PAR M. OLIER OU PAR SES DISCIPLES IMMÉDIATS
On a vu, par ce qui vient d'être dit, l'influence que M. Olier et le séminaire de Saint-Sulpice eurent en général sur la formation des grands séminaires de France, nous essaierons d'indiquer dans ce livre la part spéciale que le serviteur de Dieu prit, soit par lui-même, soit par ses premiers disciples, à l'établissement de quelques-unes de ces maisons. Le peu de documents que l'on possède à Saint-Sulpice sur les premiers travaux de la compagnie, ne permet pas de présenter au lecteur, sur ce point, un travail achevé: il faudrait pour cela des recherches qui ne peuvent être faites que sur les lieux; mais nous ne doutons pas que, si elles étaient entreprises et continuées avec persévérance, elles ne fissent connaître que, parmi les nombreux sémimaires diocésains, dont l'origine est aujourd'hui entièrement inconnue, il y en a plusieurs auxquels M.Olier envoya du secours et accorda transitoirement quelqu'un de ses disciples. De ce nombre fut «rtainement le séminaire d'Amiens qui commença ss exercices l'année même où mourut le serviteur de Dieu. L'abbé de Séry en avait été nommé supéeur : ayant besoin d'être lui-même formé à ce genre de vie, l'évêque d'Amiens, François Faure, de l'ordre de Saint-François, fit prier M. Olier de lui donner quelqu'un de ses prêtres pour l'aider en
Établissement du séminaire d'A-
miens.
(1) Assemblées du sém. de S.- Sulpice, t. 1, p. 2;
(2)Arch. nat.
Mission, t. 11, p.
Le sémi:.… re de Saint- Flour,
(3) Arch. nat.
sect. hist., M. t.
ni, fol, 85.
(4) Lettres aut.
de M. Olier, p,
312 PARTIE II. LIVRE VIr. — 1651.
ces commencements. M. de Parlages, qui était doc. teur de Sorbonne et supérieur de la communauté fut choisi pour cette mission, et il passa environ trois ans à Amiens. Il en fut rappelé par M. de Bretonvilliers durant les vacances de 1659. On avait besoin de lui, et il n'avait été cédé que pour un temps par M. Olier. Cependant le principal motif de ce rappel était le peu de fruit que sa présence -roduisait au séminaire, dont le supérieur et les autres directeurs entraient peu dans les proposi-
tions qu'il faisait pour le bien de la maison (1) {js
Cette circonstance peut servir à expliquer comment, des l'année 1662, et cinq ans seulement après la fondation de cet établissement, l'évêque d'A miens qui, en sa qualité de religieux, ne devait pas être en défiance contre les congrégations, appel les prètres de la Mission et leur remit la direction de son séminaire (2).
M. Olier procura le mème avantage à M. Jacques de Mont-Rouge, évêque de Saint-Flour. Ce diocèse, alors d'une vaste étendue, se ressentait partout du dépérissement de la discipline ; et s’il faut en croire les actes publics, on y comptait jusquà six où sept mille ecclésiastiques dépourvus dei connaissances les plus nécessaires à leur état (5) M. Olier, connaissant depuis longtemps les besoins de cette contrée où était située son abbaye de Ptbrac, avait d'abord eu dessein d'envoyer M. Couderc (4) à M. de Mont-Rouge. Maïs ayant dispost de lui pour un autre diocèse, au défaut de M. Couderc, il lui procura M. Eymère qui était son propre diocésain. Cet ecclésiastique, après avoir terminé en Auvergne son cours de philosophie, était ail à Paris pour étudier la théologie en Sorbonne, ct Dreu qui le destinait à former des prêtres, voulut le préparer à cet emploi en le conduisant auprèsde M. Olier. Là, pendant plusieurs années, il fut formé à l'esprit et aux vertus ecclésiastiques, ainsi qu'aux fonctions du ministère extérieur qu'il exerça à la
paroiss ferveu format qui av son sé mérite dère qu voyait cinquat ture, d ait les plus ing pouvait rection 4 et pour Roi, en Parlages mer à S tnuer l'( i fut |’ grande r \rillon, é l'aider d ajouter à bide l'E lorsque c teurs *.
pendant ]
Qclocése
court, en de la Mis:
Le prés sége de | transféré M. Bernan lu donne pour com «se qui :
Yingt ans.
