‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 58 sur 331 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

La mortification intérieu re recommandéc aux clercs du séminaire de S.-Sulpice.

(1) Mém. aut.

de M. Olier.

(2) Discours sur M. de Sales, Ms. de M. Olier.

196 PARTIE III. LIVRE II. — 1649 ct SUIv.

» monde extérieurement ; et il est visible que, dans » notre vocation, l'Esprit de Notre-Seigneur doit » nous séparer du monde, au milieu du monde » même (1). La mortification excessive de la chair.

» disait-il encore, peut nuire au corps et à l'esprit: À

» au corps, en l'affaiblissant et le ruinant, sans rui- » ner pourtant le fond de la vie maligne qui est en » nous ; à l'esprit, par l'estime secrète de soi-même » et la confiance en ses œuvres. Car cette mortifi- » cation, lorsqu'elle n’a pas l'intérieur pour principe, » forme dans le secret du cœur une certaine com- » plaisance et estime de soi; elle donne à l'âme un » certain appui fondé sur ses propres œuvres, ce qui » forme bien plutôt la superbe qu'il ne la détruit » La mortification intérieure n'a point ces incon- » vénients : elle est d’ailleurs bien plus continuelle » que l’autre. Il n’y a point de corps qui puisse por- » ter sans relâche les mortifications extérieures : au » lieu qu'on peut constamment se mortifier à l'in- » térieur. La mortification intérieure est bien plus » universelle : celui qui porte la haireafflige le sens » du toucher, sans affliger pour cela tous les autres » sens; il en est de même de celui qui jeûne: aulieu > que la mortification intérieure emporte le renon:- » cement à tout soi-même : Abneget semetipsum. En » crucifiant le cœur, on crucifie la source univer-

» selle des inclinations et des appétits. Quiconqut |

» met le feu à la racine d’un arbre, fait mourir en » mème temps les branches, les feuilles, les fleurs. » les fruits de cet arbre. Ainsi celui qui travaille à » mortifier l'esprit et le cœur, mortifie en mème » temps toute la vieille créature (2). »

Ces règles si sages et si conformes à l'esprit du clergé, ont toujours cté proposées dans le séminaire de Saint-Sulpice, comme les vrais principes de la vie ecclésiastique ; et c'était pour ne point s'en Ccarter que M. Tronson écrivait à l'un de ses confrères. directeur au séminaire d'Autun : « La maxime: » Qu'il faut donner aux séminaristes l'exemple d'une

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