‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 331 · PAUVRETÉ DU SÉMINAIRE EN SES COMMENCEMENTS · texte numérisé non relu

PAUVRETÉ DU SÉMINAIRE EN SES COMMENCEMENTS

aucune sorte d'avance, pas mème de quoi envoyer acheter au marché ce qui leur ctait nécessaire pour vivre chaque jour (1).

Cetteépreuve, naturellement très-rude pour des hommes nourris dans leluxeet l'abondance, touten produisant dans les uns les précieux effets dont nous venons de parler, devenait pour d'autres, qui n'avaient pas en Dieu une si aveugle confiance, le sujet d'une Ctrange tentation de découragement ; en sorte que M. Olier jugea qu'il était de la prudence de ne pas faire connaître à fond à ces der-— niers l'état de gène extrème du séminaire. M. de Foix, qu'il en avait établi supérieur, ne fut pas luimème exempt de cette tentation. Se voyant sans ressource pour nourrir sa communauté; et sachant d'ailleurs que les fonds provenant de la cure de-vaient être intégralement employés à l'entretien de la communauté des prètres de la paroisse, dont nous avons parlé plus haut, et au soulagement des pauvres, sans pouvoir en attribuer au séminaire la moindre portion, il entra dans de grandes peines, et crut qu'il serait contraint de tout quitter (2).

Il faut ajouter que Dieu les ayant assemblés par sa providence, et voulant être reconnu seul auteur de leur établissement, leur avait fait connaître qu'ils devaient s'abstenir, non seulement de rien deman-— der à personne, mais mème d'aller visiter qui que ce fût avec la simple espérance, ou seulement la pensée d'en recevoir le moindre bien pour le séminaire; et que s'ils en usaient d'une autre manière, ils ruineraient leur vocation. Au séminaire comme à la communauté des prêtres de la paroisse, ils ne devaient prendre que le nombre de sujets qu'ils pouvaient entretenir avec les secours ordinaires que leur envoyait sa Providence. Si en s'en tenant à ce nombre ils se trouvaient néanmoins dans la nécessité extrême, ils devraient réduire leur dépense, ense retranchant tout ce dont ils pourraient se priver, plutôt que de rien demander à personne.

({\Mém.part., an, 1642, 1644.

XXI, Plusieurs craignent que l'œuvre n'é choue par défaut du tem-

porel.

(2)Mém.part., an. 1642, 1643,

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