EFFETS DE SON ZÈLE DANS LA MALADIE
Comme plusieurs lui témoignaient leur regret de «e que cette œuvre était encore imparfaite, et craignaient qu'elle ne fût jamais achevée, s'il venait à mourir auparavant, il répondit que Dreu ne la laisserait manquer d'aucune des choses nécessaires à sa conservation, et qu'il lui donnerait tout de sa main dans le temps marqué par sa Providence (1). Il portait même si loin l'esprit d'abandon et de sacrifice, que, malgré son grand amour pour le séminaire, qu'il jugeait devoir contribuer à la gloire de DIEU, il aurait été ravi, disait-il, de voir cette
œuvre anéantie, pour peu que Dieu eût étéglorifié |», rpia. t,
par sa destruction (2).
Quant à l'impuissance où il était d'appliquer son esprit à quoi que ce fût, loin de s'en plaindre, dit M. Picoté, « il louait Notre-Seigneur de l'avoir ré- » duit en état de ne pouvoir plus agir, et de ne faire » à l'avenir que recevoir de Dev, soit dans l'orai- » son, soit dans la direction et dans les conseils, soit » dans les desseins et entreprises pour sa gloire (3).»
Pendant que M. Olier , par cette disposition de dépouillement universel, achevait l'œuvre de sa parfaite sanctification, et lorsqu'il se croyait réduit àne pouvoir plus rien faire pour Notre-Seigneur, l'amour divin, dontson cœur était rempli, lui donna encore assez de force pour entreprendre ou achever plusieurs œuvres importantes. Ce fut en ce temps qu'il fit continuer et poursuivre fortement ls missions commencées par ses ordres dans les Cévennes (4). Alors aussi, comme on l'a vu plus haut, il entreprit la fondation du séminaire de Clermont, et fit les premières démarches pour l'établissement de la maison de Montréal, en Canada, Mais là ne se borna pas l'effet de son zèle, durant ls dernières années de sa vie. « Notre-Seigneur, » dit M. de Bretonvilliers, ne faisait pas seulement » la grâce à son serviteur de travailler, par ses enfants, pour sa gloire, mais il le remplissait encore : d'ardeur, pour s'appliquer lui-même a son ser-
(3) Àttest, aut, p. 205.
Effets de son zèle pendant sa maladie,
(4) Vie Mstin, p. 454.
(1) Esprit de ter.
(1) VieMs.t.u,
* NOTE 3, p.
(2) Ibid. p.462,
(3) Ibid. p.266, 831,t.in,p.167.
(4) Baudrand, Mém. p. 71.
458 PARTIE lt. LIVRE IX. = 1654 et suiv.
» vice autant que son infirmité le permettait (1), » Indépendamment des pieux pélerinages qu'il faisait, dès qu'il le pouvait, soit à Notre-Dame, soit à d'autres églises consacrées à Dieu, sous la protection de la très-sainte Vierge et des Saints, il n'était jamais sans rendre quelque devoir à Notre-Seigneur et quelque service au prochain°. Lorsqu'il était retiré dans sa chambre, son plus doux plaisir, après avoir conversé avec Dieu, était de porter à son amour ceux qui venaient le visiter. Il avait le talent de mèler, dans ses entretiens, toutes sortes de petits discours, qui plaisaient autant qu'ils édifiaient. Ce fut durant cette vie de solitude et d’union avec Dieu, dans son état d'infirmité habituelle, qu'il fit graver, en l'honneur de la très-sainte Vierge, deux belles estampes dont on a parlé ci-dessus. « Notre-Seigneur, ajoute M. de Bretonvilliers, a donné à ces gravures une si grande bénédiction, comme l'expérience le fait voir tous les jours. qu'il se sert d'elles pour toucher les âmes et les amener à son service, leur donnant le désir de se rendre conformes à la sainteté que, par le » moyen de ces images, elles voient en la très-sainte Vierge. Il semble que la bonté de Notre-Seigneur ait voulu récompenser le zèle de son serviteur qui, ne pouvant travailler comme il aurait voulu pour avancer sa gloire, en est dédommagé par la bénédiction répandue sur les choses qui sortent
» de ses mains. (2). » La mème bénédiction accom-'
pagna les ouvrages, qu'à la sollicitation d’un grand nombre de personnes, ilse détermina, en ce temps. à donner au public. On a parlé ailleurs (3) ave quelque détail, de la manière dont M. Olier composa ces divers écrits : ce que l'on n'a pas dit, cest que, au témoignage d'un auteur contemporain (4), il était au lit, malade, quand il rédigea et dicta le Catéchisme chrétien pour la vie intérieure, dans lequel, cependant, on trouve une doctrine si haute, une composition si ferme et une netteté de style si
sira f Dam voir dévot où il sion, it fu granc toyai
t Ce M Oli bliées , M Trc passag
| Suiv.
mettait (1), »
iges qu'il fai- -Dame, soit a us la protecints, il n'était à Notre-Seiin. Lorsqu'il s doux plaisir, t de porter à ter. Il avait le toutes sortes ant qu'ils édilitude et d'uité habituelle, la très-sainte a parlé ci-desretonvilliers, a le bénédiction, ous les jours.
