VIT
Etablissement du séminaire de Limoges.
(1) Vie de M Bourdon, Ms Ibid.
(2) Gall.christ recentior, t, 1 col. 513.
. » jour quelque séminaire (1). » En effet, surh
avait déja fait en vain un essai de séminaire, àlla à Paris et pria M. de Bretonvilliers de lui donnerdes prêtres de sa compagnie, pour entreprendre tout de nouveau une institution devenue si nécessaire à son diocèse. M. de Bretonvilliers lui répondit qu'il ne pouvait, dans ce moment, disposer d'aucun sujet capable d’une œuvre si importante , mais qu'il connaissait un docteur de Sorbonne, form: par M. Olier au séminaire de Saint-Sulpice, et dout de toutes les qualités nécessaires pour le faire réussir. Il lui nomma M. Jean Bourdon. En rendant un témoignage si avantageux au mérite de ce docteur, il se fondait sur le jugement qu'en avait porté M. Olier lui-même. Ayant en effet remarqu en lui une grâce particulière pour exciter les ecclesiastiques à la perfection de leur état, le serviteurde Dieu l'avait invité, aussi bien que M. Louis Tronson, à aller confesser les séminaristes de Saint-Sulpice, quoique M. Bourdon ne demeuràt plus alors au stminaire, et fût étranger àcette maison : particularit fort remarquable qui fait dire à Grandet: « [1 sembk » par là que ce grand homme avait un pressenti- » ment de ce que M. Bourdon devait conduire un
‘ proposition de M. de Bretonvilliers, de la parte M. de Lafayette, il partit pour Limoges, avec plusieurs ecclésiastiques qu'il s'était adjoints, et organisa le nouveau séminaire sur le modèle de celi de Saint-Sulpice, dont il adopta les règlements, de l'autorité de l'Évèque. Cette nouvelle institution que les auteurs du Gallia christiana n'apptlaient pas sans raison un séminaire celebre,
. celebre seminarium (2), fut en effet la source d'un
* nouvelle génération de prêtres pour tout le Limousin. Conformément aux vues de M. Olier dans son Projet de l'établissement d'un séminaire dans un diocèse, M. Bourdon appela à son aide M. Miche Bourdon son frère, curé du Havre, docteur de Sorbonne, formé comme lui par M. Olier, et ie miti
la tête 4 naire, po bénédicti dante q assurer | M. Bour de Saintcoup de 1 voir S'yr divine Pr« et agrégec M. Lasca pice et sin M. Olier lvra tout nle* (2), e de ces ou vi bus de cor krent la fa L'année «clésiastiq ‘oyage en &rnant sor & pays, il v tale envers aller vénére:
apôtre de 1:
que la Provi Hnstruire d' à Sa Vocatior kvorisé du « Fues qu'il a:
à la perfectic terait de E ques, qui re Que Saint Vis Dissionnaire.
IL Olier s’ét Prière au tor To. ur.
e, alla à
la tête d'une compagnie de prêtres unis au sémi-
nner des aire, pour les besoins du diocèseet les missions. La dre tout bénédiction de Dreu sur leurs travaux fut si abonécessaire dante que M. de Lafayette, dans l'espérance d'en répondit assurer la continuation,voulut, sur les instances de ser d'au- M. Bourdon lui-même, unir son séminaire à celui te , mais de Saint-Sulpice. M. de Bretonvilliers, après beau 1e, form coup de réflexions et de prières, ne crut pas poue, et dou soir s'y refuser sans contrarier les desseins de la r le faire divine Providence ; il accepta ce séminaire en 1666, . Enren- tagrégea M. Jean Bourdon à sa compagnie. Enfin, rite de ce M. Lascaris d'Urfé, formé lui-mème à Saint-Sul-
qu'en avai pie et singulièrement affectionné à la mémoire de remarqu M. Olier (1), ayant succédé à M. de Lafayette, se r les ecclt- ivra tout entier à l'exercice de la charge pasto-
erviteur de nle* (2), et seconda de toute son autorité le zèle s'Tronson, D ie ces ouvriers apostoliques : ils travaillaient ainsi nt-Sulpice, bus de concert avec tant de succès, qu'ils renouve-
alors au S&-
articularit
«fl semble
\ pressenti- -onduire un ffet, sur h e la parte s, avec pliints, et ofèle de celui règlements, elle instituina n'appte celebre, urce d'uné t ie Limousr dans 501 ans un div- M. Michil eur de 501 et ie miti
krent la face du diocèse de Limoges.
