‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 210 sur 331 · DIVERS VOYAGES A BOURBON · texte numérisé non relu

DIVERS VOYAGES A BOURBON

» de mon diocèse avec M. l'abbé Olier. Ses actions

» sont autant au-dessus de l'envie, que l'estime et

» la réputation dont il jouit sont au-dessous de la

» vérité. C'est pourquoi, dans la crainte que j'ai

» eue qu'il n'opposât sa modestie à ma prière, j'ai

» recherché le commandement de la Reine, pour

» fortifier la pureté de mon intention, qui a pour

» objet l'honneur de l'Église et le bien de mon dio-

» cèse. Je vous conjure de l'appuyer de votre crédit

» et de remettre les lettres en mains propres (1).» (1) 4Aifestations Les démarches du Prélat ne furent pas suivies de “"": P: *%: succès. Il n'y a mème aucune apparence que la

Reine ait renouvelé ses instances auprès du servi-

teur de DiEu, toujours également éloigné de l'épis-

pat, et à qui le délabrement de sa santé aurait

pu seul « interdire alors une si grande charge. »

Au printemps de cette année 1654, il se trouvait XV. æpendant moins souffrant (2) +. Les médecins, M: Olier va jugeant qu'il pourrait recevoir du soulagement des Rat aux de Bourbon, lui conseillèrent d'entreprendre amour pour la de nouveau ce voyage. Il regarda leur invitation sainte commme un ordre de Dieu; et quoiqu'il fût assuré munion. que son mal ne le quitterait qu'à la mort (3), il ,(? Vie de.

+ À PE : ier,par lePère obéit avec la simplicité d'un enfant. Pendant ce Giry, 1"part.ch. voyage, qu'il entreprit au mois de mai, et qu'il fut La | sbligé de faire à petites journées, il ne laissa passer Gone. à F | aucun jour sans recevoir la sainte Eucharistie (4). vu, col. 1018.

‘n crut d'abord qu'il serait difficile, sur les che- RUN FES mins, de lui procurer cette consolation, les hôtel- (4) Ibid.p.435. kries où l'on était obligé de s'arrêter étant quel- (5) mem. hist. quefois assez éloignées des églises ; et on lui MUR LE PU rroposa de s'en abstenir pendant quelques jours. biographie uni.

verselle de Mi-

chaud,art.Olier.

t Ce fut alors que M. Olier réunit, comme en commu- (6) Calend. de

auté, tous les jeunes clercs tonsurés de la paroisse, en les S.-S. 1718, p.9. ‘bligeant d'assister tous les jours à des conférences de phi- A sr Ut lsophie et de théologie, et à des entretiens sur les devoirs !? re dr Che «clésiastiques (5): usage qui persévérait encore dans les séhismes de S.derniers temps (6), surtout depuis que les jeunes clercs for- Sulpice, p. 139, nérent une communauté proprement dite (7. 311.

Tom. 1m, 99

(1} Esprit de M, Olier, t. 1, p. 53, — Giry, 2 part, ch, v, — Rem. hist, t, 1, p. 558.

(2) Esprit, etc.

(3) Vie, par Y. de Bretonvillters, 1, 11, p.

Il visite à Moulins Madame deMontmorency.Grâcesqu'ilreçoit dans cette ville,

450 PARTIE HI. LIVRE IX, =— 1654 et suiv

« Hélas ! répondit-il, ôtez-moi tout, pourvu que » vous me laissiez la sainte communion, la seule » consolation qui me reste. » Ces paroles et l'accent avec lequel il les prononça touchèrent si vivement ceux qui l'accompagnaient que, sans s'arrêter davantage aux difficultés, ils trouvèrent les moyens de le satisfaire tous les jours (1). Dans un autre voyage qu'il fut obligé de faire pendant la même maladie, on le laissa une fois sans communier ; et il passa tout ce jour dans l'abattement et la tristesse Un ecclésiastique, qui en avait été étonné, ne le fut pas moins le lendemain de le voir surabonder de joie; et comme on ne remarquait point en lui de ces sortes d'inégalités, il ne put s'empècher de lui en témoigner sa surprise. M. Olier avait communié ce jour-là : « Le moyen de n'avoir pas de joie, « répondit-il, lorsqu'on a en soi-même celui qui » est la voie, la vérité et la vie (2)? » À Bourbon, pour n'ètre pas privé de cette grâce, il obtint des Pères Capucins une chambre dans leur couvent, tout auprès d'une chapelle, oùil entendait la sainte Messe et communiait aux heures qui lui étaient le plus commodes (3).

Passant à Moulins, il désira visiter la duchesse de Montmorency, Marie-Félice des Ursins, retirte à la Visitation, et qui s'était adressée à lui, comme on l'a raconté, pour assister de ses conseils Mademoisclle de Portes, sa parente. Ils ne se connaissaient encore l'un et l’autre que de réputation et par lettres : ils eurent alors une entrevue de plusieurs

heures, où ils s'édifièrent mutuellement. Au retour

des eaux, M. Olier vint la visiter de nouveau; et, après leur conversation, il fit une courte instruction à la communauté assemblée. Parlant ensuite en particulier à la supérieure (car Madame de Montmorency ne l'était point encore, et n'était pas mème religieuse), il la félicita d'avoir, dans sa maison, un trésor si précieux , et dit: « Cette pieuse veute » porte sur son visage un air de sainteté qui ins-

suiv.

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