‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 194 sur 331 · M. COUDERC ET LES SYNODES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

M. COUDERC ET LES SYNODES PROTESTANTS

NOTE 9, p.395. — On trouve dans un petit volume pu blié à Valence, en 1657, d'intéressants détails sur deux synodes protestants tenus en Vivarais. et dans lesquels clergé catholique, et M. Couderc en particulier, jeta les ministres dans un grand embarras. Il ne sera pas sans intérêts de reproduire ici quelques passages de ce livre fort rare aujourd'hui, Il a pour titre: Manifeste de ce qui s'est passé à Vernoux, bourg de Vivarais, pendant le synode des ministres de la R. P. R. du mois d'avril 1657, par Ie Féron, prètre et prédicateur de la propagation de la foi.

« L'année passée (1655. ils (es Ministres) s'assem- » blèrent en la ville de Privas, pour opposer leurs » artifices au zèle de M. de Queylus, de M. Couderc et de » quelques autres excellents ecclésiastiques aussi recom- » mandables par leur vertu que par leur naissance, mais » leur satisfaction fut aussi courte que leur doctrine est » peu soutenable. [ls furent contraints d'exciter une espèce » de sédition, pour se mettre à couvert du scandale que » leur fuite donnait à ‘ours frères. (IIS mirent l'épée à ha » main pour défendre leur doctrine) (1} Ils avaient fait » mine d'entrer en conférence, quelque peu auparavant, » avec M. Couderc tenant pour lors la place de l'abhé de » Queylus absent ; ct il est sans doute que la jeunesse de » ce docte ecclésiastique imprima de Ja force à leur cou- » rage. Tous les ministres vinrent comme des mousque- » taires tirer leur coup contre ce brave ecclésiastique qui, » fortifié de la parole sainte comme d'un bouclier impéné- » trable, émoussait la pointe deleurs sophismes. Vinai lui- » même, ministre d'Annonay ct leur Scaliger, fut contraint, » se voyant vaincu, de dire qu'il avait la colique. M. Cou- » derc, connaissant la faiblesse de Lamarque qui avait ét » autrefois son compagnon d'école et son voisin, avant que » l'ordre séraphique l'eut jeté hors de son corps, lui fit » cette question et lui fit avouer, au grand désappointe- » ment de ses coréligionnaires, que l'Écriture ne disait » pas qu'il fallait avoir en horreur ce qui n'était pas » dans l'Écriture @. Quoi qu'il en soit, la confusion » qu'ils reçurent en ce synode leur fit en convoquer » un autre à Vernoux. M. l'abbé de la To: :tte ne tra- » vaillait pas moins puissamment à la conversion des dé- » voyés en ces quartiers, que M. l'abbé de Queylus et M. » Couderc faisaient en ceux de Privas. Il pria M. l'abbé de » Laurens, M. Couderc, M. Baudrand et plusieurs autres, » par ses lettres du 17 avril 1657. de seconder son zèle en » cette rencontre. Les Ministres ayant renvoyé leur synodt

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au 25 de ce mois, pensant que le synode de Monseigneur »de Viviers empécherait tant de braves ouvriers de se »rendre à Vernoux; mais chacun ne manqua pas de s'y » trouver, ‘et l'on vit Ja maison de M, de la Tourrette , comme un séminaire du clergé, comme l'académie de la »piété, le temple des vertus et le sanctuaire de l'oraison, » Dès la première entrevue, on conclut qu'il fallait s'occu- » per principalement tous les jours de ce synode à une dé- » votion extraordinaire. Tous les jours oraison à la pointe » du jour, puis office, grand'messe, Vépres à la suite des- » quelles prédication de piété; examen de conscience à » sept heures, après quoi prédication de controverse, et »enfin bénédiction du Saint-S crement, On convint aussi » qu'on attaquerait sans cesse les Ministres. M, Le l'éron »fut chargé de la première attaque. Son cartel ou défi à Vernoux, le 24 avril, fut signé par M. l'abbé de , Laurens, M. Couderc, docteur en théologie, prètre du sé- » minaire de Saint-Sulpice de Paris, curé de Privas, M. »icrris, curé de Vernoux, M. Tenant, missionnaire du » Puy. de M. Souart, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice sde Paris, de M. Baudran, prètre et prieur de Gluiras, » de M. Desforets, prètre et prédicateur du séminaire de » Valence, de M. Armand, prêtre du même séminaire ct » curé de Saint-Péray, de M. Chabroulin. curé de Champis, » de M, Rival, curé de Saint-Vallier, de M. Gourijon, curé » de Chalancon, et de M. Pontier, curé de Saint-Jean-en- » Chambre, tous vertueux et éloquents prédicateurs. Le > lendemain, 25 avril, les Ministres, au nombre de vingt- » cinq ou trente, ouvrirent le synode sous un grand arbre » à cent pas de la porte du bourg de Vernoux. Le Ministre »Ostry de Saint-Fortunat parut le premier et fit un » discours (1) ».

M. Le Féron raconte ensuite comment, après chaque discours des Ministres, l'un des prêtres catholiques le réfutait immédiatement sur la place publique, tandis que les Minstres ne répondaient rien aux sermons de controverse que faisaient chaque soir les prêtres catholiques. M. Coudre, quoique l'un des plus jeunes de cette vénérable assemblée, fut chargé, les trois derniers jours, de ce genre de prédication dans lequel il excellait. Il parla sur la place publique devant un nombreux auditoire et fit une grande impression, « Tout le monde, dit le Manifeste, en fut touché, principalement quand, dans le parallèle qu'il fit ‘dun religionnaire ct d'un catholique, vivant et mou- : rant l'un et l'autre selon les principes de leur croyance, > il récita l'exhortation que le Ministre Thomas avait faite ï depuis peu à une dame de condition agonisante auprès > de Saint-Jean-des-Agneaux. Courage, Madame, lui avait-

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(1) Manifeste | \ »

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