LES MISSIONS SONT ÉTRANGÈRES A L'OBJET DE L'INSTITUT DE SAINT-SULPICE
NOTE 1, p. 391. — Si M. Olier envoya des missionnaires dans les Cévennes, ce n'est pas qu'il regardât les missions comme étant de l'objet de son institut; ce fut uniquement pour obéir aux ordres qu'il croyait avoir reçus de Dieu, de travailler transitoirement à la sanctification de ces contrées: aussi ne voulut-il jamais permettre que ses ecclésiastiques se chargeassent de fondations de missions, par la crainte que ces exercices ne les détournassent de leurs fonctions capitales. M. Tronson, en rappelant cette conduite du fondateur de Saint-Sulpice, écrivait à M. Bourdon, supérieur du séminaire de Limoges, au sujet d'une mission pour la fondation de laquelle on offrait un fonds de cent mille écus: « L'obligation d'une mission ne s'accorde point avec l'esprit » de Saint-Sulgice. Quand on trouverait toujours des prêtres » du dehors pour la faire, il faudra que quelqu'un de la » maison en prenne soin, et y donne une application, qui » lui fera prendre insensiblemen: un autre esprit que celui » du séminaire, en lui faisant goûter peu à peu ces emplois » du dehors, qu'on trouve ordinairement plus agréables que »ceux du dedans. Vous fsavez combien notre très-honoré » Père, M. Olier, a cru important de ne point se charger »de missions. Vous avez vu ce que l'on a fait à Limoges » pour en séparer le séminaire (1). » Dans une autre circonstance, M. Tronson écrivait: « De consentir à la mission » dont vous me parlez, cela est fort contraire à l'esprit de » M. Olier et à nos usages ; c'est user, pour le service du » peuple, vos forces qui doivent ètre réservées pour le cler- » gé 2). » Aussi, lorsqu'après la révocation de l'édit de Nantes, M. Tronson envoya neuf ecclésiastiques du sémiaire aux missions du Vivarais, ce fut uniquement par respect pour M. Olier, qui avait témoigné tant de zèle pour la sanctification de cette province, comme aussi pour obéir à Louis XIV, qui avait fait un appel à toutes les communautés (3),