CONTINUATION
Il est certain que la sainte exactitude aux ordres ct aux institutions de l'Eglise porte avec soi des grâces que l'on ne comprend point, et qui au temps présent ne se ressentent pas dans l'Eglise, à cause qu'il y a si peu de personnes qui s'y appliquent ct s'y soumettent fidèlement. On
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laissa ainsi le saint clergé, cette portion éminente de l'Eglise, cet éclat de la splendeur de Dieu, et cette expression de sa plus haute majesté, destituéc de ces trésors immenses des richesses divines ; on laisse encore dans la langucur tout le corps des fidèles par la privation des plus excellents dons de l'Esprit et de la sainte grâce qui avait toujours éclaté dans la suite des siècles, aux yeux de toute l'Eglise, par le corps illustre du clergé.
C'a été le gémissement du grand saint Augustin, ct, devant lui, de saint Basile, desquels Notre-Seigneur s'est servi en leur temps pour renouveler la sainteté de l'état clérical, cet qui n’ont point eu d'autre moyen pour la sanctification du clergé, que de renouveler dans les clercs et les prêtres le respect, l'amour et la fidélité aux conseils de Jésus-CHrisr ct aux lois de l'Eglise, comme les uniques voies que la sagesse de Div avait prévues pour la perfection de l'Église.
Il est vrai que si on se renouvelait encore dans les Ordres du clergé et que l’on se soumiît à la sainte conduite de l'Eglise, pour la pratique des vertus qu'elle demande à ceux qui prétendent entrer dans la cléricature, on verrait à mcme temps renouveler l'esprit, la vertu et les grâces qui doivent accompagner la splendeur du clergé, qui est l'état le plus éminent de la beauté de Dieu dans le corps de l'Eglise.
Oh! quelle consolation, de suivre les intentions divines ct les ordres sacrés, que Jésus-Curisr lui-même a établis en sa personne, comme le fondateur de la sainteté et de la splendeur de son Eglise ! Il serait donc à souhaiter qu'il ÿ cût quantité de bons prêtres en l'Eglise qui voulussent renoncer à eux-mêmes et aux biens de ce monde pour Île renouvellement du saint clergé, et en particulier ceux-ci, qui doivent être le miroir et l'exemple des autres ; et faudrait même, pour le repos du saint Prélat, pour la stabilité du séminaire, aussi bien que pour la sainteté de leurs personnes, qu'ils renonçassent encore aux bénéfices, sous la dispense néanmoins de l'Évèque, dans les cas de nécessité ; afin que par ce moyen des sujets si importants à tout l'évêché nc fussent point tirés de leur emploi, qui étant universel ct publie, est aussi plus étendu et plus considérable que tout autre particulier du diocèse.
Il serait important qu'il y eût seulement quelques sujcts ainsi arrêtés dans la maison du séminaire, qui étant tous d'un même esprit, le conscrvassent continuellement dans cette sainte retraite pour le communiquer par succession aux prètres du diocèse, qui se venant former dans la maison, emporteraient avec eux le pur esprit de l'Evangile qu'ils répandraient après dessus les peuples, qui maintenant, faute de prètres bien éclairés, ne reçoivent aucune impression ni teinture de la vie chrétienne, n'étant aucunement instruits
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de l'obligation qu'ils ont de vivre conformément à Jiésus- CurisT, qu'ils ne connaissent, qu'ils n'honorent, et qu'ils n'aiment non plus que s'il n'était point mort pour cux, ct qu'il n'eût point fondé leur grâce et leur vie nouvelle en l'Eglise, ct qu'il ne leur eût laissé aucune marque de son amour ni aucun témoignage de scs saintes volontés dans son testament. Ce défaut de respect et cet aveuglement vers Jisus-CurisT en sa personne fait qu'ils sont encore privés d'amour ct d’obéissance vers lui en ses prélats, dans lesquels néanmoins il s'est laissé visible extérieurement au monde, pour entretenir le culte et la religion de son peuple envers lui, mais pour ce qu'ils ne sont, par ce défaut, ni honorés en leur grandeur, ni estimés en leur sainteté, ni obéis en leur puissance, il arrive que leur vic divine, qui est la même de Jisus-CHRiST, ne passe point en l'Eglise. C'est pourtant la vie qu'il a laissée en la terre et laissera jusques à la consommation des siècles pour la sanctifier, ct au défaut de quoi les peuples et le clergé n'iront point avançant en la grâce, à cause que son accroissement dépend de l'influence des saints Prélats, qui n'abonde qu'à la mesure du respect ct de l'amour qu'on a de Jésus-Curisr en leurs personnes.