‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 127 sur 331 · PREMI · texte numérisé non relu

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suscitées récemment pour cette fin spéciale, comme l'expérience, après quelques années, l'apprit aux évêques eux-mêmes : car ayant, pour la plupart, commencé leurs grands séminaires sans le secours de ces compagnies, ils sc virent bientôt, ainsi que nous le montrerons ailleurs, dans la nécessité de leur en donner la conduite, pour ne pas voir ces établissements, si utiles à l'Eglise, s'éteindre entre leurs propres mains, par défaut de sujets propres a les diriger. Ces sociétés organisées en congrégation, devant procurer sans interruption, aux évèques, une suite d'hommes éprouvés et voués par état à l'œuvre des séminaires, Dieu voulait que celle de Saint-Sulpice, spécialement destinée à ce but, reçût un jour elle-même une organisation à peu près semblable.

Mais telle ne fut pas k forme qu'elle eut d'abord ; IL. somme si la Providence qui voulait se servir d'elle pour donner la première impulsion aux évêques, si prévenus en général contre les congrégations, Sulpic:. lui avait dès son début donné une forme toute différente, afin que, loin d'inspirer de la défiance aux prélats, elle leur fit au contraire désirer et demander avec instance d’avoir de ses membres pour itablir leurs séminaires diocésains. Dans cette vue la sagesse divine, qui dispose toutes choses avec nombre, poids et mesure, ne manifesta que par degré à M. Olier ses desseins, comme elle l'a fait à l'égard de plusieurs autres saints fondateurs; et voici comment il expose les lumières qu'il reçut sur ætte première forme de sa compagnie : « Le sémi-

» naire de Saint-Sulpice, étant de la nature de tous » ls membres de l'Eglise, va croissant petit à pe-

‘tit, s'assurant toujours par la suite des emplois » que JÉsus-Curisr lui donne, des desseins que

» la fête de Saint-Pierre, 27 juin, comme j'INVO- Gyier, 1, * quais sur moi ce grand saint, il lui a plu me dire, 251. en répondant ainsi aux peines que j'avais dans

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* Du son Père a eus suf lui (1). Le lendemain de (1). Div. écrits spirituels de M.

(1) Duv, écrits, etc., t. 1, p. 61,

de M. Olier, lett.

au P. Bourgoing, p. b4, bb.

(3) Mém. aut.

de M. Olier,t. vi, p. 10,11, 12.

Saint-Sulpicecomposé de douze sujets en l'honneur du collége apostolique.

244 PARTIE lil. LIVRE V. — 1649 et suiv.

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l'esprit sur la direction du séminaire; Je te don. nerai mon esprit pour tout conduire; et dans |1 messe, la bonté de Dieu m'a fait voir le dessein qu'il avait sur cette maison : qu'il désirait que ce fût une maison apostolique, c'est-à-dire, établie sur le modèle du collège des Apôtres, qui ne «

» liaient pas aux lieux particuliers où le Fils de

Drv les envoyait travailler; ‘qu'ainsi Dreu voulait qu'il y eût ici des personnes que je pusse envoyer aux évêques, pour fonder et établir des séminaires dans leurs diocèses ; que sur les lieux mêmes ils formeraient des sujets et les laisseraient pour diriger les maisons; après quoi ils retourneraient ici, ou seraient envoyés ailleurs pour le bien de l'Eglise, étant ainsi sans maisons, ct sans prétention de faire des établissements qui

» aient correspondance pêur prétendre faire un

corps (1).»

Ces vues que Dreu donnait ainsi à son serviteur,

étaient une confirmation expresse des recommandations que ie Père de Condren lui avait faites autrefois: de ne point s'établir dans les lieux où il aurait à travailler pour le clergé; mais d'aller seulement y jeter les semences de l'esprit ecclésiasti- (2) Lelt. autog. que, et puis de s’en revenir (2). « Ce saint person-

nage que j'ai tant honoré, écrivait-il, et qui m'avait promis que je serais l’un des héritiers de son esprit, après être monté aux cieux et avoir rempli sa course, doit achever par nous son ouvrage. C’est lui qui comprend l'idée sublime du

» dessein que Dreu lui a manifesté. Il nous fait em-

ployer les matériaux à cet ouvrage, en nous d£-

» couvrant peu à peu et faiblement ce qu'il sait « être utile de nous manifester; afin que nous tra-

vaillions à ce dessein, et sur le plan que Dreu lui en a tracé lui-même. Mais tout cela se fait petit à petit (3). »

Dans un écrit de sa main, intitulé Projet de cons

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titutions, resté inédit jusqu'à ce jour, M. Olier expose ainsi la nature et l'organisation de sa compagnie, dans le premier état qu'exigeaient alors les circonstances. « La petite société du séminaire de » Saint-Sulpice s'est assemblée en l'honneur du sacré collège des Apôtres, pour invoquer leur esprit tous les jours sur l'Eglise de JÉsus-CHRisT, et demander à Dieu qu'il lui plaise de le répandre en plénitude sur son clergè. Et parce que chaque famille particulière, pour subsister en paix, a besoin de règlements conformes et proportionnés à la fin de son établissement , celle de Saint-Sulpice s’est soumise et assujettie, en la grâce de Notre-Seigneur, et sous l'invocation de son Esprit, à ceux qui s'ensuivent :

» Elle aura un chef ou supérieur, qui sera comme un autre Jésus-Cnrisr au miliew d'elle; et ensuite douze sujets à l'honneur des douze Apôtres que JÉsus-Crrisr Notre-Seigneur se choisit pour composer le corps sacré de son Eglise. Ce sera sur eux que subsistera, et en quoi consistera Île corps essentiel de la maison. Il ne s'en pourra admettre pas un, que par la mort de l’un des douze; et ils n’excèderont pas ce nombre, afin de ; ne point priver le corps de l'Eglise de plusieurs sujets, qui rempliraient saintement ses dignités ct ses charges.

» À l'imitation des saints Apôtres, ces douze principaux sujets ne se lieront à aucun lieu, et renonceront à tout emploi, aimant mieux servir l'Eglise toute entière en lui formant des ministres, que d'entrer dans la conduite d'aucune en particulier. Ce n'est pas qu'on ne puisse, pour un temps, prêter quelques-uns d'eux pour commencer de: familles et des communautés dans les diocèses, en y portant les règlements de la » maison; mais sans permettre que ces sujets s'y : lieñt, ni aussi que ces communautés se lient à la > maison. Ainsi ces douze principaux sujets pour-

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