nouvelle faveur dont la très-sainte Vierge daigna l'honorer. Elle lui donna ordre de travailler ‘au maintien de l’œuvre du séminaire, l'assurant de sa protection, et lui manifesta en mème tempsile désir, qu'en reconnaissance de ce bienfait, il s'engageât par vœu à honorer ses grandeurs chaque jour pendant un quart d'heure. Il n'en fallait pas davantage à un serviteur si jaloux de la gloire de Marie pour contracter aussitôt cet engagement. « Je comprenais, dit-il, que non-seu- » lement je devrais en mon particulier, moi qui ne » suis rien, lui rendre ces devoirs, mais faire aussi > que le séminaire pratiquât la mème chose. Elle » me témoigna en être contente, me donnant la : confiance entière que l'établissement n'aurait pas lieu, quoique les plus grandes puissances de la
| » France s'en mèêlassent et que tout le monde le
«crût et le craignit (2). » Cet exercice sur les granœurs de Marie fut la récitation quotidienne du chapelet qui, dès ce moment, a été, pour toutes ks maisons de la compagnie de Saint-Sulpice, une
pratique sacrée et inviolable*. « Il vaudrait mieux, :
M. Olicr établit l'usage de réciter chaque jour le chapelet dans toutes les maisons de sa
compagnie.
Olier, par le Pève Giry,partie2‘, chap.iv. — Lettres aut. de Af.
Olier, p. 197.
(2) Mémoires aut. de M. lier, tv, p.397, 398.
Te
(1) Lettres deal.
Tronson. Bour-
ges, 26 janvier 1680, p. 33.
(2) Lett. aut.
de M. Olier, p.
(3) Journée
chrétienne de M.
Olier, 1'° part.
Le projet
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écrivait M. Tronson, exposer les personnes à manquer un quart d'heure de lecture spirituelle qu'au chapelet que feu M. Olier, notre très-honoré Père, nous a trop particulièrement recommandé pour ne pas faire tout ce qui peut dépen-
» dre de nous, afin qu'on le dise tous les jours dans » toutes les maisons de Saint-Sulpice. La grâce » qu'il obtint de la très-sainte Vierge, et qui lui fit » prendre cette résolution, est assez considérable » pour obliger tous ses enfants à entrer dans let » même esprit, et à faire rendre ce même devoirà » cette divine Mère de qui ils tiennent toutes leurs » grâces (1). »
Après la faveur dont nous venons de parler M. Olier alla d'abord remercier la très-sainte Vierge à Notre-Dame de Paris, et se disposaa partir, quelques jours après, pour Notre-Dame de Liesse. Madame Tronson l'avait invité à aller prendre quelques jours de repos au Péray; il s'en excusa, et lui écrivit: « Je rends à Dieu ce que je vous
dérobe: je partirai vendredi pour un pélerinage
que je lui dois. J'eusse été bien aise d'achever, au Péray, la dévotion du chapelet de Notre-Dame, que j'ai tracée depuis votre départ. Elle me paraît comprendre les grandeurs de notre sainte
Maîtresse, et devoir être utile à ses enfants (9)» Il parle ici des considérations connues sous le nom d'Occupation sur les grandeurs de la très-sainte Vierge, en récitant le chapelet, et qui se trouvent dans sa Journe chrétienne (5).
Avant de partir pour Liesse, il alla visiter le duc d'Orléans, qui, ayant le Père Bourgoing, général
M, OLIER
» que j'ai se luif »je me
» voirs (1
Étant
deux jou culeuse d tectrice dl ; l'oraisor » une reit » nous $
» gnant s » tection. son assist d'un voyag ment dans pour reno instances € » sites qu’ » Reine re » agissait, » jamais Oo » plus effi à l'égard »a l'égard « que les Or:
ks leurs p:
requète de religieux, r dourg, OÙ ment".
La condi
de l'Oratoire j ‘ : à servit de " ê I dote anti de l'Oratoire, pour confesseur, mettait toujours P
rement.
beaucoup de zèle à établir la société sur la paroisse de Saint-Sulpice, et il nous apprend que ses paroles, quoique très-respectueuses, firent sur l'esprit de ce prince une singulière impression. « Notre » divine Maîtresse, dit-il, me fit parler avec tant » d'efficace à ces puissances, surtout à la principale,
vouloir sup} à aigrir con opposé à Je sent de Par.
tre le proje M Olier a
v. 1, OLIER PRÈSERVE SA COMPAGNIE DU JANSÉNISME, 219
rsonnes à , que j'ai vu celle-ci toute tremblante pendant que pirituelle, » je lui parlais , quoique je ne fusse rien et que très-ho- rje me tinsse toujours dans mes humbles de- ner nt recom- » voirs (1). » 368.
