DIVERS VOYAGES A BOURBON
» pire des sentiments de respect tout autres que » ceux qui sont dus à sa qualité et à sa naissance. » On y vénère aujourd'hui des traits de la douceur » et de l'humilité de ce Dieu fait homme, dont elle » pratique les maximes, et prend le véritable es- » prit (1). » Cet éloge, que les portraits de cette pieuse dame, tout imparfaits qu'ils sont, semblent justifier (2), fut comme une prédiction de la vertu sublime à laquelle elle s'éleva dans ce monasttre, dont elle devint supérieure, et où elle mourut en odeur de sainteté.
Les eaux de Bourbon, qu'on avait prescrites à M. Olier, lui procurèrent peu de soulagement. Les médecins voulant néanmoins qu'il les reprit dans la seconde saison de la mème année, il se soumit encore à leur avis. Mais il dut à sa tendre dévotion pour Marie une amélioration sensible qui survint dans son état. Lorsqu'il était à Moulins, un jour de dimanche (3), dans l'église des Augustins, il fit vœu d'assister toujours à la sainte Messe, et de la dire, quand il en aurait la liberté, dans les intentions de là très-sainte Vierge, et, dés ce jour même, il commença à se porter mieux. S'étant de là rendu à Saint-Pourçain, pour y attendre la seconde saison des eaux (4), il ratifia ce même vœu dans la chapelle de Notre-Dame-de-Briailles + ; et cet acte de religion fut si agréable à la Mère de Dieu, qu'il lui mérita une nouvelle grâce, celle de pouvoir célébrer le saint Sacrifice le jour de sa Nativité, après avoir
+ Saint Pourçain, dont on conserve le corps dans la ville de ce nom, est encore en grand honneur dans toute cette contrée (5), Briailles, petit village à une demi-lieue de Saint- Pourçain, possédait autrefois une statue miraculeuse de la sainte Vierge, qui y attirait beaucoup de pèlerins, surtout ls lundis de Pâques et de la Pentecôte, et le 16 du mois d'août. Pendant la Révolution, la statue fut détruite, et, depuis cette époque, le pèlerinage a cessé d'être fréquenté. La chapelle subsiste encore, et sert aujourd'hui d'habitation,
(1\Viede la duchesse de Montmorency, in-12, 1760, &, 1, p.
(2) Cabinet des Estampes de la Bibl, Nat. OEuvres de Valet.
(3) Le D juillet
(4) Bretonvilliers, t. 1, p.
(5) Neuvaine en l'honneur de saint Pourçain, par l'abbé Canillac, in-18, p.
(1) Attestations aut,p, 189,204, 206,
(2) Vie Ms. t.
1H, p. 646, — Attest, aut, p.
(3) Ibid. p.205.
XVII
Il revient à Paris : combien il y éditie.
459 PARTIE NII, LIVRE IX, == 1004 et suiv.
été privé durant un an de cette consolation (1) Ces faveurs ne furent pas les seules qu'il reçut de la Mère de Drev durant ce voyage. Une grâce bien plus précieuse à ses yeux et dont il ne parla qu'à deux ou trois personnes pour lesquelles il n'avait rien de caché, lui fut accordée le 95 août dans l'église collégiale de Notre-Dame de Moulins. « Etant » dans cette ville, dit M. de Bretonvilliers, il reçut » ordre de la très-sainte Vierge ü: visiter par trois » fois l'Eglise qui est dédiée à Dieu sous son nom: » ce qu'ayant fait, il la vit, le troisième jour, venant » du ciel à lui avec une majesté incompréhensible. » et l'embrassant elle lui dit : C'est dorénavant que vous serez tout à moi. Les effets que cette grâce » produisit dans son âme furent peut-être les plus » grands qu'il ait reçus sensiblement par aucune » faveur du Ciel. Il semble que ce fut l'accomplis- » sement de la parole que Notre-Seigneur lui avait » dite au commencement de sa paralysie: Quand » j'aurai régné sur toi par ma croix, jy règnerai par » ma Mère. Il semble aussi que cette grâce soit l'ef: » fet de la promesse que lui avait faite la très-sainte » Vierge. troisans auparavant, lorsqu'un jour, sou- » pirant intérieurement après son entière consom- » mation en Elle, il lui fut dit: Tu ne sais pas ce » que mon amour te garde. Il était nécessaire quil » fût encore purifié par la croix pour jouir de cette » union intime avec cette grande princesse (2) » M. Olier, plus tard, ne pouvait retenir un torrent de larmes en faisant à son confesseur le récit de cette faveur précieuse (3) qui avait comblé tous ses vœux.
Vers la fin de septembre, il se mit en route pour Paris, beaucoup plus satisfait d'avoir reçu les grâces intérieures dont le Ciel l'avait favorisé pendant tout ce voyage, que s'il en avait rapporté la santé la plus vigoureuse. Il était en particulier très-consolé par l'espérance de dire habituellement la sainte Messe. Son grand amour pour JÉsus-CHRIST dans cet au-
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