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La colonie est continue] lement harccléc par les sauvages.
(2) Annales des IHospitalières, p.
() Vie de la sœur Bourgeois.
XXTIT.
Dévouement de la sœur
Pourgeois.
(2) Lettres aut.
dela sœur Bour:
geois.
40G PARTIE Il, LIVRE vil. — 1059 et suiv.
» garnison pour le défendre; enfin tout le monde » était découragëé (1). » Dans cet état de chose, M. de Maisonneuve prit le parti de repasser en France pour demander des renforts à la corapagnie de Montréal, et parvint en effet à rassembier plus de cent hommes, tous robustes, exercés au métier des armes, qui s'embarquèrent avec joie pour une si glorieuse expédition.
Un secours non moins utile à la colonie, ce fut le dévouement d'une fille de Troyes, nommée Mxrguerite Bourgeois, qui établit, pour l'instruction des petites filles, une congrégation nombreuse encore subsistante. Cette digne émule de mademoiselle Manse, inspirée comme elle de se consacrer à cette œuvre naissante, quitta sa patrie avec un courage et une confiance que l'Esprit de Div pouvait seul lui inspirer. « Je dis alors en moi-mème, écrivait » elle dans la suite à M. Tronson, si c'est la volonté » de Dreu que j'aille en Canada, je n'ai besoin d'au- » cune chose; et je partis sans denier ni mailk, » n'ayant qu'un petit paquet que je pouvais porter » sous mon bras (2). » Après une multitude dedifficultés, dont la cœur Bourgeois triompha par a géncrosite de son zèle, elle s'embarqua cette annce 1655, arriva à Montréal, et déploya dans cette colonie la charité d'une héroïne et d'un apôtre. Viile- Marie se composait alors d'une cinquantaine de maisons, dispersées çà et la dans l'enceinte d'un petit fort de pieux, et de quelques cabanes dressées dans la campagne, qu'on commençait à peine à défricher. La sœur parcourait seule, chaque jour presque toutes ces maisons, pour y instruire les enfants et les ignorants; et, semblant encore &
multiplier elle-mème, on la voyait visiter et servir les malades, consoler les affligés, blanchir le linge et raccommoder les hardes des pauvres et des soldats, ensevelir les morts, et se dépouiller, en faveur des nècessiteux, des choses les plus indispensables. Enfin, ne pouvant suflire aux besoins des habitants
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les habitants.
CANADA, FONDATION DE VILLE-—-MARIE
passa plusieurs fois en France, pour y
nombreuse communauté (1).
M. Olier,, de son côté, avait singulièrement à cœur de procurer un autre genre de secours non moins important à la colonie. En fondant Montréal, les associés avaient dessein d'y attirer tous les sauvages répandus dans un rayon de plus de quatre cents lieues, pour les instruire de la religion. Ce projet demandait un grand nombre d'ouvriers toujours présents dans le pays; et comme on n'en trouvait point en France qui voulussent aller évan-
gliser des peuples si cruels, il pensa que, si l'on pouvait y ériger un siège épiscopal, on formerait, par ©: moyen, des ouvriers sur les lieux mèmes. M. le Gauffre, successeur du Père Bernard, avait sollicité aussi avec beaucoup d’ardeur l'érection de ce siège, et avait mème été nommé pouraller l'étabir, lorsque Dreu l'appela à lui (2). Mais,voulant y contribuer rnème après sa mort, il laissa, par son testament, dix mille livres, pour servir à la dotation de l'Evèque et de son Chapitre (3). Le clergé de France étant alors assemblé à Paris, les associés de Montréal prièrent M. Godeau, évèque de Grasse, d'exposer à cette illustre compagnie la nécessité de donner un Evêque à la Nouvelle-France, et de demander que la somme, laissée par M. Le Gauffre, it appliquée à sa destination. L'assemblée députa, en effet, à la Reine, les Evèques de Scez et de Grasse, et résolut d'écrire à Sa Sainteté, s'il en était besoin. Mais les troubles politiques qui survinrent dans le royaume, firent différer longtemps l'exécution de ce dessein.
Après la cessation des troubles, les associés de Montréal renouvelèrent leur demande, et offrirent 1on-seulement de supporter toutes les dépenses
dont le nombre croissait de jour en jour, elle rechercher des (1) Vie de la coopératrices; et quoiqu'elle ne promiît que des privations et des souffrances aux filles qui s'offraient pour la suivre, elle ne laissa pas de former une
sœur Bourgeois.
— Premier établhissement de la Foi dans la Nouvelle-France, t.
M. Olier et ses associés demandent l'érecticn d'un siége épiscopal à Ville-
Marie,
(2) Crandet, Vies ms, t.1, p.
(3) Ibid. p.491.
— Essai sur l'in- R
fluence, t. 1, p. { 330, — Vie du
P, Bernard, par
le Père Lempe-
reur, ch. 26.
M. de Queylus est proposé pour être évêque de Ville-Maric.
(1)4ssemblie de 1656, 10 août,p.
403 PARTIE 111, LIVRE VII, = 1059 ct suiv.
qu'occasionnerait cette crection, mais encore de donner, pour dotation de l'Evèché et du Chapitre, la moitie de l'ile, avec tous les droits seigneuriaux et les terres déjà défrichées. La difficulté était de remplir un tel siège : un ecclésiastique du sèminaire de Saint-Sulpice consentit par zèle à l'occuper, et l'Evèque de Vence le proposa à l'assemblée du clergé, sans le nommer encore. « C'est un abbé, » dit-il, qui veut bien aller sacrifier, parmi ces sau- » vages, son bien et sa personne. Je ne le puis en- » core nommer ; mais je dois assurer la compagnie » qu'il a toutes les conditions requises, soit de » prudence, soit de doctrine, qui sont nécessairesà » un homme qui va fonder une église parmi les in- » fidèles. Depuis plusieurs années, il travaille dans » les diocèses de quelques-uns de Nosseigneurs les » Evèques de Languedoc, avec un très-grand fruit, » et il y a lieu d'espérer que Dieu bénira ses tra- » vaux. » L'assemblée approuva unanimement la proposition, et chargea M. Godeau de faire en son nom, conjointement avec les Agents du clergé, toutes les sollicitations nécessaires auprès du Pape, du Roi et du cardinal Mazarin (1). Ils s'en occuperent avec beaucoup d'activité du côté de Rome: il parait qu'au mois de Janvier suivant 1657, on n'attendait plus que le consentement du monarque: et pour l'obtenir plus sûrement, les associés dressérent le contrat de dotation de l'Evèché et du Chapitre, et le remirent à l'assemblée du clergé qui devait le présenter au Roi. Dans la séance du 40 janvier, M. Godeau, parlant encore de ce dessein, nomma cette fois l'ecclésiastique qui consentait à aller occuper ce nouveau siège. C'était M. de Queylus, l'un des premiers associés de Montréal. « C'est un » homme, dit-il, dont tous Messeigneurs les Evèques de Languedoc connaissent la probite, le zèle, la capacité, et qui possède une abbaye assez con- » sidérable. Il veut bien aller se sacrifier dans ct
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