ut dépen- Étant arrivé heureusement à Liesse, il y passa ours dans deux jours presque entiers devant la statue mira- La grâce culeuse de Marie, et reçut de cette puissante proqui lui fit tctrice de nouvelles faveurs. « Quelquefois en asidérable ; l'oraison, dit-il fui-même, elle me parut comme r dans let > une reine dominant absolument sur l'affaire que e devoir à » nous suscitaient les Pères de l'Oratoire, et réutes leurs , gnant sur l'œuvre du séminaire pour notre pro-
» tection. » Bientôt en effet cette maison éprouva de parler, son assistance. Les amis de l'Oratoire, informés
rès-sainte d'un voyage que M. Olier avait entrepris, probabledisposa à ment dans le Vivarais, profitèrent de son absence -Dame de pour renouveler plus vivement que jamais leurs
aller pren- instances et leurs poursuites. « Aux moindres viil s'en ex- » sites qu'on lui fit en notre nom, dit M. Olier, la ue je vous ; Reine régente, par qui notre sainte Maîtresse pèlerinage * agissait, parut si forte, si animée et si zélée, que d'achever. » jamais on ne l'a vue agir plus vigoureusement, Notre-Da- MM: plus efficacement, ni avec plus de courage, soit t. Elle me à l'égard des puissances qui la sollicitaient, soit
otre sainte » à l'égard des intéressés eux-mêmes (2). » De sorte (2) Iid., p. fants (9).» que les Oratoriens se virent obligés de cesser tou— 100: us le nom ts leurs poursuites. Bien plus, le Parlement, à la très-sainte Mrequète de l'abbé de Saint-Germain et de certains e trouvent Mrcigieux, rendit un arrèt qui leur interdit le fau— bourg, où en effet ils n'eurent jamais d'établisse- * NOTE 9, p.
iter le duc nent”. sai g, général La conduite de M. Olier dans cette occasion XXV.
toujours servit de prétexte aux novateurs pour l'accuser de Le P.iBoura paroisse M uloirsupplanterl'Oratoire, etils parvinrent même M
halonin : \ : à , une lettre de ses paro- M :aerir contre lui le Père Bourgoing, quoique très- jaintes à M.
ur l'esprit opposé à leurs erreurs. Comme celui-ci était ab- Olier qui se « Notre M st de Paris lorsque la Reine s'était déclarée con- justifie.
avec tant M tt le projet d'établissement, on lui persuada que
rincipale, M Olier avait su profiter de son absence pour
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noircir l'Oratoire dans l'esprit de cette Princess velles « et la chose alla mème si loin, que ce Père écrivit entime M. Olier une lettre remplie de plaintes assez vives leur zkl Le serviteur de Dieu, croyant devoir y répondre cela va exposa en détail les motifs de sa conduite ; et, apré partage un préambule plein de respect et de douceur ! de vos discutait ainsi les reproches qui lui étaient faits en la pr « Premièrement, votre lettre porte que je su quant & allé trouver la Reine pour lui faire des plainte personn de votre congrégation et m'opposer à son établi sieur ne sement dans le faubourg Saint-Germain, Je vou | mais... dirai sur cela très-simplement la vérité, Ces péchés : qu'étant allé rendre mes devoirs à la Reine de nest pas (1) L'abbé de » part de Monseigneur de Metz (1), sur son hu- des pers Saint-Germain,» reux retour, de mème que le reste de MM. ks ment de curés de Paris l'avaient fait quelques jours aups peine de ravant, d'abord après mon compliment, Sa Ma brebis. jesté me dit: Mon frère de Metz m'a appris que la Pere, et Pères de l'Oratoire se voulaient établir dans le fa pareil cas bourg Saint-Germain ; je lu’ ai défendu d'y consur- ses m'a tir. À quoi je vous puis dire en vérité que j M: gloire; € n'ajoutai rien, et m'en revins chez nous en silence Expressct Quant au second chef, que j'ai pris le temps de ques du votre absence pour m'y opposer, je vous pui Rp’ ‘onne qu assurer, mon Père, que je n'ai rien su de votre: mois, je r voyage qu'après ce qui s'est passé, vous croyant W: un des n alors dans cette ville, Bien plus, je vous dirai que MF: faisant le ayant été averti par ceux même qui agissaient M? tant d'aut pour vous, j'ai été plus de huit jours sans pard- RW leurs, il : tre, laissant à mon supérieur, qui est Monse- [' aux autre greur de Metz. d'en ordonner, lequel je connu: entièrement opposé à cela. Ensuite de quoi } crus que je devais agir en assurance, suivant lé » ordres de la Providence visible sur mot. Iles » vrai qu'alors j'allai voir monseigneur le duc d'Or » léans qui pressait beaucoup Monseigneur dt Metz: que je lui dis les résistances de la Reine et lui témoignai que j'aurais beaucoup à démèk avec vos Pères, dont quantité sont dans les nou
Princesse e écrivit SSCZ Vives répondre : Et, apr louceur, !!
nt faits que je sui es plainte on établi in. Je vou rité. Cest Reine de :
ir son helde MM. ks ours aupant, Sa Ma pris que le dans le fau- | d'y consenrité que je s en silence le temps de > VOUS pus su de votre Jus croyant ls dirai que i agissaient sans pari st Monsii- 1 je connus de quoi À suivant Le moi. Il est e duc d'Or “igneur di e la Reine ) à démèler hs les not