L'année 1648, où M. Olier rappela de Rodez ses icksiastiques, il fit, comme on l'a déjà raconté, un voyage en Bretagne pour régler des affaires conernant son prieuré de Clisson. Se trouvant dans & pays, il voulut, par un eflet de sa dévotion spttale envers les Apôtres des lieux où il passait, aller vénérer les reliques de saint Vincent Ferrier, apètre de la Bretagne au XV: siècle, sans savoir que la Providence le conduisait à son tombeau pour Hnstruire d'un dessein important, étroitement lié à Sa vocation. On sait que saint Vincent Ferrier fut hvorisé du don de prophètie (3); et que, dans les vues qu'il avait de l'avenir, il s'animait lui-même à la perfection par la pensée, qu'un jour Dieu susüterait de bons prêtres, des hommes apostoliques, qui reléveraient l'état sacerdotal: exemple Que saint Vincent de Paul aimait à rappeler à ses missionnaires, pour les exciter à la ferveur (4). IL. Olier s'étant donc rendu à Vannes se mit en Pitre au tombeau du saint Apôtre ; et comme il
Tom. ut. 21
(1) Lett. de M.
Tronson, t. IV, Limoges, p. 92,
366, (2) Gall.christ, t. 11, col. 13.
Motifs de l'établissement du séminaire de Nantes.
(3) Acta sanct.
Bolland. V. Àprites.
(4) Vie par 4beliy, iv. 11, ch. v, des séminaîres,
(1) Mém. aut.
de M. Olier,t.v, p. 355 el suiv.
Établissement du séminaire de Nantes
(2) Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire (par Desmolets, de l'Oratoire),t, va, {|'° part, p.
demandait à Dieu, par son intercession, la grice de prècher avec la force et l'énergie qui avaient paru dans cet homme apostolique: « Le saint » Apôtre de la Bretagne, dit-il lui-même, met » entendre que, mon emploi ne demandant plu maintenant l'exercice assidu de la prédication, ; m'obtiendrait un don plus analogue à ma voution : la grâce de former des enfants à Dreu, qui continueraient l'œuvre que nous avons commen. cée pour son divin service, et dilateraient ke
royaume de Jésus-CHRrisrT; ce qui serait d'u
fruit plus stable et plus permanent que n était
celui de la prédication, qui passe promptement » et n'a pas tant de suite. Que pour cela il désirait que je commençasse à faire un établissement dans Nantes et à y envoyer quelques sujets m'assurant qu'ils seraient remplis de grâces etde bénédictions pour agir dans ses intentions, et pour continuer ses travaux en cette province de Bretagne, que Dieu a mise sous sa protection. Et, ce qui est bien remarquable, venant aprs cela à rencontrer le grand-vicaire de Monsegneur de Vannes, il me témoigna que, pour le bien de la province, il serait à souhaiter quiy eût quelque établissement à Nantes, sans m parler à l'avantage de son propre diocèse, qui semblait oublier, pour me confirmer extérieurt- » ment les paroles que cet Apôtre m'avait fait en- » tendre au fond du cœur. » M. Olier étant ven de là à Nantes, trouva les principaux membres di clergé de ce diocèse tout disposés à ce dessein (!) Il retourna cependant à Paris sans parler à per sonne de cétte faveur, attendant que Dieu lui don nât des signes extérieurs et indubitables de volonté : ce qui ne tarda pas.
L'Évèque de Nantes, M. Gabriel de Beauval qui avait déjà fait, en 1642, un essai de séminai dans sa ville épiscopale (2), croyant apparemmen que cette œuvre prendrait une forme stable et 1
sulière « en avait pria ave semblait nagè sec M.Olier, nouvelles Oratorier ité dans quelques Beauvau mieux qu que d'aille dépourvu ss ecclési.
purs de fr donnés. U desser les tablissem.