IA
ui était doc- )mmunaute, iSSA environ > par M. de 659. On avait jue pour un incipal moti > sa présence érieur et les les proposi-
ri
paroisse de Saint-Sulpice, et paruttrès-propre par sa ferveur et ses talents, à travailler lui-même à la formation des jeunes clercs (1). M. de Mont-Rouge, qui avait extrèmement à cœur l'établissement de son séminaire, reçut * bras ouverts un sujet de ce mérite ; on le comprendra sans peine, si l’on considére que, dans la disette de bons ouvriers où il se voyait réduit, ce prélat avait toujours quarante ou cinquante jeunes clercs ou prétendants à la ciéricature, dans un apnartèment de son palais; et qu'il pla-
(1) Recueil de pièces. Bibl.
Mazarine, Ms.
maison (1). ÆR itles autres auprès des curés les plus pieux et les
oliquer comlement après évèque d'Ane devait pas tions, appel t la direction
à M. Jacques lour. Ce diossentait pare ; et s'il faut ptait jusquà bpourvus des leur état (5)
ù plus instruits, pour les former autant qu'alors on pouvait le faire (2). Il donna donc à M. Eymère la direction de son séminaire vers l'année 1650 ou 1651, et pour consolider cet établissemen*, il obtint du Roi, en 1653, des lettres patentes. Comme M. de Parlages l'avait fait à Amiens, M. Eymère dut forner à Saint-Flour des sujets du diocèse, pour contnuer l'œuvre après lui: car quelque temps après, i fut l'un de ces fervents ecclésiastiques que la grande réputation de vertu dont jouissait M. Pa-
\'rillon, évèque d’Aleth, attira auprès de lui pour l'aider dans la réforme de son diocèse. Nous devons ajouter à la louange de M. Eymère que, fidèle à la bi de l'Eglise, il ne dissimula pas ses sentiments,
(2) ibid.
Archives,
ps les besoins lorsque ce prélat fit cause commune avec les nova-
bbaye de P£byer M. Couayant disposé it de M. Couit son propre voir termint ie, était all Sorbonne, et êtres, voulut ant auprèsde S, il fut formé ainsi qu'aux exerça à là
teurs *. Le séminaire de Saint-Flour fut dirigé pendant plus de vingt ans par des prêtres de ce Ldocèse, juscr1'a ce que M. de la Motte-Houdencourt, en 1674, l'unit à la congrégation des prêtres de la Mission (3).
Le prédécesseur de M. de Mont-Rouge dans le stge de Saint-Flour, M. de Noailles, ayant étc transféré à celui de Rodez, en remplacement de M. Bernardin de Corneillan (4), supplia M. Olier de lu donner quelques-uns de ses ecclésiastiques pour commencer la réforme de son nouveau dio- Use qui avait été comme abandonne l'espace de ïngt ans. Quoique ie serviteur de Dieu employât
+ NOTE 1, p.
(3) Arch. nat.
Mais, t. 1101, fol.
Établissement du séminaire de Villefranche.
(4) Galliachristiana, 1656, t.
ut, p. 960.
(1) Lett. aut.
de M. Olier, p.
(2) Mémoires de M.dulerrier,
(3) Réponses aux questions sur M. du lerrier, ibid. Ms.
Sainte - Geneviève.
(4) Généalogie de Queylus, Ms.
de la bibliothèque Mazarine.
Bonal, Ms.
(6) Mém, de M.
du Ll'errier, p.
