‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 331 · AIRE DE · texte numérisé non relu

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au commencement. Pour qu'il fût dès.lors un vrai et légitime séminaire, il suffisait qu'il eut l'approbation expresse des supérieurs ecclésiastiques du lieu où il était établi; et cette condition ne lui manqua pas, puisqu'il ne fut entrepris que sur l'avis et par les conseils du supérieur général des bénédictins de Saint-Germain des prés, dont la communauté cxerçait la jurisdiction ecclésiastique sur ce territoire. Aussi, nous avons vu que M.Olier, dès la naissance du séminaire à Vaugirard, disait en témoignant envers Dieu sa reconnaissance : « Il prévient tous nos desseins et nous » fournit plus que nous n'oserions souhaiter, nous ayant » donné lui-même église, maison, serviteurs, approbation des » supérieurs, en un mot, tout ce que nous pouvions désirer. »

Ajoutons que, le plus souvent, loin de donner naissance aux établissements qu'elles concernaient, les lettres patentes n'étaient accordées, au contraire, qu'à des œuvres qui étant déjà formées, avaient donné des preuves certaines de leur utilité pour le bien de l'Etat, ou celui de l'Eglise, Aussi, dans ces lettres, avait-on soin d'énumérer ces raisons ct de les alléguer comme motif de la confirmation de ces établissements (1 Voilà pourquoi Louis XIV, en confirmant l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice, en 1645, rappelle que cette communauté avait fait paraître à Vaugirard les premiers effets de sa ferveur et de son zèle, C'est que les lettres patentes avaient seulement pour fin de rendre stables ces établissements en les faisant jouir de certaines prérogatives civiles ou ecclésiastiques, attachées aux institutions légalement reconnues. Il serait donc contraire à la vérité de l’histoire d'en faire dater le commencement du jour où ils furent approuvés par des lettres patentes. Ainsi, par exemple, le dernier historien de saint Vincent de Paul appelle avec raison le 95 mars 1634, le jour de la naissance de la congrégation des filles de la charité (2); et cependant, il fait remarquer lui-même qu'elle fut approuvée par lettres de l'autorité diocésaine de Paris seulement en 1655, par le Roi,en 1657 +,ct par le Saint-Siége, en 1668 (3). Bien plus, le même historien, après avoir dit que

+ ILest cependant à remarquer, qu'avant l'année 1655, le cardinal de Retz n'étant encore que coadjuteur de Paris, ct le roi, de son côté, avaient approuvé déjà les filles de la charité; et que ces deux pièces, qui avaient été remises au secrétaire du procureur général, M. de Méliand, s'étant égarées, le cardinal de Retz donna une seconde approbation

(1) Arch. de l'Empire, sect, hist., cart., M.

(2) Saint Vin-

cent de Paul, 1.

in, p. 200.

(3) Ibid. ,p.209,

(4) Vie de saint

Vincent de Paul, par Collet, t.1,p.

le 18 janvier 1655, et le roi de nouvelles Icttres patentes, au 999 à. mois de novembre 1657 (4), Mais ces pièces perdues étaient (5)\Gallia chrisd'assez fraîche date, puisque l'abbé de Retz ne fut nommé #iana, t.1,p.466.

coadjuteur de Paris qu'en 1645 (5).

Edit. 1656.

\i)Zbid.,t,u, p. 204.

(2) Arch. de l'Empire. M.

Cart. 425, t.1, f° 23.

(5) Actes de Marreau, notaire du 6 sept, 1645.

le séminaire des Bons-Enfants fut établi en 1642, ajoute que néanmoins il dura ainsi jusqu'à la fin du siècle, sans avoir aucune lettre d'établissement (1): Et, en effet, M. de Noaillcs, dans ses lettres du 19 mai 1707, déclare que les prêtres de Saint-Lazare, depuis plus de soixante ans, n'avaient eu ni de lui, ni de ses prédécesseurs, aucune lettre d'établissement de séminaire dans le diocèse de Paris ©). Le séminaire de Saint-Sulpice a donc pu exister, comme tel, pendant trois ans, sans avoir encore des lettres patentes.

2%, Quant au contrat d'association passé en 1645 par M. Olier avec deux de ses prêtres (3), il faut remarquer que c'était là une formalité requise et nécessaire, soit pour obtenir dés lettres patentes, ces lettres, dans le cas dont il s'agissait, ne pouvant être accordées qu'à une société authentiquement constituée par un acte public: soit aussi pour que la nouvelle société püt posséder en son propre nom le térrain sur lequel M. Olier avait résolu alors d'élever le bâtiment du séminaire. Aussi, ce contrat fut-il passé devant deux notaires, et par ceux de ces Messieurs qui avaient signé l'acte d'acquisition de ce terrain, Mais ce serait contre toute raison qu'on ferait dater de ce contrat le commencement de la société et celui-du séminaire; il date évidemment de l'acte privé d'association, déjà rapporté sous l'année 16492, par lequel les trois premiers solitaires, M, Olier, M. de Foix et M. du Ferrier, dans les premiers jours de cette année, se vouèrent à l'éducation des clercs, chacun d'eux promettant de n'abandonner jamais ce dessein que du consentement exprès dés autres, C'est ce contrat, en effet, qui seul servit de règle aux ecclésiastiques qui se joignirent bientôt à eux.

%, Enfin, la construction du bâtiment, retardée jusqu’en 1649, et sa bénédiction en 1651, n'ont aucun rapport avec l'origine du séminaire lui-même, qui, ayant commencé à Vaugirard en 1649, a pu être transféré de là à Paris, d'abord dans des maisons provisoires, puis dans un bâtiment construit exprès, sans cesser d'être ce qu'il avait été au commencemeut. Ainsi, dans ces derniers temps, après avoir été rétabli rue Saint-Jacques, il fut transféré de là, à la rue de Notre-Dame des champs, puis à la rue du Pot de fer, (aujourd'hui Bonaparte) et enfin dans le bâtiment qu'il occupe aujourd'hui, sans jamais cesser, malgré ces mutations de lieux, d'être la communauté du séminaire de Saint-Sulpice. On peut en dire autant d’une multitude d’autres communautés, et spécialement de celle de la Mission, qui n'a pas changé de nature en changeant de lieu, soit avant, soit après la révolution française.

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