‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 331 · MORTIFICATION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

MORTIFICATION INTÉRIEURE

saient aller de leur propre mouvement, ayant coutume de dire que les austérités se changent en cruautés, lorsque ce n'est plus l'Esprit de Dreu qui les anime. Aussi fit-il un jour une sévère correction à M. de Poussé, qui, non content de s'être fait de larges et profondes plaies en prenant la discipline. avait eu encore l'imprudence de cacher son mal pendant longtemps, pour souffrir davantage ; en sorte qu'à la fin, la gangrène s'étant mise à ses plaies,on fut obligé de lui faire de très-douloureusesincisions. Lorsque M. Olier apprit son état, il lui fit en présence de plusieurs personnes une forte et dure réprimande, qui lui devint salutaire, à cause de la sincère et profonde humilité avec laquelle il la reçut (1). L'une des maximes du serviteur de Dieu était, que les premiers efforts de la jeunesse, lors-

qu'ils ne sont point réglés, abattent et accablent le

corps pour tout le reste de la vie (2), et que d'ailleurs ces austérités excessives ne sont point communèment de durée (3). C’est ce qu'éprouvèrent, en effet, plusieurs jeunes ecclésiastiques de la maison (4), qui, s'étant livrés avec indiscrétion et hors del'obéissance aux pénitences corporelles, abandonncrent ces pratiques lorsque les premiers mouvements de leur ferveur eurent cessé (5).

M. Olier recommandait à tous ses disciples de s'appliquer à la destruction de leurs vices, moins par les macérations, qu'il appelait exercitatio ad modicum utilis, que par l'Esprit de Notre-Seigneur et la pratique des vertus chrétiennes. Il disait que les clercs du séminaire devaient s'exercer surtout à ce dernier genre de mortification. « La vocation de » la maison, écrivait-il, est autre que celle de l'insti- » tut de saint Bernard. Dans le monastère du saint » Abbé, Notre-Seigneur a voulu que l’on domptât la chair, et qu'on la réduisit en servitude par les » eflorts extérieurs ; et il paraît que dans cette mai- > son il demande que l’on dompte la chair par l’es- »prit. Saint Bernard était appelé à se retirer du

(1) Notes sur M.de Poussé; Ms.

de M.Leschassier —Jlem.Ms.de M.

de Lantages.

2) Lett. spirit.

de M. Olier.

(3) Discours sur M.deSales,2° part. Ms. de M.0lier.

(4) Lett. de M.

Tronson,t.v,Aulun, p. 287.

Baudrand, p. 17, 18.

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