‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 331 · L'ŒUVRE DU SÉM. DIVERSEMENT ÉPROUVÉE · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE DU SÉM. DIVERSEMENT ÉPROUVÉE

refuser d'être confesseur de Louis XITT et des principales dames de la cour. Ce saint prêtre, qui était lui-même sous la conduite de M.Olier(1), mit tout en œuvre pour lui faire accepter la direction des Augustines de Saint-Magloire , et revint sans cesse à la charge, pendant trois ans, lui alléguant le motif le plus propre à toucher son zèle : la nécessité spirituelle de ces religieuses qui, de leur part, avaient une parfaite confiance en lui. Trois autres prêtres de Saint-Sulpice qui, après M. Olier, soutenaient l'œuvre naissante : M. de Foix, supérieur du séminaire; M. du Ferrier, supérieur de la communauté des prêtres de la paroisse ; et un troisième qui semble avoir été M. Picoté, furent pareillement sollicités, chacun de son côté, le même espace de temps , par les plus saintes personnes qui fussent à Pafis, de consentir à devenir supérieurs de quelques maisons religieuses. On agissait aussi avec les mêmes instances pour appliquer les prêtres de la communauté à diverses fonctions de zèle étrangères au service des paroissiens. Enfin, des hommes artificieux, qui formaient secrètement une nouvelle secte, sous le spécieux prétexte de faire revivre les mœurs austères des anciens solitaires et la vie des premiers chrétiens, employaient de leur côté tout ce qu'ils avaient de pouvoir pour se mettre en relation de piété avec les jeunes ecclésiastiques du séminaire et, par ce moyen, les attirer insensible ment à leur parti (2).

Mais c'étaient là autant de batteries caches de l'ennemi de tout bien pour miner et battre en brèche l'œuvre de Saint-Sulpice à sa naissance. La fermeté de M. Olier fut cause que nilui(3), ni les siens, ne prirent alors la direction d'aucune de ces communautés, quelques instances qu’on pût leur faire; et cette sage réserve, dans le véritable exercice du zèle, devint depuis, pour tous les séminaires de Saint-Sulpice, une règle imprescriptible et sacrée. La formation des aspirants au sacer-

Tom. in, o)

(1)Vie de la mère Alvequin, par Lacoux de Marivaut,in-18, Paris 1087, p. 15h.

(2) Mém. part., an, 1643.

Les directeurs du sémi naire doivent renoncer à tout ministère extérieur.

(3) Copie des Mém. de M. Olier t.1,p. 202.

mms

Efforts impuissants des jansénistes, pour attirer les séminaristes. M. de

Gondrin.

doce, l'œuvre la plus importante au bien del'Eglise, demande, en effet, de la part des directeurs qui en sont chargés, leur présence continuelle auprès d'eux et toute leur application; et ils ne pourraient s'en détourner, pour s'occuper à d’autres œuvres, sans qu'elle n'en souffrit notablement, tant pour l'avancement des séminaristes dans les vertus de leur état que pour le leur propre. C'était ce que Dieu avait voulu faire comprendre à M. Olier, par ie songe qui lui montra autrefois sa vocation, lorsqu'il vit saint Grégoire le grand et saint Ambroise dans deux trônes placés l'un au-dessus de l’autre; plus bas, la place vacante d’un curé qui aurait sous sa main une compagnie d'ecclésiastiques; et plus bas encore, une multitude de chartreux : lui signifiant par là que, dans sa vocation, il devait participer tout à la fois à l'esprit de zèle de ces deux grands docteurs, pour l'honneur de l’état écclésiastique, et à l'esprit de séparation du monde, quiest propre aux enfants de saint Bruno. Aussi s'accorde-t-on à regarder comme un effet de cette fidélité à se renfermer dars les fonctions du séminaire, les bénédictions qu'il a plu à Dieu de répandre sur les travaux des disciples de M. Olier.

Quant aux séminaristes, les sectaires cachés de Port-Royal cherchèrent, pendant trois ans, à leur insinuer leurs maximes et leurs pratiques de pénitence, pour les jeter ensuite dans l'illusion, en leur persuadant qu'ils étaient plus avancés dans les voies intérieures qu'ils ne l’étaient réellement. M. Olier les préserva de tout péril par sa vigilance, et par la direction qu'ileut occasion de leur donner, lesengageantäluirendrecompte deleuroraisonetde leur intérieur : ce que tous firent avec simplicité et ouverture de cœur, si l'on en excepte M. deGondrin, déjà nommé dans cette vie. Cet ecclésiastique qui, dit-on, voulait parvenir aux dignités de l'Eglise, et n'était même entré au séminaire de Vaugirard que par ce motif, suivit les conseils perfides des

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