es âmes et les ant le désir de è que, par le n la très-sainte otre-Seigneur
son serviteur il aurait voulu
bmmagé par la
ses qui sortent diction accom-' on d’un grand a, en ce temps leurs (3) avec M. Olier coma pas dit, c'est temporain (4), gea et dicta le ieure. dans letrine si haute, teté de style si
remarquable. Ce fut encore en cet état de maladie quilprépara pour l'impression la Journée chrétienne, l'introduction à la vie et aux vertus chrétiennes, et l'Explication des cérémonies de la Grand'Messe de proisse; il avait commencé ce dernier ouvrage peu de temps après son entrée dans la cure (1). Il sut acore rendre utile sa vie de retraite et de soufrances, en dictant plusieurs emblèmes que lui suggérait sa tendre piété envers la très-sainte Vierge, et des dessins qu'il avait imaginés pour représenter ses différents mystères. Enfin, pour l'édification des «clésiastiques, il faisait écrire de temps en temps de fort belles instructions sur différents sujets, mais particulièrement sur le sacerdoce de Notre-Seigeur et sur les obligations des prêtres +. C'est ainsi qu'il passait le peu de temps. que la maladie hi permettait d'employer aux œuvres de piété (2).
Les infirmités de M. Olier l'obligèrent, jusqu'à sa mort, de faire tous les ans le voyage de Bourbon. Il y était allé deux fois en 1654 ; sur l'avis des médecins, il y retourna encore les deux années suivantes, quoique toujours avec aussi peu de succès. Après avoir pris les eaux, à la première saison de l'année 1655, sentant que sa fin était proche, il désira faire, une dernière fois, le pèlerinage de Notre- Dame du Puy (3). Il y arriva comblé de joie de revoir une ville où régnait, depuis tant de siècles, la dévotion la plus tendre envers la Mère de DtEu, et où 1l se souvenait d'avoir reçu, par son intercesson, des grâces très-abondantes. Le séjour qu'il y it fut pour lui une source de bénédictions, et un grand sujet d'édification pour les hakïants. On le voyait prier très-assidèment dans l'église de Notre-
+ Ce sont vraisemblablement ces instructions. dictées par M. Olier dans les derniers temps de sa vie, qui furent publiées, en 1676, sous le titre de Traité des Saints Ordres. M. Tronson en fut l'éditeur et y ajouta un grand nombre de passages latins tirés des Pères et des Conciles, *
(1) Mem. ant, t vi, p. 219.
(2) Vie Ms.t.u, p. 463, 464.
Dernier voyage de M.Olier au Puy. Monuments de sa piété.
(3) Vie, par M. de Bretonvilliers, t. un, p.
* NOTE à, p.
Dame; c'était même, de tous les lieux de piété, qu'il M com
avait visités dans la France, celui pour lequel ilté. @ dan:
moignait le plus d'attrait; « parce que, disait-il, je * MR jam:
» n'en connais point où Dieu se communique si in- libre
» timement, et où il répande ses grâces avec plus vent
+ de libéralité. Tout y porte à lui, tant ce lieu est tous
» saint; en sorte que, pour en sortir tout pénétré ( palai
» de son amour et de son Esprit, on n'a qu'ase M quai
» laisser aller au mouvement intérieur qu'on y Je nt
» éprouve, dès qu'on s'y présente avec foi. » Ilse 4 baie
rappelait avec une douce joie les grâces éminentes mais
icot la mère Agnès y avait été favorisée. Aussi y #5 cœur
é‘sit ‘1 tellement touché ‘lui-même, et si intime- 1 chère
ment uni à Du, qu'il fallait l'en retirer comme 1 Rend
(pr tu,p. Par violence et l'avertir plusieurs fois de sortir (1). dans 371. » Je cuis d® : ‘a lieu, écrivait-il, où je finirais ma 1 lenvi » vie avec jci:, 1ux pieds de Notre-Dame du Puy. quil
» à laquelle je suis -edevable, par sœur Agnès, de À M.
2) Lettres aut, » toutes sortes de grâces (2) *. » Ne pouvant de- hit cc Ke. meurer toujours présent de corps dans cette église, qu'un 191. °F et désirant y être au moins en esprit, autant quil aussit était en son pouvoir, il laissa, auprès de l'image de D uitre
Marie, une statue d'argent, où il s'était fait repre- tout c
senter dans la posture d'un suppliant qui, respec- Béget
* tueusement incliné devant elle, lui faisait hommage du pr de tous les sentiments que doit un sujet à sa sou- gneur (3) Gall.christ, Veraine , et un fils à sa Mère (3). Non content de à suit p. 466, !. cette offrande, il laissa encore une riche médaille {8 sait d'or, sur laquelle il avait fait graver le séminaire de # de nos Saint-Sulpice de Paris, qu'il lui présentait, la con- À 'attou
* NOTE 6, p. jurant de le prendre sous sa protection spéciale, et une trs Vie ibia.r, de faire, de tous ceux qui l'habitaient, autant d'ins- M à livr n, p. 466, 461. truments de la gloire de son Fils* (4). M. C XXII. Ce dernier séjour au Puy fut d'environ un mois Î la fe der et demi. Durant tout ce temps, M. Olier eut la con- aurait donne aux ha- S0lation de célébrer la sainte Messe, dans l'église nr
bitantsduPuy Cathédrale, tous les jours, excepté deux, où il fut obligé de garder la chambre, sans être privé néanmoins de la sainte communion; ce qu'il regarda
Tout c.