nèmes la carè nette lOratoire, : & rendit e Nantes. dur tiques (2), 1 tevent (4), € kesenvoyer & Quelque tem Ce qu'il a rurent offer els termes ing, leur rend Pére, qui étant à lui-même n Sminaire 4
, la grâce li avaient Le saint ne, me ft
nlière et que le succès en serait assuré, si M. Olier en avait la direction, vint peu après à Paris, et le oria avec beaucoup d'instances de l'accepter. Il semblait que cette proposition fût un moyen mt-
dant plus nagé secrètement par la Providence. Néanmoins ication, il \.Olier, avant d'y donner les mains, voulut avoirde ma voci- nouvelles preuves de la volonté de Dieu. Comme les Dreu, qui Oratoriens étaient établis à Nantes, où ils avaient > COMMEN- té dans l'usage de préparer les ordinands par
teraient le serait d'un que n'était
quelques jours de retraite (1), il reprèsenta à M. de feauvau que ces Pères pourraient, beaucoup mieux que lui, se charger de cet Ctablissement ;
omptement De d'ailleurs la ville de Nantes n'était pas assez a il désirait D l5ourvue d'ouvriers pour qu'il dût y envoyer de ablissement ss ecclésiastiques, son intention étant d'aller touues sujets jours de préférence dans les lieux les plus abangrâces td DD nés. Un autre motif de refus était la crainte de tentions, ED i\scer les Pères de l'Oratoire, en acceptant un province de D :blissement dont ils pouvaient désirer pour eux-
protection.
renant aprés
de Monsiue, pour le aiter quily es , sans me diocèse, qui r exterieurthyait fait en sr étant venl membres du e dessein (!) arler à pe Dieu lui don ables de $
nèmes la direction. Mais ce prélat lui ayant déré nettement qu'il ne voulait la donner ni à lDratoire, ni aaucune autre congrégation, M. Olier & rendit enfin à ses instances, et fit partir pour Nantes, durant l'été de 1649, deux de ses ecclésiastiques (2), M. Gabriel de Queylus (3) et M. d'Hurevent (4), en se réservant néanmoins la liberté de lsenvoyer ailleurs, lorsqu'ils auraient servi durant quelque temps le diocèse de Nantes.
Ce qu'il avait craint arriva: les Oratoriens se rurent offensès de cette préférence ; et voici en Quels termes M. Olier en écrivit au Père Bouring, leur général: « Je vous dirai, mon révérend Père, que ce fut Monsuigneur de Nantes, qui étant à Paris nous manda et nous témoigna Li-mème ne vouloir donner la direction de son &minaire à aucune congrégation. J'y suis entré avec cette condition et cette pricre qu'il me fût perais de retirer nos Messieurs dans quelque temps d'ici, ne désirant point de m établir dansces lieux;
de Beauval de seminaié paremmel stable et ré
« | nna le ; Nantaises, t.11 €
(2) Lett. aut.
de M, Olier, p.
111, — Vie de H. Olier, par le Père Giry, part, 1°, ch. xix,
(5) Arte du 17 août 1649, qui met les directeurs en possession du sémin.
(4) L'Esprit de M. d'Hurtevent par M.Maillard, p. 142, 143. — Eglise de Bretagne, 1539, p.
5?. — (Grandet, Ms.t.1.p.201.— Vies des Saints de Bretagne, t.
X, Lettre de M. Olier au Père
Bourgoing touchant le séminaire de Nantes.
72 Pad Ve IMAGE EVALUATION & TEST TARGET (MT-3) [Lo su = : 4 lé Lu ie NUE IL.
Ve ILE IS AN | PR È AN 6: AN M Se °
Photographic 23 WEST MAIN STREET NN Sciences vmnr se £ Corporation
FA CA 4 TV. d NN
ON
» mais, selon le sentiment du défunt Père de Con. » dren, d'aller seulement y jeter les semences de » l'esprit ecclésiastique, et puis de m'en revenir. » Si bien, mon révérend Père, que je vous laisse. » rai la porte ouverte quand vous voudrez; et, si » j'eusse vu l'esprit de Monseigneur de Nantes dis. » posé à vous recevoir, je n'aurais point pensé à k: » chose. Car, comme toute la France soupire aprés » des ouvriers, je pense qu'il faut plutôt aller la où » il n'y a personne, que d'entreprendre sur k » moisson d'autrui. Dès que vous trouverez l'e- » prit de Monseigneur de Nantes disposé à vo » recevoir, vous me ferez le bien, mon révérend » Père, de me le mander, et aussitôt je rappellera » nos Messieurs, Plût à Dieu que je fusse asse » heureux pour vous servir en cela et ailleurs: » J'en ai toujours fait la protestation ; j'en ai donn » des marques aux vôtres en toutes rencontres, ét » je suis toujours prèt à le faire. Voyez ce quil » vous plaît que je fasse, pour vous témoigner que
() Lettr.aut, , je suis votre très-humble et très-obtissant serii-
de M. Olier. p.
