PARTIE fl. LIVRE V. — 1649 et suiv
ront aller établir des séminaires, à la réquisition de Messeigneurs les Prélats, pour un temps seulement, substituant ensuite à leur place, à l'imitation des Apôtres dans l'établissement des églises, quelques autres sujets qu'ils trouveront sur les lieux, ou bien de ceux de la maison de Saint- Sulpice, qui pourront s'abandonner pour toujours au service des diocèses, sous l'absolue conduite de Messeigneurs les Prélats, s'ils en ont besoin; car la maison s'est formée sur l'idée de celle de saint Philippe de Néri dans Rome qui, pour conserver sa ferveur et son zèle, ne veut point de multiplication d'établissements, ni de dépendance aucune d'elle, dans les autres dioctses. Établie sur ce modèle, elle ne désire point s'ériger en congrégation, ni se charger d'un grand nombre de sujets, ni même les recevoir facilement. Cependant, outre les douze, qui aveck supérieur constituent le corps essentiel de la maison, elle tâchera de plus d'être toujours fournie de sujets qu'elle puisse céder dans le temps du besoin.
» Ainsi la maison de Saint-Sulpice ne pense pas, par la grâce de Dreu, être quelque chose d'étran-
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ger au clergé, ou séparé de ce corps. Quoique très-indigne, elle est mèlée et perdue dans lui, en sorte que si, pour le bien de l'Eglise, elle venait à donner tous ses sujets, elle ne se croirait » pas vide ou stérile pour cela (1). »
Conséquemment à ce dessein, M. Olier ne voulut d'autre esprit dans la société, que l'esprit même du clergé: Nec aliter vivit, dit-il, nisi vité cleri (2), et, pour cela, ne lui donna aucun nom particulier ; car ce fut le public qui la surnomma de Saint-Sulpice, à cause de la paroisse sur laquelle le séminaire était situé. Il avait pensé dans un temps à l'appeler l Société des prêtres du très-saint Sacrement (3), pour montrer l'objet principal de sa religion; et ensuite à lui donner le nom de Compagnie des missionnaires,
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(1) Div. écrits, etc. t. 1, p. 54,
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(2) Ibid.
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(3) Rim. hist.
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sous lequel le public les avait désignés dès le commencement, et que la plupart des sociétés, qui se formaient alors dans les diocèses, prenaient comme à l'envi (1); mais comprenant qu'elle devait être tout-à-fait fondue dans le clergé, il voulut qu'elle n'eùt rien qui la distinguât de ce corps + (2), ni dans son nom, ni dans ses vêtements, ni dans ses pratiques.
Telle fut donc la forme particulière, et peut-être jusqu'alors sans exemple, que M. Olier donna à la compagnie de Saint-Sulpice dès sa naissance. En la constituant de la sorte, et en donnant au séminaire de Saint-Sulpice lessrèglements particuliers qui le dirigeaient depuis neuf ans, il avait suivi les lumières qu'il croyait avoir reçues de Dieu dans l'établissement de ces deux œuvres. Mais, trop défiant de lui-mème pour s’en rapporter à son propre jugement dans une matière surtout qui intéressait toute l'Église de France, il crut que pour bâtir sur un fondement solide il devait, malgré l'estime géntrale que les évêques faisaient de ses ‘ravaux et de sa personne, leur soumettre b’ ement la constitution de sa socicté et tout : . esprit, ainsi que les règlements qu'il avait suivis jusqu'alors dans la formation des jeunes ecclésiastiques; et qu'enfin la maison de Saint-Sulpice étant destinée pour le service des évêques, c'était de leur part qu'elle devait recevoir son approbation solennelle. L'asemblée générale du clergé, commencée l'année précédente 1650, étant encore réunie à Paris, il profita de la conjoncture, pour faire connaître à ces Prelats la fin de sa petite socièté, toute consacrée à l'œuvre que Notre-Scigneur formait et avançait tous les jours, l'établissement des séminaires dans ke royaume (3); et, pour mettre plus à découvert
+ On a même évité, dans cette société, de prendre le nom de Père, que plusieurs compagnies séculières, entre au tes celle de l'Oratoire, donnaient à chacun de leurs membres,
(1) Lettres de feu M. Vincent, t. 1, p. 266.
(2) Div. écrits, etc.,t, 1. p. 43.
M. Olier soumet à l'assemblée du clergé la constitution de sa
compagnic.
(3) Div. écrits, elc,, t. 1, p. 21
ses sentiments et ses desseins, il accompagna de la lettre suivante le recueil des règlements qu'il leur présenta.
« Messeigneurs, » La maison de Saint-Sulpice ne s’est pas sitét vue tirée de son néant, que les premières impressions et opérations de sa vie l'ont portée au respect, à l'amour ct à l'obéissance envers vos personnes sacrées: semblable en cela aux enfants, qui sont portés à l'amour envers leurs parents par les premiers instincts de la vie raisonnable, Si la Providence de Dieu l'a fait naître dans un lieu exempt et de nul diocèse, ce n’est pas en effet pour la tirer du respect et de la soumission qui sont dus à la puissance épiscopale, mais au contraire pour lui donner plus de moyens de la servir. Car cette maison n'étant d'aucun diocèse qui puisse s'en revendiquer les sujets, il reste qu'elle soit à tous Messeigneurs les Prélats, et qu'ils aient droit d'y venir puiser comme dans un rtservoir commun et propre à tous également. Elle » leur est teilement consacrée que, hormis une | » douzaine de personnes qu'elle se réserve toujours » présentes, pour conserver l'esprit de sa vocation, » elle prépare au saint service du clergé tous les » autres qu'elle reçoit; en sorte que messeigneurs »