SÉJOUR À LA CAMPAGNE
» der cette âme, à cause d'une si grande bonté dont » elle use envers moi (1). » Du Péray il se rendit à Argenteuil près Paris, pèlerinage célébre*, qui attirait un grand concours durant l'octave de l'Ascension; mais, craignant que ceux qui y viendraient en dévotion, ne l'obligeassent de leur faire quelque entretien de picté, il désira revenir à Paris avant la fête. « La compagnie, écrivait-il, m'incommoderait » beaucoup, et plus que je ne pourrais me soulager » par le séjour que je ferais dans ce lieu, où l'on » doit respirer l'air en repos, en silence et liberts » d'esprit. C'est ce que je ne puis faire, sans blesser » ceux dont je parle. Ils ne connaissent pas ma » faiblesse, et soupirent après des entretiens de » pièté que, par charité et pour l'édification, je ne » pourrais ni ne devrais leur refuser, ayant sur- » tout un extérieur qui marque une santé assez » bonne (2). Il était à Verneuil, dans les remèdes, lorsqu'au commencement de juillet il apprit l'arrivée de la bulle qui condamnait les cinq propositions. « Je vous prie, écrivit-il aussitôt à M. de Bre- » tonvilliers, d'envoyer chez M. de Saint-Germain » pour voir sil y a quelque chose de pressé qui me * rappelle à Paris sur le sujet de la bulle, afin de » pouvoir me ménager en attendant quelques jours » de repos (3). » Telle était son ardeur pour le serice de l'Eglise qu'il ne s'en croyait pas dispensé par la maladie. Mais les médecins ne tardèrent pas à lui prescrire un repos absolu et à lui interdire jusqu'aux moindres occupations. Ce qui le préoccupait surtout, dans cet état d'infirmité, c'était l'impuissance où il se voyait de reprendre, avec le Roi d'Angleterre, les conférences qu'il n'avait suspen-— dues que pour quelques semaines. Le 19 juillet, il trivait, du Peray, à M. de Bretonvilliers: « Madame » Tronson vous dira que je ne suis pas bien, ayant » toujours eu des émotions la nuit; ce que je vous > prie de dire à M. de Sommerset, afin qu'il pré- > vienne le Eui d'Angleterre, et qu'il lui aille dire
(1) Loeit, aut, de M, Olier, p.
* NOTE 1, p.
?\ Jbid,
3) Ibid.p.103.
(4) Ibidp. 19.
« comme depuis que je n'ai eu le bien et l'honneur,
» de le voir, je suis tombé malade, et que l'on m'a
(1) Lett. aut., ? ordonné de me retirer à la campagne où je suis
p. 123. » encore mal (1). »
Il. Se voyant dans la nécessité de se tenir hors de
M. Olier fait Paris, il eut la pensée de faire encore une fois le pè-
i , à ee lerinage de Notre-Dame-des-Ardilliers. Les faveurs dont il avait toujours été comblé dans ce lieu, par
l'entremise de Marie, lui faisaient espérer d'y rece-
voir encore de nouvelles marques de sa bonté, I]
partit donc dans cette confiance, et prit sa route
par Orléans; mais les insomnies continuelles qu'il
éprouvait, jointes aux chaleurs qui, cette année,
étaient accablantes, et au danger de quelque renou-
vellement de fièvre, faillirent l'arrèter des les pre-
miers jours et le faire revenir sur ses pas. Toutefois,
s'étant trouvé mieux, après un petit séjour au chà-
teau du Larry +, il continua sa route et arriva heu-
(2) Ibid.p.533. reusement à Saumur (2). Là, il commença à goûter un peu de repos, quoique sa santé ne füt pas rétablie,
(8) Ibid.p.125. et,après avoir satisfait sa dévotion (5), il repritleche. min de Tours, où il désirait passer quelques jours
près du tombeau de Saint-Martin. Son dessein, en
quittant Saumur, était, apres avoir célébré les fêtes
de l'Assomption à Orléans, de se rendre au Pcray
et de là bientôt après à Paris, où son z:le l'entrai-
nait toujours. Il écrivait de Saumur à M. de Bre-
tonvilliers: « J'espère partir demain, pour retour-
» ner à Paris, si la Providence de Dieu n'en ordon-
« ne autrement. Je désire bien de me revoir auprès
» de vous pour commencer l'ouvrage de notre
» Maître et lui rendre plus de fidélité que je na
(4) Lettr. duG » fait jusqu'à maintenant (4). » Les médecins ar lv. Be qu'il consulta en arrivant à Orléans, eurent dabord la penste de l'envoyer à Bourbon pour ka saison de septembre, et en attendant, on lui pro-
+ Le château du Larry est situé près d'Orléans, dans l vallée du Loiret,
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