54, 55. » teur (1) +. »
XI. À Nantes, M. de Queylus et M. d'Hurterat Réglements brofitèrent de la confiance que leur témoignai sur l'adinis- c
sion et *e se. M: de Beauvau, pour établir avec son approbation jour au sémi- dans le nouveau séminaire, les pratiques quis naire de Nan- avaient suivies eux-mèmes dans leur éducatiol tes, cléricale à Vaugirard et à Paris. Conformément la recommandation du Père de Condren, ils n'ai mirent que des jeunes gens déjà formés, qui eus sent terminé leurs études classiques, et mème leu cours de philosophie. M. Olier, comme on lat
ne recevait aucun sujet qu'après s'être assuré, pl
+ Dans l'acceptation du séminaire de Bourges, où | Pères de l'Oratoire étaient déjà établis, M. Tronson su cette conduite si chrétienne de M. Olier, et se montri digne héritier de son esprit aussi bien que de sa chars (Voyez la note XI°).
une tions voul que naîtr avan!
préca naire du sa comp destie comm cèse d ration retrait cordon!
sous-d naire, mit qu on n'y qu'avar veau sé ordonn » et de > conne » sacer par fidé sonne nl avoir re qu'un aï que le te était de Par c« soins de tout dar Queylus tes la ré ble objet l'érection
ère de Consemences de 'en revenir vous laisse.
idrez ; et, si > Nantes dis nt pensé à ki soupire après ôt aller la où endre sur ki ouverez l'eisposé à vou non révérend je rappellera je fusse ass a et ailleurs:
; j'en ai donn rencontres, ét Voyez ce quil témoigner que béissant ser
. d'Hurterit ur témoignait on approbation ratiques quis leur éducatioi onformèment dren, ils n'ai rmés, qui eus 5, et même let mme on lat être assurè. Pi
Bourges, où À A. Tronson Su , et se montri que de sa chara
une assez longue épreuve, de la pureté de ses intenz tions et de la solidité de sa vertu. M. de Beauvau voulut qu'il en fût de même à Nantes, et ordonna que les prétendants au séminaire se feraient con naître aux directeur; de cette maison trois mois avant d'y être admis. Si l'on usait alors de cette précaution, c'était pour que, dès le début des séminaires, on pût donner plus aisément à ces noviciats du sacerdoce, par le digne choix des sujets qui les composaient, ce caractère de piété sincère, de modestie et de régularité cléricale, qui devait leur être comme propre et naturel. Jusqu'alors, dans le diocèse de Nantes, on n'avait exigé pour toute préparation aux saints ordres que quinze jours de retraite chez les Oratoriens (1). M. de Beauvau ordonna qu'à l'avenir personne ne fût admis au sous-diaconat qu'après six mois de séjour au séminaire, et sur la présentation du Directeur. Il permit que pour préparation immédiate au diaconat cn n'y passät que huit jours; mais il ordonna qu'avant la réception du sacerdoce on y fit un nouveau séjour de trois mois, et cela, dit-il dans son ordonnance « pour joindre à l'acquisition des vertus »et de la piété que demande cet état sublime, la » connaissance légitiri® et la pratique des vertus
» sacerdotales. » Enfin dans cette même vue, et pr fidélité aux saints canons, il voulut que personne ne fût promu au diaconat qu'un an après avoir reçu l'ordre de sous-diacre, ni à la prètrise qu'un an après la réception du diaconat, en sorte que le temps entier de la préparation au sacerdoce tait de près de trois ans.
Par ces salutaires pratiques, et aussi par les soins de tout genre donnés aux prêtres, surtout dans leurs retraites au séminaire, M. de Queylus et M. d'Hurtevent commencèrent à Nantes la réforme du clergé. C'était en effet ce double objet que M. de Beauvau avait eu en vue dans l'érection de son séminaire: « Le dit Seigneur
(1) Annales Nantaises, p.
326 PARTIE Ill. LIVRE vil. — 1649 et suiv.
> évêque, lit-on dans le règlement de 1656, leur
$ commetladirection du séminaire pour y recevoir
» les prètres qui voudront vivre dans la perfection
| » de leur condition, et y instruire ceux qui se pri-
| » senteront pour les saints ordres, dans le chant,h
| » prédication, l'administration des sacrements, les
re » cas de conscience +, l'oraison et autres choses
| le séminaire de » ecclésiastiques et œuvres de pièté pour l'hon. | Nantes. 1658. neur et la gloire de Dieu (1). »