GUÉRISON DE SŒUR M. $. DUFRESNE
quer, et même les reins, si fortement que j'en fus effrayée ; j'allai à la croisée et de là à la chambre de ma sœur la Dauversière qui dormait profondément, ayant veillé la nuit précédente; je la pris dans mes bras, en lui disant : Ma sœur, je suis gucrie, je suis bien. Qui est là, dit-elle? je lui dis, c'est moi, elle reconnut ma voix et dit : Ma sœur Dufresne! Oui, c'est moi; aussitôt elle se leva en me disant : Je vais vous reconduire à votre lit. Cette chère sœur ctait si saisie, si tremblante, qu'au lieu de me soutenir, je la soutenais moi-même. Je me couchai, et deux heures sonnérent. Alors je pleurai beaucoup, et éprouvai des sentiments de reconnaissance, de surprise, d'étonnement et de confiance dont je ne pus me rendre compte à moi-même. À trois heures, je repris mon sommeil jusqu'à cinq heures; alors je demandai à manger ; on me donna un biscuit au sucre et une tasse de lait que je pris avec plaisir. À sept heures, je me levai, et je me revètis de mes habits religieux pour aller entendre la sainte Messe qui se disait à sept heures ct quart; je restai à genoux pendant les principales parties de la messe, sans ètre fatiguée ; ensuite, je restai à la même place pour entendre la psalmodie de l'office qui se dit après la messe; pendant ce temps, je me préparai à me confesser. M. Roupe, notre confesseur, vint vers huit heures ct demie, et je fis ma confession toute entière à genoux. Entre neuf et dix heures, M. Munro, notre médecin, vint faire sa visite à l'infirmerie ; j'allai au devant de lui et lui dis: Docteur, je suis bien. Mé bien, ma sœur, répondit-il, je serais moins surpris de vous voir morte que de vous voir comme je vous vois. »
La sœur Dufresne raconte ensuite, et tous
les témoins avec elle, que dès ce moment sa gutrison fut complète. C'est ce qu'aflirme en particulier le médecin qui l'avait traitée. « Le
ab mm à
(1) Informat.
cte. p. 14.
XXTIT.
Déclaration
de l'auteur.
* NOTE 3,p. nature *.
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» onze décembre, à ma grande surprise, dit-il, » tous les symptômes de la maladie étaient entit- » rement disparus; on ne voyait pas mème l'affec- » tion des gencives dont elle s'était plaint la veille, » de telle sorte que la malade marchait très-bien » et vint au-devant de moi. Depuis ce temps, je » la vois presque tous les jours ; elle continue à » ètre parfaitement bien, et après un examen prt- » cis par l'auscultation et la percussion, je n'ai dé- » couvert aucune suite de la maladie, ni affection » du poumon ou de tout autre organe. » Deux autres médecins de Montréal appelés en consultation dans cette cause, déclarèrent, après avoir pris une connaissance pleine et entière de l'état de la ci-devant malade, qu'elle jouissait d'une santé parfaite, et qu'ils ne pouvaient assigner, d'après leurs connaissances médicales et chirurgicales, aucune cause physique, naturelle, ou de l'art, à cette gucrison subite, instantante, complète et permanente (1).
Nous n'oserions prononcer si les guérisons dont on vient de lire le récit sont du nombre de celles que Notre-Seigneur a donné pouvoir à ses disciples d'opérer sur les corps et sur les âmes, quand il leur a dit: Guérissez les malades. Nous n'aurons pas non plus la témérité de dire que les visions ct les révélations rapportées dans cette Vie doivent ètre mises au rang de celles que le Roi-Prophète a exprimées par ces paroles: Vous avez parlé en vision à vos Saints. Il n'appartient qu'à la sainte Eglise de discerner infailliblement le doigt de Dreu dans les opérations extraordinaires; et pour nous conformer aux décrets du Saint-Siège apostolique touchant cette matière, nous soumettons de nouveau à son jugement tout ce que nous avons écrit des vertus de M. Olier, comme aussi tout ce qui, dans son histoire, parait être au-dessus des lois de la
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