PAUVRETÉ DU SÉMINAIRE EN $ES COMMENCEMENTS
tour aux clercs et aux prêtres de ces diocèses, surtout en leur donnant dans leurs propres personnes l'exemple et le modèle de cette religieuse et profonde vénération +.
Après avoir ainsi exposé le dessein de la Providence dans l'établissement de cette maison, nous
+ La vie de M. Hurtevent, disciple de M. Olier, offre de ce respect religieux plusieurs traits remarquables, rapportés par M. Maillard, le compagnon de ses travaux, et son successeur dans la supériorité des séminaires de Nantes et de Lyon (1). « Il honorait par-dessus tout le souverain Pontife; »ctentre les gravures qu'il avait ordinairement devant les » yeux dans sa chambre, on voyait toujours le portrait du » Souverain Pontife qui occupait alors la chaire de saint » Pierre. 11 ne s'approchait jamais de l'archevêque de Lyon » (M. Camille de Neuville de Villeroy) qu'avec une vénéra- » tion profonde: et lorsque nous allions le visiter, il avait » coutume de me dire : Allons saluer Jiésus-CHrisT, notre » divin maître, dans la personne de Monseigneur. Il aurait » voulu inspirer à chacun les mêmes sentiments; et un jour » un officier de marque lui ayant demandé s'il ferait bien » de visiter quelquefois l'archevêque, il lui répondit qu'il » devait le visiter, mais par des motifs etavec des sentiments » de religion, rendant à JÉsus-CurisT, en la personne de ce » prélat, les respects dûs aux pasteurs par leurs ouailles. »
Lorsque ‘M. Murtevent était supérieur du séminaire de Nantes, où M. Olier l'avait envoyé, et durant la persécution des catholiques d'Angleterre, un archevêque et quelques évêques de ce royaume, obligés de quitter leurs diocèses, abordèrent à Nantes dans le dernier dénuement. M. Hurtevent s’'empressa de les recevoir au séminaire, leur procura des vêtements conformes à leur dignité, et s'efforça de les tirer de l'humiliation extérieure où leur pauvreté extrême les avait réduits. 11 prenait un plaisir singulier à les honorer en toute rencontre, les visitait avec un profond sentiment de respect, et ne manquait jamais de leur donner tous les titres d'honneur dont on a coutume d'user à l'égard des évèques. Ces prélats, dans leur détresse, ne pouvaient souffrir qu'il leur rendit tant d'honneurs: mais quelques instances qu'ils lui fissent d'en user autrement, il ne voulut jamais y consentir. « O Dieu, quelle pure satisfaction, di- » Sait-il à M. Maillard, d'honorer l'Episcopat dans ces » Evêques! C'est bien là que la religion agit toute seule : » ni le faste séculier, ni la pompe mondaine n'en corrompent » pas l'esprit, ct ne souillent point par des respects humains » la pureté de ses devoirs. »
Commencement du séminaire : tout y respire la pauvreté,.
(1) L'esprit de M. Hurtevent.
sa religion en.
vers le clergé.
ra
NE Drame -
(1) Vie Ms. de A, Olier,t.n, p.
ol.
donnerons ici quelques détails sur divers moyens essentiels qu'elle employa, dès les premiers temps, pour la conduire à sa fin. D'abord, Dreu sembla, en la formant, garder l'ordre qu'il avait observé dans l'établissement de son Eglise, où tout fut pauvre au commencement. Les Apôtres et Jésus-CrrisT luimème furent pauvrement logés, avant que les chrétiens, par le mouvement du saint Esprit, bâtissent de vastes et grands édifices. Ainsi commencèrent pareillement tant d'ordres religieux qui depuis se sont étendus dans le monde entier. Il plut à Dieu de faire passer le séminaire de Saint-Sulpice par de semblables commencements. On a vu ce qu'était la maison de Vaugirard et comment on y subsistait. « Dieu permit, dit M. de Bretonvilliers, qu'ils al- » lassent en ce lieu pauvre et abject comme dansune » autre Bethléem, pour donner commencement à » une compagnie qui devait lui procurer beaucoup » de gloire et d'honneur. Aussi souffrirent-ils en ce » lieu, à l'exemple de leur maître, plusieurs incom- » modités, Ctant obligés de loger d'emprunt dans » une maison très-vile, et de faire quelques ajuste- » ments dans un pauvre colombier tout délabré, » afin de s’y pouvoir placer (1). » Transféré à Paris, au moment où M. Olier prit possession de la cure de Saint-Sulpice, le séminaire durant huit ou dix ans n'y fut guères mieux logé qu'à Vaugirard. Cependant, le serviteur de Dieu n'avait rien négligé pour rendre cette situation plus tolérable, Une maison très-rapprochée du presbytère ayant été prise à louage, illa fit disposer et approprier à ses propres dépens dans les premiers jours de juin, quoique le traité de permutation de la cure n'eût point encore été conclu avec M. de Fiesque. « J'aiappris par quel » motif, écrivait-il,je devais contribuer au logement » que l’on prépare pour le séminaire, et qu'il fallait » édifier la maison de ma propre substance, puis- » que Notre-Seigneur avait édifié l'Eglise par son » sang. C'est-à-dire que je devais y contribuer sur-
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