314 PARTIE II. LIVRE Vi. — 1651.
alors tous ses prètres au renouvellement du faybourg Saint-Germain (1), il en détacha volontiers quelques-uns par affection pour le diocèse de Ro. dez, dont il aurait entrepris lui-mème la réforme si l'année préccdente l'abbé de Saint-Germain ne l'eût déterminé à en refuser le siège, pour conti nuer d'être cure du faubourg. Il envoya donc à M de Noailles ceux de ses ecclésiastiques qu'il juge les plus propres à travailler dans ce diocèse: M. du Ferrier (2), natif de Toulouse, avantageusement connu en Languedoc(5), et M. Gabriel de Queyius, né dans le Rouergue même, où il possédait lab. baye de Loc-Dieu et où sa famille jouissait d'un: grande considération (4). Mais selon sa coutume il mit pour condition de pouvoir les rappeler dan un court espace de temps, espérant qu'ils ne quit teraient pas Rodez, sans y laisser des ouvrierszéks qui maintiendraient le bien commencé et l'étendraient de plus en plus par la suite.
Il avait connu à Paris M. Raymond Bonal, de Villefranche-en-Rouergue, lorsqu'en 1657, ce pritre zélé Ctait allé consulter le père de Condren sur ke dessein qu'il méditait d'unecommunauté de prêtres
voués à la sanctification des ecclésiastiques et aux
missions. Il n'ignorait pas que le Père, approuvant ce projet, avait envoyé à M. Bonal et à ses premier associés le célébre M. Meyster, pour les aider au commencement (5). Mais il savait aussi que, malgré toutes leurs démarches, tant à Rodez qu'à Pamiers et à Aleth, ils n'avaient pu, depuis dix ans, fai ériger canoniquement leur association en commu nauté ecclésiastique, par suite des préventions gènérales des évèques contre les congregations (6) et il espérait sans doute que les prêtres qu'il en
voyait à Rodez feraient cesser tous les obstacies{
comme il arriva en effet.
M. de Noaillks, pour donner a M. du Ferri toute facilité d'opérer la réforme du diocèse, | confera, dès son arrivée, la charge de grand vicairé
et celle particu} rien pl ment d franche future 4 connue des Trei cnte, et apres ilfita] motivé établisse prélat ve lettres d roisse de nauté et 4 curés (1) dans un vine Pro » il dans » que nc » notre » par la :
» est vra » grand * » de lac « Sulpice » Pamier > Ferrier » GES VOié vilm'a f » corde? ( L'étaoli dés son oi gnait les 1 la thcolog étude. Il formé à ”
nt du fau- L volontiers èse de Rola réforme Germain ne pour contia donca qu'il juga cèse: M.du ageusement de Queylus.
ssédait |abuissait d'une sa coutume 1ppeler dans u'ils ne quit:
uvriers Zéles cé et l'éten-
nd Bonal, de 657, ce prètre ndren sur le té de prêtres tiques et aux} F approuvant ses premiers les aider a i que, malgre qu'à Pamiss dix ans, faire en commi ventions gè égations (() res qu'il en es obstacles
. du Ferrié diocèse, | grand vicairé
8ÉMINAIRE DE VILLEFRANCHE. 319
et celle d'official ; et comme ce dernier connaissait particulièrement le mérite de M. Bonal, il n'eut rien plus à cœur que de procurer l'accomplissement de son pieux dessein. Le chapitre de Villefranche ayant consenti, de son côté, à donner à la future communauté une église de sa dépendance, connue sous le nom de Notre-Dame-de-Pitié ou des Treize-Pierres, ainsi qu'une petite maison adjacnte, M. du Ferrier se transporta sur les lieux, et après avoir examiné toutes choses par lui-mème, il fit à M. de Noailles un rapport officiel si bien motive des fruits qu'on devait attendre du futur établissement, pour le clergé du diocèse, que ce prélat voulut en être lui-mème !'instituteur. Par ses lettres du 21 fevrier 1648, il érigea donc sur la paroisse de Notre-Dame-de-Villefranche une commu nauté et séminaire pour l'instruction des clercs et des curés(1)°. M. Bonal, au comble de ses vœux, admira dans un si heureux évènement l'œuvre de la divine Providence. « Nous ne disons plus, écrivait »il dans les transports de sa reconnaissance, » que nous voyons des ouvertures au succés de » notre dessein : il est tout achevé et accompli » par la miséricorde divine. Monsieur de Rodez, il » est vrai, a été persuadé par M. du Ferrier, son » grand vicaire, qui m'a fort connu et à fond , étant » de la communauté de M. l'abbé Olier à Saint- « Sulpice, d'u est sorti M. (le nouvel évèque) de » Pamiers. Mais qui m'a fait connaître à M. du » Ferrier? qui l'a fait venir de Paris à Rodez par » Ges voies et des circonstances si admirables dont »ilm'a fait le récit? n'est-ce pas la divine miséri- » corde? (2) »
L'étavlissement ainsi formé à Villefranche fut, dès son origine, un séminaire-collège où l'on enseignait les lettres humaines aux plus jeunes clercs et la thiologie à ceux qui étaient capables de cette itude. Il en fut de même d'un autre séminaire lormé à Toulouse par M. Bonal *. Mais M. de
Bonal, p. 31, 32, 33.
