RETOUR A PARIS
guste sacrifice l'emportant même sur le respect axtérieur qu'il était néanmoins si jaloux de lui rendre, il demanda et obtint l'autorisation de célébrer, en ayant la tête couverte jusqu'au canon, à ause de la grande faiblesse de sa tète qui ne lui permettait pas l'hiver de célébrer autrement (1). Get état d'infirmité, qui dura autant que sa vie, ne permettait pas à M. Olier de prendre part aux cérémonies religieuses et aux offices publics. Cependant, après son retour de Bourbon, se sentant un peu mieux, il voulut donner encore aux Religieuses de la Miséricorde et à leur saint instituteur un témoignage particulier de l'intért qu'il leur portait. N'ayant pu assister aux obsques du P. Yvan qui était mort à Paris°, quelques jours après qu'il eut été lui-même frappé d'apoplexie, ii voulut s'en dédommager en officiant ou du moins en assistant à un service solennel qui fut dors célébré pour lui +. Ce fut probablement la seule circonstance où il parut dans l'église de Saint- Sulpice. « Durant les trois ans qu'il vécut encore, » dit M. de Bretonvilliers, il fut obligé de demeurer »tous les hivers, c'est-à-dire cinq ou six mois de : l'année, dans la chambre, sans en sortir que pour »aller à la chapelle dire la très-sainte Messe ou »communier, quand il pouvait se lever: car les » autres jours, comme il n'y avait qu'une porte > entre la chapelle et sa chambre, on l'y commu » niait, lorsque sa santé ne lui permettait pas d'en » sortir (2). » Durant ce temps, jamais on ne l'entendittémoigner du regret de ne pouvoir plus, comme autrefois, honorer Dieu et servir le prochain en travaillant au salut des âmes. A la fin de l'hiver, il ne parut pas plus ennuyé d'être demeuré si long-
t L'auteur des Remarques historiques, à qui nous empruntons ce trait, a, par mégarde, pris ce service pour celui des obsèques, quoiqu'il ait exactement fixé la date de la mort du Père Yvan au 8 octobre 1653 (3). douze jours après l'actident arrivé à M. Olier.
(1) Archiv,nat, sect, hist, 1226, jurid. p, 132.
* NOTE 2, p.
(2) Vie Ms.ton, p. 448.
(3) Tbid, t, 1, p. 132.
454 PARTIE Il, LIVRE IX. == 1654 et Suiv.
temps comme immobile et privé de tout commerce au dehors, que si cette espèce de solitude et de captivité n'avait duré qu'un jour. Il trouvait un préservatif toujours efficace contre la tristesse, dans cette considération, que l'obéissance est préférable au sacrifice, et qu'en ne faisant rien, dès que Dre le voulait ainsi, on le servait mieux et on lui était # plus agréable qu'en travaillant beaucoup, mème li pour sa gloire et dans les intentions les plus pures Souvent on lui a entendu dire que la disposition
QE dont Dieu était le plus jaloux de la part de sa créa-
fi ture, était une dépendance absolue de sa providence, en sorte qu'on ne voulüt jamais faire autre chose que ce qu'il voulait de nous. « Car, ajoutait-il il
» n'est point rare que le démon nous trompe par se
...» des apparences de piété, nous faisant désirer ar- 1] » demment la santé pourtravailler, tandis que Diet 1 à: | » voudrait être glorifié par nos infirmités et nos À de » souffrances. » Il remarquait là un piège de l'a- da mour-propre qui, sous prétexte d'un grand bien, 4 mi cherche à se contenter par un état qui plaiseala À cat nature, au lieu de se laisser conduire au pur amour ét de DrEu, qui ne se plaît que dansl'accomplissement #8 »t de son bon plaisir. D ser XVII. Pour nerien laisser dans le cœur de M. Olier,qui 3 un M. Olier Lit mettre le moindre obstacle à sa parfaite union M de
retrouve la R croix partout, AVEC Dreu, Notre-Seigneur le dégoûta de toutesles pu satisfactions humaines qu'on essaya de lui procu- ext rer pour le distraire et le récréer. On lui apporta. qu | en quelques circonstances, de petits métiers avec D gnc Me: FA lesquels on pensa qu'il pourrait se délasser par me 1} de Bretonvil. Un travail très-facile. Il accepta ce bon office avec #3 les PIE R reconnaissance ; mais ni cet expédient, ni les autres cau 4 le Père Giry, 17 moyens de le récréer qu'on imagina, ne purent pro- cou part. ch. xlk.— quire autre chose en lui, qu'un dégoût extrême de tènr
em. hist. €, ir, v SE , é
p. 564, tout ce qui ne l'élevait pas à Dieu (1). Le reste lui ble: paraissait si fade qu'il ne pouvait, sans une sorte tofi de tourment, y donner la moindre attention. Il di- pen
sait même à ses plus familiers amis, que Dieu avait que
suiv.
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