‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 137 sur 331 · Ccatrat du & janvier · texte numérisé non relu

Ccatrat du & janvier

(3) Ibid. tn, fol. 33.

(4) Acte de fon-

dation du commandeur. du Cordon, du 24 sept. 1641. — Fondat. de la Mission, t, 1, fol. 203. Archives nat.

(b) Lettres de feu M. Vincent, 128 nov. 642 p. 23.

faire naître dans leur esprit lamoindre défiance. Et il arriva de là que ces deux fins imposées aux prêtres de la Mission par le Saint-Siége, devinrent l'heureuse occasion dont ki Providence se servit pour les faire entrer insensiblement et comme par degré dans l'œuvre des séminaires de province, quoique non mentionnée dans leur bulle d'institution. Ainsi, en 1658, 1640 et 1641, ils furent appelés dans les diocèses de Poitiers, d'Agen, de Troyes, de Meaux pour y pricher des missions, et y faire faire les exercices aux ordinands, sans que, dans les actes de ces deux fondations il fût fait mention de séminaire (1). + M. Alain de Solminihac, en 1638, avait, comme on l'a vu déjà, établi à Cahors et dirigé lui même un séminaire-collége qu'il fut obligé d'abandon: ner ensuite par défaut de coopérateurs. Cet évêque, comme chef de la congrégation de Chancellade, ne partageait pas le préjugé commun contre les congrégations; il fonda donc à Cahors, en 1645, les prêtres de la Mission qu'il établit dans cette maison déjà dotée, et leur donna ainsi, le premier des évêques de France, son séminaire diocésain, toutefois sans aucune autre charge, après les travaux des missions, que de faire faire dans cette maison les exercices aux ordinands pendant dix jours (2). Ces exercices furent en effet le seul objet des premiers séminaires, établis dans les provinces ; en sorte qu'il n'y restait plus personne, après les retraites terminées. Toutefois, à Cahors, comme le revenu attaché à la fondation était plus que suffisant pour l'entretien des missionnaires, M. de Solminihac les obligea d'avoir trois clercs avec eux et de les instruire; et l'évêque de Saintes, ayant fait une semblable fondation, leur imposi pour le même motif l'obligation de garder deux clercs ave eux (3) ft. Enfin ces prêtres, étant dans la nécessité d'em-

+ Comme ces exercices avaient lieu dans la maison où logeaient les missionnaires, et que l'assemblée générale du clergé de 1695 avait engagé les évêques à établir sous le nom de séminaires des maisons de missionnaires diocésains, quelques particuliers auraient désiré qu'on appelât toutes les maisons de la congrégation de la Mission du nom de séminaires, qu'on donnait à quelques-unes à cause des excrcices des ordinands (4). Mais saint Vincent ne goûta pas cet avis : « Je pense qu'il est bon, répondait-il le 28 no- » vembre 1649, que nous ne changions pas le nom que le » Saint-Père donne à nos maisons, qui est de la Afissioï, » pour les appeler séminaires (5).

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dont ils étaient chargés. Faute de cette précaution, un essai de séminaire fait par M. de la Fayette, évêque de Limoges, dans son château d'Isle, ne répondit pas à son attente, les séminaristes se trouvant abandonnés à eux-mêmes pendant que leurs maîtres évangélisaient les paroisses des environs (1). C'est pourquoi saint Vincent de Paulet M. de Solminihac convinrent, dans Ie contrat de fondation de 1643, que les missionnaires garderaient avec eux trois jeunes clercs au séminaire on aux missions, ct l'évêque de Saintes, de son côté, disait aussi dans ses lettres de 1644 : Qu'ils tiendraient deux clercs ou ecclésiastiques séminaristes aux missions ou dans le séminaire (2. On voit par ces détails que les premiers et sirares séminaristes de la Mission dans les provinces, alhient ainsi de village en village, à la suite de leurs directurs, la plus grande partic de l’année.

L'année 1645, l'évêque de Saint-Malo introduisit trèsheureusement dans son diocèse, un commencement de séminaire fixe ct arrêté. C'était Achille de Harlay de Sanci, prélat non moins favorable aux congrégations que ne l'était Alain de Solminihac, comme ayant été auparavant membre de l'Oratoire (2) et l’un des plus fervents disciples du Père de Bérulle (3). Ayant appelé les prêtres de Saint-Lazare dans son diocèse, il les établit dans l’abbaye de Saint-Méen, pour prêcher des Missions et faire faire aux Ordinands les exercices des dix jours. Mais comme le revenu de cette abbaye, dont il fit ainsi son séminaire diocésain, était considérable, il voulut que,'dès le commencement, on y gardât douze cicres, et que quelques prêtres de Saint-Lazare demeurassent toujours avec eux pour les instruire, tandis que les autres vaqueraient aux travaux des missions. Ainsi, par le alle de M. de Harlay, il y eut à Saint-Méen un commenccment de séminaire pour ces douze sujets, quoique les autres ordinands ne vinssent encore dans cette maison que pour les retraites de dix Jours (4). Alain de Solminihac fit plus encore: convaincu de l'insuffisance de ces exercices et de la né- «ssité d'un plus long séjour au séminaire, il voulut

donnant leurs séminaires-colléges aux Oratoriens. Ainsi,en 1616, l'évéque de Luçon, Armand de Richelieu, les obligea dyentretenir six enfants du diocèse, destinés à l’état de prétrise; l'année suivante l'évêque de Mâcon stipula qu'ils recevraient quatre pauvres clercs qui ne paieraient que peu ou point de pension; ceiui du Mans, en 1624, cxigea qu'ils nourrissent &pt boursiers; celui de Meaux, deux, en leur donnant, en 1697, l'abbaye de Juilly qui devait être transformée en séminaire-collége (D).

(1) Vies Ms.par Grandet. Vie de MM. Bourdon.

Premiers séminaires fixes de la Mission dans les provinces.

(2)Gallia christiana, t. 11, p.

682, édit. 1656, (3) L'Oratoire de l'rance,in-1?, 1866, p. 239.

(4) Fondations de la Mission, 14 juillet 1645, t. u, fol. 81.

(5) Annales de

de la maison,

rue Saint-Hono-

ré, Archives nation, M, 440,

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