‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 277 sur 331 · DU SAINT PRÉLAT PÈRE DU SAINT CLERG · texte numérisé non relu

DU SAINT PRÉLAT PÈRE DU SAINT CLERG

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de Père, et le porte encore en son sein comme s'il était sa Mère, le nourrissant de la même substance dont il l'a engendré, il en est ainsi des Prélats, qui, comme Pères divins dans l'Eglise, engendrent en leur sein des enfants, et, comme Mères, les nourrissent de la fécondité de leur vie divine, sicut nutrix fovet filios suos, ils font, selon saint Paul, de même que les nourrices qui portent dans leurs bras, fomentent dans leur sein, et nourrissent de leur propre substance les enfants de leur cœur.

Cette ardeur d'engendrer des âmes a Dreu, qui vit ordinairement dans le cœur des Prélats, par dessus tout le zèle qui anime les Prêtres, et les autres sujets du clergé, fait comprendre la participation de la vie ardente de Dieu le Père, qui vit en,eux pour former tout le corps de l'Eglise, ct engendrer des enfants à sa gloire. Or, comme Dieu ne communique point cette fécondité à d'autres sujets en plénitude comme aux Prélats, il leur donne aussi à eux seuls la plénitude de l'aliment divin, et de la substance nécessaire pour nourrir leurs enfants.

Dreu a mis et renfermé dans le sein des Prélats la sacrée nourriture des peupl::, et l'abondance du lait à proportion de la multitude noïnbreuse de leur famille, qui ne peut avoir recours ailleurs pour être sustentée dans son indigence, qu'à la première source de leur vie.

Et comme, par une suite nécessaire, la sacrée Providence de Dreu a attaché à la puissance de produire et de porter des enfants la vertu et la grâce de les pouvoir nourrir, et même en donne le désir amoureux, comme on le voit dans les mères qui font distiller leur lait avec tant de plaisir dans le sein des enfants, et cet instinct ne leur a été imprimé qu'afin de prévenir le besoin des enfants, et empêcher que la paresse et la négligence des mères ne les laisse manquer de l'aliment qui leur est nécessaire.

Dreu en a fait ainsi dans le cœur des Prélats, auxquels il a donné cette abondance d’aliment, qui leur fait ressentir si souvent ce saint empressement de parler à leur peuple, et leur distribuer la nourriture de la parole sainte que Du a mise en leur bouche, à ce dessein, comme il leur est marqué en leur consécration: Prœædica verbum populo tibi commisso, prèchez ma parole au peuple que je vous ai commis.

Et comme Dieu a mis dans le cœur des enfants des hommes un instinct naturel, et un ardent désir de sucer, par dessus tout, les douces mamelles de leur mère, laissant tout autre lait pour ceiui-là, ainsi dans une pareille correspondance de la grâce, plus forte encore que la nature, (à cause que l'ordre est plus parfait), Dirt met dans les peuples un amour ardent, et des :mpressements très-forts et très-

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véhe uents pour recevoir la parole de la bouche des saints Prélats qui les remplissent d'une telle abondance d'onction et de grâce, qu'ils sont contraints d'avouer que rien ne les nourrit plus doucement, ne les édifie plus fortement, ne fait plus de fruit dans leur âme que la sainte parole de leur divin Pasteur.

Dieu joint encore à ce désir de repaître les peuples, les autres sentiments de éritables Pères dans le cœur des Prélats, il leur en don: la tendresse pour caresser leurs enfants, la douceur pour les souffrir en leur infirmité, la force pour les porter en leur faiblesse, la sagesse pour les reprendre en leurs défauts, la lumière pour les éclairer en leurs ténèbres, la joie pour les consoler en leurs afflictions. Enfin Dreu les enrichit de tous ies dons nécessaires pour conduire leur troupeau et l'élever à la perfection de la vie chrétienne. Ce sont là les véritables qualités du supérieur du séminaire, qui après avoir engendré avec amour les enfants à Dreu, les doit encore nourrir de sa propre substance, et les élever à la perfection de la vie divine.

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