PAUVRETÉ DU SÉMINAIRE EN SES COMMENCEMENTS
» tout par la charité, bien plus précieuse que tout »l'or du monde, et que Dieu répand dans les » cœurs. Ces pensées se présentaient à moi à l'oc- » casion dela bénédiction que me donna mon direc- » teur, en approuvant cette dépense, qu'il me » recommanda de faire dans l'esprit de Notre-Sei- > gneur (1). » Nous dirons ailleurs les transformations que subit avec le temps le logement du séminaire de Saint-Sulpice, il suffit de noter ici que jusqu'én 1651 il fut toujoursinsuffisant et très-incommode, et qu'il donna beaucoup à souffrir à ceux qui l'habitaient (2). Quant aux moyens de subsistance, les séminaristes aisès payaient leur pension; chacun des directeurs payait aussi la sienne (3); et M.Olier, pour imiter Notre-Seigneur, qui avait nourri ses Apôtres, dans le temps de leur fcrmation, avant de les envoyer dans le monde, payait en outre la pension des aspirants à l'état ecclésiastique qui étaient sans fortune (4), lorsqu'il reconnaissait en eux une vraie vocation ; il leur procurait mème gratuitement, outre la nourriture et l'instruction, les vêtements (5) et les livres nécessaires, sachant qu'en employant ainsi son bien à former des prêtres, il accomplissait la volonté de Dreu sur lui (6). Cette générosité tait d'autant plus méritoire et plus héroïque, qu'il la continua tou-— jours, quoiqu'elle lui fit sentir bientôt à lui-même les plus dures privations de la pauvreté.
Depuis que M.Olier etses collaborateurs s'étaient donnés sans partage au service de Dieu, ils avaient embrasse les pratiques de la pauvreté évangélique avec une générosité qui trouvait peu d'exemples dans les autres ecclésiastiques de leur condition. M. de Foix s'y était mème livré avec une ferveur si excessive, qu'il aurait fait placer à la table du séminaire les serviteurs de la maison, si on ne lui eût fait comprendre que la vraie humilité devant être dans le cœur, elle obligeait chacun à rester dans le rang où il avait plu à Dieu de le mettre (7). Toute-
(1) Mém. aut.
de M. Olier,t. n.
(2) Vie Ms. de
M. Olier, t.u, p.
(3)Mém.part., an. 1643,
(4) Ibid., an.
du Ferrier, ibid.
(6)Mém.part., an. 1643, 1645,
M.Olieretles siens éprouvent les rigucurs dela pauvreté. Pourquoi ?
(T)Mém.part., an. 1642,
NE
fois, ce genre de pauvreté auquelils s'étaient soumis d'eux-mêmes ne leur avait imposé jusqu'alors que des privations purement volontaires; et Dreu, par un conseil secret de sa sagesse, voulait leur faire éprouver, surtout dans les premières années du séminaire, les rigueurs attachées à la pauvreté de nécessité, en les réduisant à manquer des choses les plus indispensables à la vie. Par là, il se proposait de leur faire prendre à tous le véritable esprit de pauvreté de Jésus-Cnrisr; et de dépouiller quelques-uns d'entre eux de l'esprit decondition, qu'ils conservaient toujours au milieu de leur dépouillement volontaire, et qui les portait quelquefois à juger des personnes et des choses autrement que par les pures lumières de ia foi. Il voulait encore, par cette pauvreté réelle, purifier leurs cœurs, comme l'or dans le creuset, pour les rendre capables de recevoir les lumières d'en haut, nécessaires à la direction d'une œuvre aussi importante que l'était l'institution des séminaires ; leur faire mériter enfin le don d'attirer à eux un grand nombre d'ecclésiastiques, et de les former aux vraies vertus de leur saint état. C'était là, au reste, la conduite qu'il avait constamment tenue d'âge en âge sur tous les hommes suscités pour opérer quelque renouvellement dans l'Eglise, et lui gagner des cœurs, sans excepter de cette règle ni les Apôtres, ni la personne adorable deson divin Fils, par qui il avait voulu attirer à soi tout le monde. Après donc toutes les facilités si providentielles qu'il avait ménagées à ces ecclésiastiques pour s'établir tant à Vaugirard qu'à Paris, il disposa les choses de telle manière qu'ils se virent dépourvus bientôt de tout secours temporel, ayant consumé pour son service, non-seulement tout leur revenu déjà échu, mais encore celui qui était à éçheoir, et s'étant, en outre, chargés de grosses dettes. Pour tout dire en un mot, ils en étaient venus, dès le commencement de l'année 1645, à ce dénument si extrême quede n'avoir plus
Ex a 2 7
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