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Ces personnes doivent être entièrement anéanties en ellesmêmes, et pleinement vides de tout propre intérêt. Flles doivent être des bassins très-profonds et très-vastes en leur capacité, pour recevoir la plénitude de l'onction et l’abondance de la grâce qui leur est nécessaire pour ce saint ministère. 11 faut qu'ils aient par vertu ce qui est donné aux saints Prélats par la grandeur de leur saint caractère ; et que la disposition de leur cœur les rende habiles ct capables de recevoir les dons infus aux saints Evêques par la sainte onction de leur Ordre; et qu'ainsi étant remplis de leur même esprit, de leur lumière et de leur grâce, ils la puissent distribuer après à toute l'étendue du clergé, partageant à chaque membre l'esprit ct la vie nécessaires aux exercices de leur charge. Il faut qu'ils aient un extérieur humain, mais que leur fonds soit tout divin, et qu'ilsn'aient de vie humaine que pour porter la vie de Div parmi Îles hommes ; et qu'étant tout transformés intérieurement en la vic de l'Évèque, qui est toute divine, ils portent son intérieur admirable dessous l'extérieur d'une vie commune, Uuliuc à 101:ne au troupeau, insinuant après dans les cœurs la même vie dont ils vivront eux-mêmes les premiers.
Le Fils de Diru préparant ses Apôtres et ses Disciples à l'esprit de leur vocation et à la grâce apostolique, qui est celle de nos Prélats, et par communication intime est aussi celle de leurs Ministres, les garda trois ans enticrs et davantage auprès de soi, les portant toujours à l'anéantissement d'eux-mêmes, les séparant de tout propre intérêt, et les établissant en toute vertu chrétienne, comme il est aisé de le voir par tous 125 entretiens qu'il leur fit en ce temps dans les saints Evangiles.
Les principales dispositions qu'il parait demander en eux se réduisent à deux, dont l’une regarde l'intérieur, et l'autre l'extérieur: l’une regarde l'ancantissement de toute propre volonté, et l'autre le dépouillement des biens gressiers de ce monde. Pour le premier il l'exprime en ces mots: Qui vult venire post me, abneget semetipsum; celui qui me veut suivre, qu'il renonce à soi-méme. Pour le
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second il dit: Qui non renuntiat omnibus quæ possidet, non potest meus esse discipulus : celug, qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut étre mon disciple: et leur disait encore ailleurs: Nolité portare neque sacculum. neque pe run, neque Calceamenta: ne vous amusez point à toutes ces choses de la terre: le soin de mon Père qui veille inces samment sur vos besoins sera de pourvoir à tout Ie néces saire ; surtout quand il verra que vous ne cherchez que son royaume ct sa justice: Quærite primion regnum Dei et jus litiam ejus, et hœc omnia adjicientur vobis.
A ce sujet Notre-Scigneur ayant vu de ses propres yeux le cœur intéressé de Judas, et depuis ayant donné la même vertu aux yeux de saint Pierre, de voir dans le cœur de Simon Magicien l'intérét particulier qui lui fit souhaiter d'acquérir, à prix d'argent, les dons du Saint-Esprit, les retrancha tous deux du nombre de ses disciples aussi bien que cet autre richard de l'Evangile, contristé de l'arrèt donne contre lui: Vade et vendée omnix quæ habes, et sequere me: Va ct vends tout IC bien que tu as et me suis: à cause qu'il ne les trouvait point dans les dispositions nécessaires à ètre ces vases d'élection, qu'il voulait être vides d'euxmémes et de tout propre intérêt, et préparés ainsi à l'abondance de son esprit et à la plénitude de sa grace.
En suite de quoi, saint Pierre étonné de cet arrêt fâcheux et de cet anathème, dit à Notre-Scigneur à ce mème moment, au nom de tous ses freres: Æcce nos reliquimus omnia et secuti sumus Le : Nous avons quitté tout pour être à votre suite ct pour avoir part à l'esprit et à la grâce apostolique que vous nous préparez. Après quoi le Fils de Drrv leur dit: Si cela est ainsi, que vous soyez anéantis et dépouillés de toutes choses, vous serez non-seulement revè tus de la vertu de mon esprit en ce monde à cause de ce sacrifice parfait, induimini virlutée ex allo; mais vous serez encore un jour assis avec moi dessus mon trône, et je vous ferai les arbitres du monde et les juges des hommes ; Vos qui reliquistis omnia et secuti estis me, sedebitis super sedes: Vous qui avez abandonné le bien et la gloire des hom mes, vous serez appelés pour porter avec moi le jugement. non-seulement sur les hommes, mais mème sur les Anges: Nonne et Angelos dijudicabinmus ?
Ce sont ces mêmes préparations que l'Eglise de Jrisus- Curisr, dépositaire de ses secrets, et l'héritière de sa lumicre, demande à tous les Prêtres, qui étant les flambeaux des chrétiens par l'excellence de leur vertu et l'éminence de leur religion, doivent aspirer à l'esprit et à la grâce apostolique : et surtout ces bons Prètres qui approchent de si près la dignité de Messeigneurs les Prélats, qui sont les succe:-
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participants de leur esprit, et pour les remplir de la grâce apostolique dont ils sont pegsédés par l'état parfait et divin de leur épiscopat: In quo vos posuit Episcopos regere Ecclesiam Dei.
I faut donc que ces bons Prêtres qui doivent être l'idée parfaite des prêtres du clergé, le saint Prélat devenant en cux ct par eux leur vie commune, la forme du saint troupeau, forma facti gregis, s'assujettissent aux ordres de Jésus-Curisr et de la sainte Eglise, qui ne charge jamais ses enfants d'aucun joug inutile et ne les assujettit à rien sans grande nécessité, et qu'ainsi ils renouvellent en eux tout ce qu'elle a jamais désiré de plus pur et de plus saint pour la perfection du sacerdoce et l'accomplissement des ordres du clergé.
En suivant la première préparation que demande la sainte Egiise, qui est de se perdre soi-même et toute propre volonté, conformément à Notre-Scigneur, disant : Qui non perdiderit animam suam, non potest meus esse discipulus, il serait nécessaire que ces bons prêtres, pour le service du clergé, s'abandonnassent entièrement à la disposition du saint Evéque, qui étant en l'Église l'image vivante et visible de Dreu, ct par conséquent le dépositaire naturel des vœux et des hosties qui s'y présentent ; en vertu de quoi ces bons prétres anéantis et sacrifiés en leur propre volonté, n'étant remplis que de celle du saint Prélat, qui est la fournaisc ardente du saint amour dans l'Eglise, deviendront des hosties vivantes ct des sources sacrées du pur amour, pour lc service de l'Eglise : étant certain que ce vide d'eux-mêmes scra l'unique disposition à l'esprit de Jésus-Curisr, qui est incompatible avec l'esprit propre, qui ne lui cédant pas entièrement la place, ne lui donnera jamais le moyen pour faire éclater en lui, ni sur les autres, les effets excellents d’une grâce apostolique.
En second lieu, je croirais que ces mêmes sujets devraient encore renouveler entre les mains du saint Prélat le renoncement qu'ils ont déjà fait à tous les biens du monde, lorsqu'ils sont entrés en la cléricature, en prenant Dieu pour leur partage et les richesses du ciel pour leur unique bien, Dominus pars hœreditatis meœæ et calicis mei.