‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 262 sur 331 · DE LA NÉCESSITIS DES SÉMINAIRES · texte numérisé non relu

DE LA NÉCESSITIS DES SÉMINAIRES

Le Prélat, qui est le saint Epoux de son Eglise, et qui doit fournir à ses besoins, ne peut pas être présent à tout son diocèse, pour instruire ct oflicier, pour offrir et admi- | Hu nistrer en personne tous les biens nécessaires au salut de

ses peuples. Pour ce sujet, il faut avoir plusieurs bouches | on et plusieurs mains, plusieurs membres ct plusicurs mi- | H

nistres , qui distribuent à tout son diocèse le pain de la parole, qui offrent le divin sacrifice, ct administrent encore les sources de la vie, qui sont les sacrements, Et c'est pour ce sujet qu'on voit, dans les cérémonies du sacre de l'Evèque, des Ministres qui portent des pains dans leurs mains ct des barils pleins de vin, pour dire que c'est au saint Prélat, qu'ils servent, à qui il appartient en chef de distribuer le pain de la parole, et d'offrir le sacré pain ct vin du sacrifice pour toute son Eglise. Mais, ne le pouvant faire en sa personne en tous les lieux du diocèse, il doit avoir des substituts qui s'en acquittent en sa place, ct qui le fassent dignement selon Dieu.

C'est la difficulté de l'apôtre saint Paul de trouver des dispensateurs de la parole, et des ministres des mystères de Dreu, auxquels le saint Prélat se puisse fier, comme à lui-même: Hic quæritur inter dispensatores, ut fidelis quis inveniatur. C'est la difficulté de trouver des sujets évangéliques, et des ouvriers sans confusion au jour du jugement, qui s'acquittent dignement de ces emplois.

Ce sont de tels sujets qui sont nécessaires aux Prélats, lesquels étant intimement unis à eux, ct dépendants de leur {. esprit, soient mus et appliqués par eux aux fonctions des { diocèses. Le défaut de cet ordre ôte tout le repos des saints

Prélats, et les tient en impuissance de servir à l'Eglise, gémissant incessamment après des sujets de sainteté, qui les soulagent en leurs travaux, qui les secondent en leurs emplois, et qui puissent valablement les décharg@r, devant Dieu, d'une partie du fardeau qui leur est imposé.

Or, bien loin de voir les choses en cet état, Messcigneurs les Prélats se voient tous les jours assiégés de gens grossiers et d'esprits mercenaires, qui leur demandent leur troupeau à garder, desquels on peut bien dire qu'il vaudrait mieux jeter des brebis à la gueule des loups, que de remettre des âmes entre leurs mains.

C'est là l'extréme misère de l'Eglise, où l'on voit les peuples qui gémissent aussi bien que les Prélats après des Prêtres; afin de trouver en eux Ieur Dieu visible qui détruise leurs péchés, et purilie leurs cœurs ; qui les console en leurs afflictions, qui les soulage en leurs misères, les fortitie en leur accablement; bref, qui soit leur tout en Icurs besoins, comme sont tous les jours Iles vrais Prêètres ct Pasteurs en l'Eglise, qui selon les desseins de Driru en Ezcchicel, quod infirmum est consolidant, quod ægrotum est sanant, quod confractum est alligant, quod abjectum est reducunt, quo perierat quœruut.

Mais il se trouve si peu de vrais l’rètres et Pasteurs dans l'Eglise, que les cœurs des peuples demeurent abattus sous l'ignorance et le péché, et ne peuvent étre relevés que par la main de leurs Pasteurs qui sont leurs Pères divins, ct leurs anges confortants, après lesquels ils gémissent incessamment auprès de Dit, appelant les Prètres à Icur scecours, sans être ouïis dedans leurs plaintes : Parvuli petierunt panem, et non crat qui frangeret eis. IIS demandent qu'on les tire de leurs erreurs, qu'on les guérisse de leurs maux, qu'on les relève dans leurs chutes, qu'on les rappelle en leurs égarements: bref, qu'on Iles repaisse de la sainte parole, qui fait tous ces effets de bénédiction dans les âmes. et de laquelle l'Eglise se voit quasi universellement dépourvue, étant vrai qu'il n'y a rien si rare que la sainte parole distribuée par amour, et appliquée avec force et prudence aux besoins d'un chacun.

La moisson visiblement est mûre. segetes albæ sunt ad messem, les peuples sont préparés au bien, les Prélats ont Ja faux à la main, ils cherchent des ouvriers qui les secourent, ils en appellent de toutes parts, chacun crie avec eux et gémit auprès du Maitre de la moisson, afin qu'il envoic des ouvriers au travail: Rogate Dominum messis, ut mittat operarios in messem; avec cela tout demeure en langueur, les saints Prélats voient périr, avec douleur, devant leurs yeux, les fruits qu'ils ne sauraient cucillir tout seuls, ct laissent une moisson si belle, qu'ils ne peuvent embrassei

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