*NOTE 2,p.362.
(2) Ibid.
Origine du séminaire de Rodez.
* NOTE 3, p.
RE
% fl Hi < | N
Bonal, p. 30, 31, 33.
(2?) Cat. d'ent.
au sém. de S.- Sulpice, p. 22.
(3) Archiv. du départ. de l'Aveyron, sémin.
de Rodez.
Réforme du clergé de Rodez. Chapitre de Villefranche.
Noailles, encouragé par les prêtres de Saint-Sul. pice et saintement impatient de procurer à son clergé de nombreux moyens de renouvellement, résolut, dans le court espace de temps qu'ils reste. rent auprès de lui, d'établir un grand séminaire dans sa ville épiscopale. Il se proposait de l'ouvrir à Pâques de cette année 1648; déjà mème il avait fait choix à Rodez de la maison la plus favorable à son dessein, lorsqu'il mourut inopinément avant la fin du carème (1). Ce ne fut que son troisième successeur, M. Levoyer de Paulmy, qui put mettre enfin ce projet à exécution, l'année 1677.11 se servit pour cela d'un docteur de Sorbonne, disciple de M. Olier, quoique sans être de la compagnie de Saint-Sulpice, M. Thomas Regnoust, du diocèse de Séez, recommandable par sa science, la sagesse de son zele, sa fermeté et la solidité de sa vertu. Perdant ses études il avait eu l'avantage de passer près de deux ans au séminaire de Saint-Sulpice, sous la conduite de M. Olier (2); et s'étant rempli de l'esprit et des maximes de cette maison, il établit sur ce modéle le séminaire de Rodez qu'il gouverna jusqu'à sa mort en qualité de supérieur, aidé par des ecclésiastiques du pays, qui continuèrent de le diriger jusqu’en 1695. Ce séminaire fut donné alors aux RR. PP. Jésuites, et après la suppression de leur compagnie, à des prêtres du diocèse, jusqu'en l’année 1767 qu'il fut uni à la congrègation de la Mission.
Les prêtres de M. Olier, dans le peu de temps que vécut M. de Noailles, depuis leur arrivée à Rodez, travaillèrent avec beaucoup de bénédiction à la réforme de l'état ecclésiastique. Outre l’usage des exercices des dix Jours, qui eurent lieu pour la première fois avant l'ordination du mois de décembre 1647, ils établirent la pratique observée depuis, des conférences diocësaines qui avaient lieu une fois chaque mois dans les divers points du diocèse, et dans lesquelles chacun devait répondre par écrit
a douze les prèt docilité, aux sain tonsure nage d'A voyant avaient sempèch tarderait leurs (1).
prètres de sastiques d'aller spc aaire de V taux fon mières ant recüt dan:
mes, Il es frent tout nir cette n lœuvre de quelque tet ment au sé tion que p exemple, c hard, voyan Villefranch glise des Ti me, il s'en montra tou
L'afectionn
} a proposé » de Loc-D > visions dé » ment ave ‘1lveut nou de M. de:
int-Sul- T à son Hement, ils resté. éminaire > l'ouvrir e il avait vorable à nt avant roisième it mettre se servit isciple de pagnie de u diocèse la sagesse sa vertu.
de passer t-Sulpice, nt rempli on, l étaqu'il gourieur, aidé tinuerent fut donne suppresu diocèse, congrèga-
de temps
vée à Roiction à la usage des bur la predécembre
e depuis,
lieu une
u diocèse, e par écrit