de Sai
e piété, qu'il lequel il té- , disait-il, je :
unique si ines avec plus nt ce lieu est tout pénétré nnaquase eur qu'on y ec foi. » Il se es éminentes isée. Aussi y et si intimeetirer comme de sortir (1).
je finirais ma ame du Puy.
ur Agnès, de
. pouvant de. $
s cette église,
, autant quil |
de l'image de
nit fait reprè- {
t qui, respécsait hommage
njet à Sa SOU- | in content de !
iche médaille #
» séminaire de entait, la conbn spéciale, et , autant d'ins-
iron un mois er eut la con- | dans l'église leux, où il fut e privé néanqu'il regarda
mme l'une des grâces particulières qu'il recevait dans ce lieu de bénédiction; car, depuis sa chute, jamais il n'avait eu l'usage de ses membres assez libre pour célébrer le saint Sacrifice aussi souvent (1). Comme il demeurait à l'évêché, et que (1) Vie, par : : Ê Ê : M. de Bretonvil-
tous les jours il passait par la cour qui séparait le 54, 4 à p. palais épiscopal de l’église cathédrale, il ne man- 466. quait pas de donner l'aumône de sa propre main à un très-grand nombre de mendiants qui se rassembaient autour de lui, au moment où il sortait. Jamais on ne vit pratiquer avec plus d'effusion de cœur cette maxime de l’Esprit-Saint, qui doit être chére surtout aux ministres de JÉsus-CHrisT : Rendez-vous affable à l'assemblée des pauvres. Aussi, dans la ville, toutes les bouches le bénissaient à lenvi, comme le père des pauvres ; et c'était l'éloge (2) Ibid. tn, qu'il entendait répéter partout où il allait (2). p. 407.
M. de Béget, chanoine de la cathédrale, lui ayant hit connaître la pauvreté d’un prêtre , qui n'avait qu'une très-mauvaise soutane, M. Olier lui remit aussitôt la sienne, en le priant de ne pas faire conaitre celui qui la donnait; mais, par respect pour tout ce qui appartenait au serviteur de Dieu, M.de Bget garda cet habit pour lui-même, et en donna a prêtre un autre de même valeur. Notre-Seimeur permit cet évènement pour faire voir, dans h suite, combien la charité de son serviteur lui wait été agréable; car, après sa mort, et même de nos jours, des guérisons se sont opérées par lattouchement de cette soutane, qu'on partagea une infinité de morceaux, comme nous le dirons au livre suivant. |
M. Olier , extrèmement satisfait du bel ordre et XXII. de la ferveur qu'il trouva dans le séminaire du Puy, !! Prend posaurait voulu profiter de cette circonstance pour ed de tnsolider cet établissement, qui n'avait point en- Georges, Cultre de maison en propre, ni même de dotation. te de ce Saint Tout ce qu'il put alors, ce fut d'y faire unir la cure rétabli. de Saint-Georges, et d'en prendre lui-même pos-
session +. L'église paroissiale possédait les reliques de ce saint Apôtre du Velay, motif qui détermina M. Olier à conclure cette union, et mème à recom-
mander à M. de Lantages de n'abandonner jamais |!
la paroisse de Saint-Georges, quelques avantages qu'on lui offrit dans la suite pour s'établir ail. 4) Vie de M. leurs (1). Sa dévotion pour ce Saint le porta encore mn à se réserver à lui-même le titre de curé de Saint- Georges, le seul qu'il füt jaloux de retenir, depuis
(Ÿ Mém. de M. qu'il avait renoncé à ses bénéfices +“ (2) ; et aussi à !
Baudrand,p.1. procurer le culte de ses reliques, qui jusqu'alors avaient reposé sans honneur, dans cette église, ave celles de saint Hilaire de Poitiers. Sur la demande de M. Olier, l'Evèque du Puy fit lui-même cette
cérémonie, accompagné du serviteur de Dieu, quoi- {
que très-incommodé ce jour-là, et en présence du clergé, des corps de justice, et d'une multitude de
Fidèles ; et telle fut l'occasion qui réveilla la dévo- @ * NOTE :,p. tion envers ces deux Saints *. « Quand le séminaire 4
193, » du Puy n'aurait servi à autre chose, écrivait
» dans la suite M. de Bretonvilliers, qu'à faire $
(3) Vie, par M. y rendre à saint Georges et à saint Hilaire, dont ut ARTE » les reliques reposent dans cette église, l'honneur 380.— Vie de M. » qui leur a été rendu depuis son Ctablissement, il de Lantages, P. , n'aurait pas peu contribué à la gloire de DiEu(3)»